Raphaël Glucksmann#
En bref#
Député européen, cofondateur de Place publique, déclaré le 23 août 2026 — la candidature la plus récente de toutes. Sa liste est arrivée en tête à gauche aux européennes de 2024. Il incarne une gauche pro-européenne et atlantiste, en rupture assumée avec Jean-Luc Mélenchon, et il est l'une des trois cibles identifiées des opérations de désinformation Storm-1516.
Identité#
| Né le | 15 octobre 1979 à Boulogne-Billancourt |
| Fonction actuelle | Député européen, coprésident de Place publique |
| Parti | Place publique |
| Déclaration de candidature | 23 août 2026 |
| Formule de campagne | « relever la France » |
| Processus de désignation | Avait refusé la primaire de la gauche unitaire ; est entré dans le processus socialiste le jour de sa déclaration |
Parcours#
- Depuis 2019 — député européen ; réélu en 2024 en tête d'une liste créditée de 13,8 %, première force de gauche à ce scrutin
- 2018 — fonde Place publique, mouvement de gauche pro-européenne
- 2009 – 2012 — conseiller spécial du président géorgien Mikheil Saakachvili
- 2006 – 2007 — bref passage par Alternative libérale
- Documentariste et journaliste avant l'entrée en politique
- Formation : Sciences Po Paris
- Fils du philosophe André Glucksmann
Ses travaux au Parlement européen#
C'est son actif principal, et le plus vérifiable — les travaux parlementaires européens sont publics et de cote A. Deux dossiers l'identifient :
- les ingérences étrangères dans les démocraties européennes ;
- le travail forcé des Ouïghours, engagement qui lui a valu d'être placé sur une liste noire par la Chine.
Le premier dossier a une résonance directe avec cette campagne : il travaille depuis des années sur le sujet dont il est aujourd'hui la cible.
Positions par sujet#
| Sujet | Position déclarée | Constance |
|---|---|---|
| Europe | Fédéralisme européen — position la plus européiste des candidats de gauche | Stable |
| Ukraine et défense | Soutien appuyé à l'Ukraine | Stable |
| Droits humains | Engagement central, Chine et Ouïghours notamment | Stable |
| Écologie | Action climatique | Stable |
| Proche-Orient | Sur Gaza, évite le terme de « génocide » tout en dénonçant un « carnage » | Position à documenter précisément |
| Économie | Investissement massif de l'État dans les industries vertes pour créer des emplois en France | Annoncé à la déclaration |
| Protection sociale | Maintien d'une protection sociale forte | Annoncé à la déclaration |
| Institutions | À documenter | — |
L'opposition à Jean-Luc Mélenchon est structurelle et non tactique : sur l'Europe, sur l'OTAN et sur l'Ukraine, les deux candidatures sont incompatibles. Présenter leur rivalité comme une querelle d'ego passe à côté de l'essentiel.
Soutiens, financements et réseaux#
Place publique est un mouvement de taille modeste ; sa force vient de l'alliance avec le Parti socialiste aux européennes de 2024.
Soutiens socialistes recensés à sa candidature : Carole Delga, présidente de la région Occitanie ; Michaël Delafosse, maire de Montpellier ; Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen. C'est un socle d'élus locaux substantiel, décisif tant pour la primaire que pour les 500 parrainages.
Sa déclaration du 23 août 2026 coïncide avec le ralliement de Jérôme Guedj au processus socialiste le même jour.
Son principal adversaire dans la primaire devrait être Olivier Faure, premier secrétaire du PS, qui n'est pas déclaré mais entend défendre sa ligne d'union de la gauche. Sa décision est attendue en septembre 2026.
Controverses et affirmations en circulation#
Aucune fiche de réfutation n'est encore ouverte. Deux dossiers :
- Il est une cible documentée d'opérations d'ingérence numérique. Depuis fin juillet 2026, il figure avec Gabriel Attal et Édouard Philippe parmi les candidats visés par des campagnes rattachées au mode opératoire Storm-1516, attribué par VIGINUM au renseignement russe. Objet d'étude prioritaire du cercle 3.3.
- Note interne de mai 2026. Un document de travail interne, divulgué, portant sur le ciblage d'électorats aisés, a suscité des critiques pour avoir suggéré d'écarter certains publics. Il l'a qualifié de document de travail volé. Les deux versions sont rapportées ; aucune n'est tranchée par cette fiche.
- Accusation de virage social-libéral. Il est soupçonné, par une partie de la gauche, d'un déplacement vers le centre et d'une orientation sociale-libérale. Stade : controverse politique, qu'il dément vigoureusement. Ce n'est pas une allégation de fait et elle ne se vérifie pas : elle se discute.
Angles et récits#
Son angle est l'Europe et la démocratie face aux autoritarismes, c'est-à-dire un cadrage international dans une élection où l'immigration, le pouvoir d'achat et la sécurité dominent. C'est un pari sur un déplacement de l'agenda, pas sur l'agenda existant.
Sa vulnérabilité est double : l'absence de mandat national et d'expérience exécutive, et une base partisane étroite qui le rend dépendant d'un accord avec le PS.
Pour creuser#
- Jean-Luc Mélenchon — l'autre pôle de la gauche
- Gabriel Attal — autre cible des mêmes opérations d'ingérence
- Storm-1516 — le mode opératoire qui le vise
- L'index des acteurs
- Wikipédia — Raphaël Glucksmann
Sources#
- Wikipédia, « Raphaël Glucksmann » — https://fr.wikipedia.org/wiki/Rapha%C3%ABl_Glucksmann (B)
- Wikipédia, « Élection présidentielle française de 2027 » (B), pour la date de déclaration du 23 août 2026
- Touteleurope.eu, « Présidentielle 2027 : ce que l'on sait des réseaux de désinformation qui visent plusieurs candidats » (C) — https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/presidentielle-2027-ce-que-l-on-sait-des-reseaux-de-desinformation-qui-visent-plusieurs-candidats/
- Franceinfo, « Ingérences de réseaux prorusses : qui tente d'influencer l'élection présidentielle 2027 ? » (C) — https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/ingerences-de-reseaux-prorusses-qui-tente-d-influencer-l-election-presidentielle-2027_8070191.html
- France 24 (audiovisuel public), « Raphaël Glucksmann annonce sa candidature à la présidentielle de 2027 », 23 août 2026 (C) — https://www.france24.com/fr/france/20260823-rapha%C3%ABl-glucksmann-annonce-sa-candidature-%C3%A0-la-pr%C3%A9sidentielle-de-2027
- AFP, via Orange Actualités, « Présidentielle : Raphaël Glucksmann, candidat pour "relever la France" » (C) — https://actu.orange.fr/france/presidentielle-raphael-glucksmann-candidat-pour-quot-relever-la-france-quot-CNT000002rsSoQ
- Le Temps (Suisse), « Raphaël Glucksmann officialise sa candidature pour la présidentielle française » (C) — https://www.letemps.ch/monde/france/raphael-glucksmann-officialise-sa-candidature-pour-la-presidentielle-francaise
Les sources 5, 6 et 7 relèvent d'organisations distinctes et de deux pays : le seuil de recoupement est atteint. Attention toutefois : les sources 6 et 7 peuvent dériver d'une même dépêche AFP, auquel cas elles ne comptent que pour une (règle de non-circularité).
Limites#
- Sa candidature date du 23 août 2026, soit la veille de la rédaction de cette fiche. Ni slogan, ni programme, ni périmètre de soutiens ne sont établis. C'est la fiche la plus fragile du lot, et elle vieillira le plus vite.
- L'articulation avec la primaire socialiste est inférée du ralliement simultané de Jérôme Guedj, sans source qui l'établisse. À vérifier avant toute réutilisation.
- Ses positions institutionnelles ne sont pas documentées, et ses positions économiques le sont en deux lignes, sans chiffrage ni dispositif.
- L'accusation de virage social-libéral est rapportée sans que les positions qui la fondent aient été examinées. Elle n'est donc ni établie ni écartée.
- La note interne de mai 2026 est rapportée sans que le document ait été vu, ni son authenticité établie. Elle relève exactement du type de pièce que la méthode impose de ne pas trancher sans original.
- Le résultat de 13,8 % en 2024 vient d'une source de cote B, non des résultats officiels.
- Prochaine piste : dépouiller ses rapports et votes au Parlement européen sur les ingérences étrangères (cote A, publics) — c'est à la fois son actif le plus solide et une source directe pour le dossier Storm-1516 du wiki.