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Le projet Périclès#

En bref#

Périclès est une organisation d'influence financée par l'entrepreneur Pierre-Édouard Stérin, révélée les 18 et 19 juillet 2024 par L'Humanité. Le document révélé, rédigé « à la manière d'un business plan de start-up », annonce 150 millions d'euros jusqu'en 2032 au service d'une « victoire idéologique, électorale et politique ».

Trois éléments s'y sont ajoutés le 26 août 2026, et ils portent tous sur ce que les déclarations initiales ne disaient pas :

  1. Une déclaration sous serment a été corrigée par son auteur. Alexandre Pesey avait affirmé que l'Institut de formation politique n'avait pas reçu de soutien du Fonds du bien commun ; il a rectifié le jour même : 100 000 euros en 2023, reçus par une structure « rattachée juridiquement » à l'IFP.
  2. Une chaîne est désormais documentée maillon par maillon — Fonds du bien commun → ILDJ → ESJ Paris —, chacun par une déposition sous serment. Elle décrit un périmètre, pas une intention.
  3. Une accusation portée contre Politicae a reçu sa réponse le lendemain, sur les comptes de campagne. Les deux sont consignées, aucune n'est tranchée : ce wiki n'a consulté aucun compte de campagne.

Cette fiche a été entièrement reprise le 25 août 2026, à partir du compte rendu intégral des auditions de la commission d'enquête du Sénat (rapport n° 860, tome II). Trois personnes y ont parlé sous serment, à trois dates différentes, sur ce dossier : le journaliste qui l'a révélé, le directeur général de Périclès et son financeur.

Ce que cela change. L'essentiel de ce que cette fiche rapportait au troisième degré — par une notice encyclopédique résumant un article résumant un document — est désormais de cote A, parce que les intéressés l'ont dit eux-mêmes devant une commission d'enquête. En particulier :

  • L'authenticité du document révélé n'est plus contestée. La rapporteure déclare en séance que le directeur général de Périclès « n'a pas contesté le caractère véridique des documents » ; Pierre-Édouard Stérin, interrogé, ne les récuse pas non plus — il répond qu'« il s'agissait d'un document de travail ».
  • Périclès n'est plus un projet mais une organisation, dont la structure juridique a été refaite deux fois. Son directeur le dit : « Périclès, c'était un projet en gestation ; aujourd'hui, c'est une organisation structurée ».
  • Les montants ont été confirmés et actualisés sous serment, et ils ne coïncident pas toujours entre eux. Cette fiche montre où.

  • Le démenti du directeur de Périclès sur 2027 est daté et cité exactement. Ce wiki le portait sans date et de seconde main. La rapporteure l'interroge sur « une forme d'encouragement à la victoire, en 2027, de candidats qui n'appartiennent pas nécessairement au champ de la droite républicaine ». Il répond : « Périclès n'a pas le moindre objectif électoral. Vous faites là référence, me semble-t-il, à un document exploratoire […]. Aujourd'hui, notre action est concentrée sur le débat d'idées. »

Ce qui ne change pas. Aucune procédure judiciaire n'est documentée, et aucun versement à un candidat, un parti ou une campagne de 2027 n'est établi.

C'est la première fiche du cercle 3.4 de ce wiki, et elle applique la règle imposée par l'arbitrage n° 4.


Établi / Allégué / Infondé#

Établi (cote A). L'organisation existe, elle est financée par Pierre-Édouard Stérin et dirigée par Arnaud Rérolle. Trois auditions sous serment devant la commission d'enquête du Sénat : Thomas Lemahieu (L'Humanité) le 15 avril 2026, Arnaud Rérolle le 28 mai 2026, Pierre-Édouard Stérin le 4 juin 2026, ce dernier en visioconférence. Rérolle avait déjà été entendu par l'Assemblée nationale au printemps 2025 — audition de 2 h 41 — tandis que Stérin avait refusé de comparaître à deux reprises devant cette même commission, ce que Matthieu Pigasse a rappelé sous serment. Sont établies par ces auditions : la généalogie des structures, les montants annuels engagés, la liste des bénéficiaires, l'absence de tout financement public, l'existence d'un financeur unique, et le démenti daté de tout objectif électoral.

Une date reste incertaine : la notice encyclopédique situe l'audition d'Arnaud Rérolle à l'Assemblée nationale au 6 mai 2025, alors que l'intéressé déclare le 28 mai 2026 s'y être plié « il y a exactement un an ». Ce wiki ne tranche pas et n'utilise plus cette date.

Allégué. Le contenu intégral du document de l'automne 2023, dont ce wiki n'a lu que les extraits publiés par L'Humanité. Les difficultés financières d'Otium Capital rapportées à l'automne 2025. Les qualifications journalistiques — « installer le RN au pouvoir » est le titre du journal, pas une citation du document.

Infondé. Rien n'établit un financement direct de candidats, de partis ou de campagnes. Pierre-Édouard Stérin déclare sous serment qu'« à ma connaissance il n'y a jamais eu de procédure mettant en cause la légalité des actions menées depuis leur création par le Fonds du bien commun ou Périclès » — et ce wiki n'en a trouvé aucune.


Identité#

Nature Organisation d'influence dite « métapolitique »
Nom Périclès — acronyme de « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes », énoncé en séance par la rapporteure du Sénat
Financeur Pierre-Édouard Stérin, 52 ans, résident belge depuis 2012, patrimoine déclaré sous serment de « un peu plus de 1,4 milliard d'euros » début 2026
Directeur général Arnaud Rérolle, 33 ans, qui déclare sous serment n'avoir « jamais adhéré à un parti politique » et que « Périclès n'a pas le moindre objectif électoral »
Financeur unique Pierre-Édouard Stérin, confirmé sous serment par Arnaud Rérolle : « Tout à fait »
Révélé par L'Humanité, 18-19 juillet 2024, articles de Thomas Lemahieu
Document révélé Executive summary d'environ 20 pages, daté de l'automne 2023
Statut juridique actuel Une marque, portée par une SAS et une association — voir ci-dessous
Financement public Aucun — « ne défiscalise aucun don et ne touche aucun centime d'argent public » (Arnaud Rérolle, sous serment)
Cercle 3.4 — influenceur

Pourquoi le cercle 3.4 et non le 3.3#

Le cahier des charges réserve le cercle 3.4 aux acteurs « dont on pense qu'ils influencent ou tirent profit » sans que ce soit déclaré, prouvé ni évident, et parfois contesté bien que soupçonné.

C'est exactement la configuration, et les auditions la précisent plutôt qu'elles ne la lèvent. L'existence de l'organisation, son orientation idéologique et ses montants sont déclarés publiquement et sous serment. Son objectif électoral est reformulé plutôt que nié : interrogé sur les trois victoires, Pierre-Édouard Stérin répond qu'il s'agit de permettre « aux personnes convaincues de l'intérêt de ces idées de pouvoir voter en cohérence avec elles ». La rapporteure lui répond : « Merci de l'exprimer bien plus franchement que vos associés et collaborateurs : ce projet comporte donc bien une dimension de victoire politique ».

Mais aucun lien opérationnel avec l'élection de 2027 n'est établi, et la commission n'en a pas cherché. Le classer en 3.3 supposerait ce lien.

La généalogie des structures — cinq entités en trois ans#

C'est le point que les auditions éclairent le plus, et il est central : la rapporteure rapporte que, pour la direction des libertés publiques du ministère de l'Intérieur, interrogée par la commission, le premier signal d'alerte indiquant qu'un organisme dévie de sa mission d'intérêt général est précisément « la multiplicité des structures ».

Structure Créée Nature État
Association Périclès juillet 2023 — « avec deux prêtres et un membre fondateur, Pierre-Édouard Stérin » Association Dissoute en 2025
Association Xanthippe septembre 2023, « avec l'aide d'Arnaud Rérolle » Association opérationnelle et de financement Dissoute en 2025
Fonds de dotation octobre 2023 Fonds de dotation Dissous en 2025 — statuts jamais obtenus par L'Humanité
Forum Liberté Prospérité septembre 2024 — soit après la révélation Association, présidée par Arnaud Rérolle Active
Participations et investissements rive droite déclarée devant l'Assemblée nationale en 2025 SAS d'investissement Active
Graal (holding belge) début 2025 Holding alimentant la SAS Active
Altiora (holding belge) créée par Graal Holding Active

Sources : la chronologie associative et les holdings belges viennent du témoignage sous serment de Thomas Lemahieu (15 avril 2026) ; la description des deux structures actuelles et leur motif viennent de celui d'Arnaud Rérolle (28 mai 2026), qui déclare :

« Initialement, fin 2023, au moment du lancement de Périclès, j'avais créé un fonds de dotation et deux associations. Assez rapidement, il nous est apparu que ces structures étaient inadaptées aux actions que nous souhaitions mener. Elles ont donc été dissoutes en 2025. Aujourd'hui, Périclès est une marque dont les actions sont portées par deux structures juridiques […]. Je dirige ces deux structures et Pierre-Édouard les finance à titre personnel. »

Le motif invoqué est cohérent et vérifiable : un fonds de dotation et une association ne peuvent pas entrer au capital d'entreprises, or « une part significative » des bénéficiaires en sont. Ce wiki ne présente donc pas cette réorganisation comme suspecte. Il note seulement que le ministère de l'Intérieur tient la multiplication des structures pour un signal d'alerte en soi, et que la commission a jugé l'ensemble difficile à suivre.

Un détail de date mérite d'être relevé sans être interprété : Forum Liberté Prospérité a été créée en septembre 2024, deux mois après la révélation de juillet 2024. Ce wiki ne dispose d'aucun élément permettant de dire si les deux faits sont liés.

Les montants : ce que le document annonçait, ce que la direction a déclaré#

C'est ici que la lecture directe des auditions apporte le plus — et fait apparaître des écarts que ce wiki ne peut pas résoudre.

La trajectoire annoncée par le document (automne 2023)#

Année Montant annoncé
2023 8 millions
2024 7 à 10 millions
2025 12 à 15 millions
2027 25 millions
Cumul jusqu'en 2032 150 millions

Ce qui a été déclaré depuis, sous serment#

Exercice Montant Projets Source
2023 3,5 millions 40 Le document lui-même, à une date où Périclès est « sans compte en banque, sans bureau et sans personnel » (Thomas Lemahieu)
2024 8 millions ~50 Arnaud Rérolle devant l'Assemblée nationale, rapporté sous serment par Thomas Lemahieu
2025 20 millions prévus ~50 idem
2026 10 millions — Formulation de la rapporteure devant le Sénat, à laquelle Arnaud Rérolle répond « Oui, tout à fait »

Ces chiffres ne s'emboîtent pas. Le document annonçait 12 à 15 millions pour 2025 ; 20 auraient été prévus. Puis la somme évoquée devant le Sénat en 2026 est de 10 millions. Ce wiki ne tranche pas entre trois lectures possibles — révision à la baisse, périmètre différent, ou imprécision d'une formulation orale — et n'en privilégie aucune. Il signale que les chiffres publiquement disponibles ne concordent pas.

Un ordre de grandeur, donné par Arnaud Rérolle, éclaire la structure de ces montants : le don moyen est « aux alentours de quelques dizaines de milliers d'euros — probablement 30 000, 40 000, 50 000 euros », dans une fourchette de 5 000 à 100 000 euros. La rapporteure objecte qu'on n'atteint pas dix millions avec des dons de cette taille ; Rérolle répond que « la majorité de nos financements » sont des prises de participation au capital d'entreprises, non des dons.

Le basculement du don vers l'investissement#

Exercice Dons Investissements en capital
2024 majoritaires minoritaires
2025 40 % 60 %
2026 < 40 % > 60 %

C'est une évolution de nature, pas seulement de volume. Un don à une association est un soutien ; une prise de participation au capital d'une entreprise donne des droits d'actionnaire. Ce wiki relève le fait ; il n'en tire pas de conclusion, faute de connaître les participations et leur quotité.

La ventilation des dépenses de 2023#

Sur les 3,5 millions d'euros engagés sur plus de 40 projets, le document donne : 35 % « wokisme », 30 % immigration, 12 % socialisme, 10 % culture et morale chrétienne, 8 % islamisme, 5 % autres.

Note de vérification. Devant le Sénat, Thomas Lemahieu cite oralement 30 % pour le wokisme, là où son propre article de juillet 2024 donne 35 %. Ce wiki retient 35 %, le texte écrit primant sur une citation de mémoire en séance. La notice encyclopédique donnait 33 % — troisième valeur, retirée le 25 août 2026.

Qui est financé : les bénéficiaires nommés#

Deux listes existent, et leur différence est le fait à relever.

Affichés par Périclès sur son propre site — une vingtaine, selon Thomas Lemahieu : le Centre européen de recherche et d'information sur le frérisme (Florence Bergeaud-Blackler), le Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (Thibault de Montbrial), Éclats de femmes, le média L'Incorrect, Transmission, le mouvement patronal Éthic, le Cercle Entreprises et Libertés, Politicae, le collectif Justicia.

Non affichés, révélés en commission d'enquête — et c'est le point :

Structure Objet Qui l'a révélée
Observatoire Hexagone Commande des sondages à des instituts Arnaud Rérolle, Assemblée nationale 2025
Observatoire de l'immigration et de la démographie Expertises démographiques idem
Hémisphère droit Think tank libéral, défend la démocratie directe Arnaud Rérolle, Sénat 2026
IREF Think tank libéral idem
Institut de formation politique Formation idem
Ligue des libertés Contentieux stratégique — conseil scientifique : Noëlle Lenoir, Pierre Lellouche, Renaud Dutreil ; portée par Guilhem Carayon et Clémence Viré idem
Cercle Alcuin Cercle de réflexion pour jeunes idem
Némésis Collectif militant Thomas Lemahieu
Nexus Conseil en communication politique, lancé par Stanislas Rigault, ancien responsable de Reconquête ! Thomas Lemahieu

Ce que « bénéficiaire de Périclès » veut dire — l'exemple de l'IFP#

Figurer sur cette liste ne signifie pas en dépendre, et l'audition d'Alexandre Pesey, cofondateur et directeur de l'Institut de formation politique, entendu sous serment le 7 mai 2026, permet de le chiffrer.

L'IFP, tel qu'il se décrit
Fondé en 2004
Progression 16 étudiants la première année, 40 la deuxième, 64 la troisième
L'an dernier plus de 2 200 étudiants, dont 500 nouveaux auditeurs
Public 18 à 30 ans, formation intensive le week-end
Prix pour l'étudiant 50 euros le week-end, pour un coût réel de 200 euros
Budget annuel environ 1 million d'euros
— personnes physiques plus de 80 %
— personnes morales 15 %
— participation des étudiants environ 5 %
Donateurs près de 5 000, don moyen 150 euros
Comptes établis par un expert-comptable et certifiés par un commissaire aux comptes, « au-delà de nos obligations légales »

La déclaration qui compte, faite sous serment :

« L'Institut de formation politique n'a aucun mécène majoritaire. Aucun de nos mécènes ne contribue à notre institut à hauteur de plus de 10 % de notre budget et il est même extrêmement rare que cela dépasse les 5 %. »

Rapporté à un budget d'un million d'euros, cela plafonne la contribution de Périclès à 100 000 euros — et la situe vraisemblablement autour de 50 000. L'ordre de grandeur recoupe exactement ce qu'Arnaud Rérolle déclarait de son côté : un don moyen « aux alentours de 30 000, 40 000, 50 000 euros ».

Ce que cela établit, et qui vaut pour toute la liste ci-dessus : être financé par Périclès n'équivaut pas à être financé par Périclès de manière déterminante. Un tableau de bénéficiaires peut laisser croire à une dépendance que les montants ne soutiennent pas. Ce wiki ne dispose de cet ordre de grandeur que pour l'IFP — pour tous les autres bénéficiaires nommés, il n'a aucun chiffre.

Alexandre Pesey ajoute que « aucune institution publique, aucun parti politique, aucun État, français ou étranger » n'a jamais financé l'IFP, et déclare n'avoir « jamais appartenu à un parti politique ni participé à aucune élection ».

Ces déclarations sont prêtées sous serment. Ce wiki n'a pas les moyens de les vérifier, et ne les présente donc pas comme établies au-delà du fait qu'elles ont été faites.

Le fait établi n'est pas que ces financements soient irréguliers — ils ne le sont pas — mais qu'ils n'aient été connus que par le travail parlementaire. Arnaud Rérolle le formule lui-même : il cite les structures « pour lesquelles nous assumons une forme de publicité médiatique, bien qu'encore une fois la loi ne nous y oblige pas ».

Thomas Lemahieu en tire la conséquence arithmétique : si les montants déclarés par la direction sont exacts, « cela signifie que nous ne connaissons pas tous les bénéficiaires, loin de là ».

Les qualifications employées par le journaliste — « groupuscule identitaire » pour Némésis, expertises « très contestées par la majorité des experts en démographie » pour l'OID — sont les siennes. Ce wiki les rapporte comme telles et ne les reprend pas à son compte.

Politicae et les 4 000 candidats formés#

C'est le point qui touche le plus directement le champ électoral, et il repose sur des éléments de cote A.

Ce que Pierre-Édouard Stérin a déclaré au New York Times, dans un entretien de Catherine Porter publié le 22 mars 2026, jour du second tour des municipales, et que la rapporteure lui lit en séance — l'article a été obtenu et lu le 25 août 2026 :

« One program funded by Mr. Stérin has, by his count, trained at least 4,000 right-wing candidates in the municipal elections. »

Ce que le document de 2023 annonçait : la formation de « plus de 2 000 candidats » pour les municipales de 2026. Le chiffre déclaré est donc le double de l'objectif écrit.

La chaîne capitalistique, établie en séance : Politicae a pour actionnaire fondateur Périclès, dont Pierre-Édouard Stérin est l'actionnaire unique. Interrogé, il répond : « je ne sais plus si nous sommes à l'origine de la création de Politicae ».

Ce qu'il en dit : Politicae aurait « un agenda totalement apartisan », ne demanderait pas aux candidats leur opinion politique, et un sondage interne montrerait que la quasi-totalité des élèves candidats se sont présentés sans étiquette, la minorité étiquetée l'étant « plutôt de droite que de gauche ». La rapporteure note que le représentant de Politicae, entendu dix jours plus tôt, « ne semblait pas disposer d'éléments détaillés » sur ce sondage.

Il y a donc, sur ce point précis, une tension entre deux déclarations du même financeur : « 4 000 candidats de droite » au New York Times, « agenda totalement apartisan » devant le Sénat. Ce wiki constate la tension et ne la tranche pas.

Politicae, par son cofondateur, sous serment#

L'audition de Raphaël Cognet, cofondateur de Politicae, a été lue le 25 août 2026 (tome II, p. 625, séance du 21 mai 2026). Elle contredit ou recadre presque tout ce que ce wiki croyait savoir de cette structure.

Origine Une conversation entre deux maires : Raphaël Cognet (Mantes-la-Jolie, adhérent successivement à LR puis à Horizons) et Antoine Valentin (Saint-Jeoire, Haute-Savoie)
Ce que c'est « Politicae est, en réalité, notre site internet » — une boîte à outils numérique gratuite : articles, podcasts, livres blancs
Statut Association à l'origine, SAS depuis environ septembre 2025
Audience du site environ 600 000 visiteurs uniques
Participants aux séminaires de formation environ 500 — et ce sont des candidats
Élus locaux formés « À ce jour, Politicae n'a formé aucun élu local. »
Publication des comptes La SAS publiera ses comptes fin 2026

Une déclaration sous serment corrigée par son auteur — et ce qu'elle change#

Le sommaire du tome II compte une entrée qui n'est pas une audition : une « Communication », du jeudi 21 mai 2026 (p. 609). C'est une rectification de témoignage sous serment, et elle concerne directement cette fiche.

Ce qui s'est passé, tel que la présidente le lit en séance :

  • Le 7 mai 2026, interrogé par la rapporteure, Alexandre Pesey déclare que l'Institut de formation politique n'a pas reçu de soutien financier du Fonds du bien commun.
  • Le jour même, il prend contact avec le sénateur qui présidait, puis adresse un courrier.
  • Le 21 mai, la présidente en donne lecture :

« Après vérification, je dois reconnaître que j'ai commis une erreur dans ma réponse : l'Institut libre de journalisme (ILDJ), structure rattachée juridiquement à l'IFP, a reçu un soutien du fonds du Bien Commun. Par voie de conséquence, l'IFP a donc bien été bénéficiaire d'un don de 100 000 euros en 2023 provenant du Fonds du Bien Commun. Mme Brossel avait donc entièrement raison sur ce point, et je tiens à lui présenter mes excuses sincères. »

La commission décide de ne pas modifier le compte rendu du 7 mai, mais d'y porter un renvoi vers la correction. La rectification figure au compte rendu du 21 mai.

Trois choses que cette correction établit#

1. Un montant, et un ordre de grandeur qui interroge le plafond déclaré. Alexandre Pesey déclarait, dans la même audition du 7 mai, que « aucun de nos mécènes ne contribue à notre institut à hauteur de plus de 10 % de notre budget » et qu'« il est même extrêmement rare que cela dépasse les 5 % », pour un budget annuel « d'environ un million d'euros ».

100 000 euros rapportés à un million, c'est exactement 10 % — c'est-à-dire le plafond qu'il énonce, et le double de ce qu'il présente comme l'usage.

Ce calcul ne prouve rien, et il faut dire pourquoi

Les deux chiffres ne portent pas sur le même exercice : le don est de 2023, le budget d'« environ un million » désigne l'année évoquée en séance. Un budget varie, et rien n'indique qu'il était d'un million en 2023.

Le périmètre n'est pas le même non plus : le don a été reçu par l'ILDJ, et c'est par le rattachement juridique que Pesey le rapporte à l'IFP. Ce wiki ne sait pas si le budget d'un million recouvre l'ILDJ.

Ce qui reste : un ordre de grandeur qui place ce mécène tout en haut de la fourchette déclarée, là où la déclaration initiale le plaçait à zéro. C'est une observation, pas une contradiction.

2. Le lien juridique ILDJ ↔ IFP est établi par l'intéressé lui-même. C'est important au-delà de cette fiche : l'Institut libre de journalisme est la structure dont l'ancien directeur est devenu directeur adjoint chargé de la pédagogie de l'ESJ Paris, et qui en était « le plus gros pourvoyeur de masters » avant son rachat — voir la concentration médiatique. Un autre bénéficiaire du Fonds du bien commun est documenté de bout en bout depuis le 26 août 2026 : Les Plus Belles Fêtes de France, 81 000 € en 2024-2025, avec le récit sous serment de deux maires démarchées.

La chaîne Fonds du bien commun → ILDJ → ESJ Paris est désormais documentée maillon par maillon, chacun par une déposition sous serment. Elle ne démontre aucune intention et ce wiki n'en déduit rien : elle décrit un périmètre.

3. Une leçon de méthode, et elle est à porter au crédit du témoin. Une déclaration sous serment peut être inexacte sans être mensongère — ici par méconnaissance du périmètre de sa propre structure —, et c'est le témoin qui l'a corrigée, le jour même, sans y être contraint. Ce wiki avait publié la déclaration initiale ; il publie la correction avec le même relief.

Ce que cela impose pour la suite : les autres déclarations chiffrées d'Alexandre Pesey — budget, structure de financement, part des personnes physiques — restent invérifiées par ce wiki, et cet épisode montre qu'elles peuvent l'être de bonne foi et faussement.

Le chiffre des 4 000 candidats, confronté au témoignage sous serment#

C'est l'écart le plus important que cette lecture fait apparaître.

Source Chiffre Ce qu'il désigne
Pierre-Édouard Stérin, New York Times, 22 mars 2026 « au moins 4 000 » Candidats de droite formés, « selon son propre décompte »
Raphaël Cognet, cofondateur, sous serment, 21 mai 2026 environ 500 Participants aux séminaires de formation
idem environ 600 000 Visiteurs uniques du site internet

Ces chiffres ne se contredisent pas nécessairement, et il faut dire pourquoi avant de conclure quoi que ce soit :

  • Stérin parle d'« un programme financé » par lui, sans nommer Politicae. Périclès finance aussi l'Institut de formation politique et, selon Raphaël Cognet, un Institut de formation et de promotion de l'engagement local (Ifpel).
  • « Formé » peut désigner la consultation du site aussi bien que la participation à un séminaire. Raphaël Cognet emploie lui-même l'expression « personnes formées au sens large » pour distinguer les deux.

Mais l'ordre de grandeur mérite d'être posé. Si les « 4 000 candidats de droite » désignent des participants à des formations, le cofondateur de la structure que le New York Times identifie comme le principal bénéficiaire en compte huit fois moins. Si le chiffre inclut les visiteurs du site, alors « formés » signifie « ont lu des articles gratuits en ligne », ce qui n'est pas la même chose.

Ce wiki ne tranche pas et signale les deux lectures. Il note que la version la plus élevée est celle qui a circulé — reprise par le New York Times, puis lue en séance à Pierre-Édouard Stérin devant une commission d'enquête, sans être corrigée.

Note arithmétique. Raphaël Cognet indique que les 500 participants représentent « 0,01 % des personnes formées au sens large ». Rapportés aux 600 000 visiteurs, ils en représentent environ 0,08 %. Le compte rendu et l'arithmétique ne concordent pas, et ce wiki ne sait pas lequel des deux chiffres corriger.

Une accusation la veille, une réponse le lendemain — les comptes de campagne#

Ce point manquait à cette fiche, et il touche directement au droit électoral.

Le 20 mai 2026, devant la même commission, la sénatrice Karine Daniel met en cause Politicae en des termes précis (tome II, p. 597, audition de la ministre Françoise Gatel) :

« une organisation de conseil qui peut être prise pour une association d'élus et qui ambitionne de mettre en avant des candidats à la manière d'un parti politique, échappant ainsi à la législation électorale. Cette entité fournit des outils non intégrés aux comptes de campagne, ce qui touche au cœur même de notre démocratie locale. »

Le lendemain, elle pose la question à l'intéressé, qui répond sous serment :

« 99,9 % de notre accompagnement est gratuit, via internet ; il n'a donc pas vocation à apparaître dans les comptes de campagne. En revanche, dès le 1ᵉʳ septembre 2025, les candidats participant à nos séminaires se sont vu facturer leur participation. Ceux qui se présentaient dans des villes de plus de 9 000 habitants, soit une toute petite minorité, ont dû faire apparaître ces frais dans leurs comptes de campagne. Il n'était pas question de contrevenir à la réglementation. Chaque participant à nos séminaires a reçu une facture en bonne et due forme. »

Il précise que la structure emploie deux salariés.

Le seuil de 9 000 habitants n'est pas choisi par Politicae : c'est, d'après cette déclaration, celui à partir duquel un candidat doit établir un compte de campagne. Ce wiki n'a pas vérifié ce seuil dans le code électoral et le rapporte tel qu'il a été énoncé sous serment. S'il est exact, il a une conséquence qu'il faut énoncer : en deçà du seuil, une prestation facturée à un candidat n'apparaît dans aucun compte, sans qu'aucune règle soit enfreinte. C'est une propriété du droit, pas un manquement de qui que ce soit, et elle vaut pour tout prestataire, quel qu'il soit.

Ce que ce wiki ne peut pas faire. Il n'a consulté aucun compte de campagne, et n'a donc aucun moyen de vérifier la facturation, la proportion de 99,9 %, ni le nombre de candidats concernés au-dessus du seuil. L'allégation et la réponse sont consignées, aucune n'est tranchée. Ce qui est acquis est procédural : l'accusation a été portée publiquement, posée à l'intéressé dès le lendemain, et il y a répondu sous serment.

Une structure dormante, et un rapprochement que ce wiki refuse de faire#

L'audition établit un dernier fait, que la présidente de la commission a relevé elle-même. Outre l'association d'origine — le CFPEL, qui a reçu les dons et est en cours de dissolution — et la SAS Ifpel qui porte aujourd'hui Politicae, il existe une troisième structure : une association Politicae, dont Raphaël Cognet déclare qu'elle « n'a jamais reçu de dons et ne nous a jamais servi », qu'« à [sa] connaissance, elle n'a jamais exercé d'activité », et qu'il s'agit d'« une coquille vide » dont Antoine Valentin et lui-même sont les seuls membres.

Son explication : « Mieux vaut créer une structure et l'activer le moment venu plutôt que de perdre du temps à la créer lorsqu'elle devient nécessaire. »

Le résumé de la présidente — « Politicae est donc une association inactive, activable au besoin » — et sa conclusion : « Vous aurez compris que cette forme d'ambiguïté nous interpelle. » — « Oui. »

Un rapprochement possible, et pourquoi ce wiki ne le fait pas.

La direction des libertés publiques du ministère de l'intérieur décrit, devant la même commission, un montage qu'elle dit observer « de manière systématique » : « il y a toujours deux fonds de dotation, l'un actif et l'autre en sommeil. Pour le cas où l'on suspendrait un fonds de dotation, un deuxième prendrait le relais. » Voir le financement privé de l'intérêt général.

La ressemblance de forme est réelle. Elle ne vaut rien comme preuve, et l'énoncer sans cette précaution serait un procès d'intention. Trois raisons : l'administration parle de fonds de dotation, pas d'associations ; elle décrit un procédé d'évitement d'une mesure de suspension, alors qu'aucune mesure n'a jamais visé Politicae ; et l'explication donnée en séance — anticiper une scission d'activités — est banale et vérifiable dans mille structures.

Ce wiki consigne les deux faits côte à côte et s'arrête là. Ce qui les distinguera, le jour venu, ce sont des pièces : statuts, dates, mouvements de fonds. Aucune n'a été consultée.

Ce que le témoignage établit sur la relation avec Périclès#

Trois points, tous de cote A.

Le premier tranche une contradiction que ce wiki avait relevée. Pierre-Édouard Stérin déclarait ne plus savoir si Périclès était à l'origine de Politicae, tandis que la rapporteure établissait devant Arnaud Rérolle qu'il en était le fondateur de la SAS. Raphaël Cognet donne la clé : « Périclès a été créé après Politicae — quelques mois plus tard. » Politicae préexistait donc comme association ; la SAS, elle, a été constituée en septembre 2025 par Périclès. Les deux affirmations sont compatibles.

Le deuxième : Raphaël Cognet déclare avoir posé deux conditions au financement — une indépendance éditoriale totale, et l'absence de tout lien avec un parti politique. « Aucun parti ne peut nous envoyer de candidat et nous n'avons de préférence pour aucune formation politique. » Il affirme qu'aucun thème ne lui a été imposé ni retiré. Ce wiki rapporte ces déclarations sans moyen de les vérifier.

Le troisième, et c'est celui que la rapporteure souligne : si Politicae entre sur le champ de la formation des élus — ce que Raphaël Cognet dit vouloir faire —, elle bénéficiera indirectement de financements publics, la formation des élus locaux étant une dépense obligatoire des collectivités et ouvrant droit au droit individuel à la formation. Une structure financée par un acteur privé accéderait alors à de l'argent public.

Ce que Politicae a produit — et le trou dans le dossier#

Les municipales ont eu lieu les 15 et 22 mars 2026. Personne ne sait ce que la formation de ces candidats a donné.

C'est le constat le plus net de cette fiche, et il vaut d'être énoncé pour lui-même : aucune source publique consultée ne relie les candidats formés par Politicae à un résultat électoral. Ni Périclès, ni Politicae, ni la presse, ni la commission d'enquête du Sénat — qui a rendu son rapport le 7 juillet 2026, soit près de quatre mois après le scrutin — ne publient de bilan.

Ce qu'on sait de la structure, en revanche :

Créée 2024, pour préparer les municipales de 2026
Fondateurs Antoine Valentin, maire de Saint-Jeoire, et Raphaël Cognet, maire de Mantes-la-Jolie — deux maires en exercice, établi sous serment
Actionnaire de la SAS Périclès, actionnaire fondateur ; Arnaud Rérolle en est à l'origine et actionnaire majoritaire. La SAS date de septembre 2025 ; l'association la précédait
Objectif écrit dans le document de 2023 Former plus de 2 000 candidats ; 1 000 mairies ; et, pour le RN nommément, 300 villes
Participants aux séminaires environ 500, selon son cofondateur sous serment
Élus locaux formés Aucun, au 21 mai 2026
Résultat électoral INCONNU

Le facteur dix est tranché. L'entretien au New York Times a été obtenu et lu le 25 août 2026. Il est signé Catherine Porter et publié le 22 mars 2026, jour du second tour des municipales. Sa formulation exacte est :

« One program funded by Mr. Stérin has, by his count, trained at least 4,000 right-wing candidates in the municipal elections. »

« Un programme financé par M. Stérin a, selon son propre décompte, formé au moins 4 000 candidats de droite aux élections municipales. »

C'est donc bien 4 000, et non 400. La mention de « au moins 400 candidats maires » relevée dans une notice encyclopédique ne correspond à aucune formulation de l'article. Ce wiki retient 4 000 et retire l'hypothèse d'un écart d'interprétation.

Trois précisions importent, et elles limitent la portée du chiffre :

  1. C'est le décompte de Pierre-Édouard Stérin lui-même — « by his count ». Le journal l'attribue explicitement, sans le vérifier.
  2. Il porte sur des candidats « formés », pas sur des élus. Aucune source ne dit ce que cela a donné le 22 mars.
  3. Politicae a refusé de communiquer leur identité : le journal note que l'école « ignored requests to identify them ».
Chiffre Source Ce qu'il désigne Statut
plus de 2 000 Le document révélé, automne 2023 Objectif de candidats formés Allégué
2 060 Politicae, pour 2025 Candidats accueillis dans l'année Revendiqué
4 000 New York Times, 22 mars 2026, lu Candidats de droite formés, « selon son propre décompte » ✅ Établi comme déclaration
~~au moins 400~~ Notice encyclopédique — ❌ Ne correspond à aucune formulation de l'article

Pourquoi ce trou compte. Le document de 2023 fixait un objectif électoral chiffré, et son directeur affirme sous serment que « Périclès n'a pas le moindre objectif électoral ». Le seul moyen de départager ces deux énoncés serait de mesurer le résultat — et ce résultat n'est publié par personne. Voir les municipales de mars 2026.

Ce que l'entretien au New York Times apporte d'autre#

Obtenu et lu le 25 août 2026. Signé Catherine Porter, publié le 22 mars 2026. La journaliste indique avoir interrogé Pierre-Édouard Stérin et plusieurs de ses collaborateurs, anciens et actuels.

Un chiffre de transparence, donné par le directeur général lui-même#

Selon Arnaud Rérolle, directeur général, Périclès a financé plus de 70 projets ; seuls 22 étaient listés sur son site internet.

C'est le chiffre le plus dur du dossier transparence, et il vient de l'intérieur. Il confirme et précise ce que Thomas Lemahieu déclarait sous serment au Sénat : « nous ne connaissons pas tous les bénéficiaires, loin de là ». On sait désormais combien manquent : plus des deux tiers.

Interrogé sur les dépenses de 2025, Arnaud Rérolle répond : « Many million euros » — plusieurs millions d'euros — et justifie : « Comme toute entreprise privée, nous avons droit à une forme de discrétion. »

Ce refus de chiffrer est un fait, et il est légal. Périclès n'est pas soumis à obligation de publication. Ce wiki le note sans en tirer d'infraction.

Ce que Pierre-Édouard Stérin déclare vouloir#

Ces déclarations sont rapportées parce qu'elles sont les siennes, dans un entretien accordé, et non des caractérisations de tiers. Elles ne sont pas commentées.

Domaine Ce qu'il déclare
Immigration « Je suis encore plus à droite que l'extrême droite sur l'immigration. » Expulsion des étrangers sans papiers qui commettent des délits ou ne travaillent pas
Islam Interdiction du vêtement musulman dans l'espace public ; fin du halal dans les cantines scolaires. « Si nous ne faisons pas cela, la France dans cinquante ans serait la première république islamique d'Europe, ou la deuxième après la Belgique »
Avortement Il veut l'interdire — alors que l'IVG a été inscrite dans la Constitution française en 2024
Économie Baisse massive des impôts, démantèlement de l'État-providence, privatisation de l'éducation et de la santé, fin du financement public de la culture
Sur le RN Il juge son programme économique trop « étatiste »
Sur lui-même Il espère être canonisé un jour, finançant des projets chrétiens ; il dit s'inspirer du soutien de George Soros aux causes libérales
Sur son retour « Je rentrerai en France quand je sentirai que c'est un bon endroit où vivre » — ajoutant qu'il rêve plutôt de s'installer aux États-Unis

Le point le plus significatif pour ce wiki n'est pas la radicalité de ces positions, c'est leur écart avec le RN. Stérin se déclare à la droite du RN sur l'immigration et à sa gauche sur l'économie. Cela contredit la lecture simple d'un financeur du RN, et recoupe ce que le document révélé disait lui-même : la mission de conseil « ne rend le RN ni exclusif ni prioritaire par rapport aux autres partis ».

Deux appréciations opposées, rapportées ensemble#

Le journal donne la parole aux deux lectures, et ce wiki les reproduit toutes les deux parce que n'en donner qu'une serait orienté.

Qui Ce qu'il dit
François Hollande, ancien président L'impact de Stérin serait minime ; Vincent Bolloré, propriétaire de médias associés à l'extrême droite, serait plus influent
Alice Barbe, fondatrice d'un programme de formation de candidats de gauche Le financement de tant de candidats municipaux donnerait à Stérin une influence démesurée sur l'élection des sénateurs, les élus locaux étant les grands électeurs. « Si l'extrême droite entre au Sénat, pour lui, c'est la percée. »

La seconde appréciation mérite d'être prise au sérieux par ce wiki, parce qu'elle recoupe un fait qu'il a établi par ailleurs : c'est le Sénat qui finance Les Républicains — 86 % de leur aide publique vient de la seconde fraction, celle des parlementaires. Voir l'aide publique aux partis.

Le mécanisme décrit est donc réel : municipales → grands électeurs → Sénat → financement public des partis. Ce wiki ne dit pas qu'il a été activé — seulement qu'il existe, et que rien ne permet aujourd'hui d'en mesurer l'effet, faute de bilan des candidats formés.

Le financement de Périclès et du Fonds du bien commun#

La commission n'a pas obtenu de réponse claire, et c'est un fait à rapporter tel quel.

Les rapports d'activité du Fonds du bien commun mentionnent, à partir de 2023, des « difficultés d'ordre technique rencontrées dans la mise en œuvre du soutien financier du fondateur », auxquelles il a été pallié par des « avances remboursables » consenties par sa holding, remboursables « au moyen de libéralités » ultérieures.

Ce que la commission a constaté
Le directeur général du Fonds du bien commun n'avait pas connaissance des modalités de remboursement de ces avances
L'inspection générale de l'administration qualifie ce mode de fonctionnement d'« atypique » pour un fonds de dotation
Pierre-Édouard Stérin, interrogé sur le motif « Concernant le dernier point, j'ignore la réponse […] Je suis cependant convaincu qu'il existe une excellente raison »
Interrogé sur le choix du fonds de dotation « N'excellant pas en matière juridique, je ne puis vous répondre dans l'immédiat »

Il décrit en revanche le circuit : une société belge de tête chapeaute l'ensemble ; une filiale d'investissement remonte ses bénéfices vers elle ; la holding redistribue vers le Fonds du bien commun et Périclès.

Deux montants apparemment incompatibles figurent dans la même audition :

  • en propos liminaire : « j'ai redistribué […] 150 millions d'euros en France, en direction de projets d'intérêt général ou à caractère métapolitique » ;
  • plus tard : « les plus de 100 millions d'euros que j'ai donnés ou investis à ce jour dans des projets philanthropiques ou métapolitiques ».

L'écart s'explique, et l'explication vient de son directeur général, pas de ce wiki. Edward Whalley, entendu le 2 juin 2026, distingue engagé et décaissé : le Fonds du bien commun a « engagé plus de 150 millions d'euros » et « décaissé 106 millions ». Les deux formulations de Pierre-Édouard Stérin sont donc cohérentes ; elles ne portent simplement pas sur la même grandeur. Le détail est dans la fiche du Fonds du bien commun.

La rapporteure relève en revanche que les entretiens de presse ont mentionné tantôt 60, tantôt 80 millions versés au seul Fonds du bien commun — et cet écart-là n'est pas expliqué.

Sur la fiscalité, deux déclarations doivent être rapportées ensemble. Stérin déclare que vivre en Belgique lui fait économiser « entre 100 000 et 200 000 euros » par an, « soit près de 3 millions d'euros depuis mon départ » en 2012, et se qualifie lui-même d'« exilé fiscal ». Il ajoute ne tirer « aucun avantage fiscal, pas le moindre centime » de ses dons, et souligne que son écosystème — « une centaine d'entreprises » majoritairement en France — acquitte « plusieurs dizaines de millions d'euros » d'impôts annuels.

Ce que le rapport du Sénat dit — et refuse de dire#

Le rapport n° 860, adopté le 7 juillet 2026, apporte deux éléments, et il faut les rapporter tous les deux.

Ce qu'il documente. Le Fonds du bien commun, que préside Pierre-Édouard Stérin, a financé les Académies Saint-Louis de Chalès à hauteur d'environ 17 millions d'euros depuis l'origine, ainsi que l'opération « Les plus belles fêtes de France », qui avait labellisé près de 60 fêtes avant la dissolution de l'association porteuse. Ce fonds n'est pas Périclès, et il fait l'objet d'une fiche distincte — la confusion des deux est l'erreur de lecture la plus fréquente de ce dossier.

Ce qu'il refuse. Le rapport écrit que le sujet ne saurait être réduit à « quelques acteurs emblématiques, au premier rang desquels figurerait M. Pierre-Edouard Stérin et M. Matthieu Pigasse, dont les actions et les déclarations ont été fortement médiatisées ». Il précise que « l'objectif de la commission n'est donc pas d'entraver le développement de la philanthropie ».

Autrement dit : la commission nomme Pierre-Édouard Stérin, mais se refuse à en faire un modèle général, et le nomme dans la même phrase qu'un acteur de sensibilité opposée. Rapporter le premier point sans le second donnerait une image fausse du rapport — voir la fiche Fondation Combat et Matthieu Pigasse.

Le rapport ne mentionne pas l'élection présidentielle de 2027. Dans les auditions, elle n'apparaît qu'une seule fois, sur les trois consacrées à ce dossier — et c'est la rapporteure qui l'introduit, face à Arnaud Rérolle. Ni Pierre-Édouard Stérin ni Thomas Lemahieu ne sont interrogés à son sujet. La commission enquêtait sur la transparence des financements, non sur l'élection ; celle de l'Assemblée nationale, qui portait sur l'organisation des élections, est celle devant laquelle Pierre-Édouard Stérin a refusé de comparaître.

Cet unique échange mérite d'être donné intégralement, car il contient à la fois la question la plus directe posée sur 2027 et le démenti le plus net du dossier.

L'unique échange sur 2027, en séance, le 28 mai 2026#

Mme Colombe Brossel, rapporteure. — « Vous assumez votre positionnement et vous êtes pudique sur les objectifs qui ont conduit à la création de Périclès. Vous faites certes de la métapolitique de droite, mais le souhait a tout de même été exprimé d'un rapprochement entre la droite et l'extrême droite. Il y a aussi une forme d'encouragement à la victoire, en 2027, de candidats qui n'appartiennent pas nécessairement au champ de la droite républicaine. »

M. Arnaud Rérolle. — « Périclès n'a pas le moindre objectif électoral. Vous faites là référence, me semble-t-il, à un document exploratoire qui envisageait de nombreuses actions différentes. Aujourd'hui, notre action est concentrée sur le débat d'idées. […] Je n'aurai pas l'outrecuidance de dire qu'une organisation comme la nôtre est en mesure de dire à tel candidat ou tel parti de s'associer avec tel autre. »

Trois choses sont établies par cet échange, et il faut les distinguer.

  1. Le démenti est net, daté et prêté sous serment. Ce wiki le portait auparavant sans date, par un compte rendu de presse, dans une formulation approchante. Il est désormais de cote A.
  2. Le document n'est pas récusé, il est requalifié. « Document exploratoire » pour Arnaud Rérolle, « document de travail » pour Pierre-Édouard Stérin. Aucun des deux ne dit qu'il est faux. La différence entre nier une pièce et en relativiser la portée est la distinction centrale de ce dossier.
  3. La rapporteure ne retire pas sa question, mais ne la fonde pas non plus sur une pièce nouvelle : elle renvoie au même document. Le dossier n'avance donc pas au-delà de ce que L'Humanité avait publié en 2024.

Le même échange établit deux faits annexes de cote A :

Question Réponse d'Arnaud Rérolle
« Vous n'avez toujours qu'un seul financeur, en la personne de Pierre-Édouard Stérin ? » « Tout à fait. »
« Avez-vous fait l'objet de contrôles, quelle qu'en soit la nature, par les services de l'État ? » « Pas à ma connaissance. »

Et il tranche une contradiction : la rapporteure établit devant Rérolle que c'est lui qui est à l'origine de la création de la SAS Politicae et qui en est l'actionnaire majoritaire — là où Pierre-Édouard Stérin, une semaine plus tard, répondra « je ne sais plus si nous sommes à l'origine de la création de Politicae ».

Ce que le document dit de 2027 — et le démenti de Pierre-Édouard Stérin#

Ce que dit le document#

Parmi ses échéances électorales, le document fixe :

Échéance Objectif rapporté
2024 Influencer les sujets traités lors des européennes
2026 Aider à remporter plus de 1 000 mairies
2027 « Aider à remporter la présidentielle + majorité absolue »

Il prévoit également, à l'horizon 2027, une réserve de plus de 1 000 « hommes de pouvoir », « 100 % de la population touchée » et une présence dans cinq pays européens.

Sur le RN nommément, le document décrit une mission de « conseil opérationnel municipales » visant à « permettre au Rassemblement national de transformer ses derniers succès électoraux en victoire aux municipales 2026 », projet présenté comme « validé par la direction et l'état-major du RN aux Estivales 2023 », avec un objectif de 300 villes.

Le document pose lui-même une limite qu'il serait malhonnête d'omettre : « Cette première mission de conseil ne rend le RN ni exclusif ni prioritaire par rapport aux autres partis », une mission comparable étant envisagée pour LR.

Ce que répond Pierre-Édouard Stérin#

À L'Humanité, par écrit, en juillet 2024 :

« Je suis engagé, mais mon engagement n'est pas partisan, à ce titre je revendique cette neutralité. Comme vous avez pu le voir, j'échange et soutiens des personnalités de différents partis et sensibilités de la droite. »

Devant le Sénat, sous serment, le 4 juin 2026, interrogé sur les trois victoires :

« Nous souhaitons diffuser auprès du plus grand nombre les idées libérales conservatrices afin de permettre aux personnes convaincues de l'intérêt de ces idées de pouvoir voter en cohérence avec elles, ce qui — nous l'espérons — nous amènera dans les prochaines années à voir s'appliquer en France une politique de droite libérale conservatrice. »

Il maintient tout au long de l'audition que Périclès est métapolitique et non politique, et se compare à deux références qu'il choisit lui-même : la Fondation Jean-Jaurès « dans le camp d'en face », et l'Open Society de George Soros, « même si c'est à une échelle bien plus réduite ».

Ces éléments sont tous établis et ils sont en tension. Ce wiki ne tranche pas : il constate qu'un document attribué à une organisation fixe un objectif présidentiel pour 2027, et que son financeur récuse tout engagement partisan tout en assumant un objectif politique de long terme.

Deux déclarations qui n'appellent pas de commentaire de ce wiki#

Elles sont rapportées parce qu'elles sont publiques, tenues sous serment et documentées, et parce que les omettre reviendrait à adoucir le dossier.

Sur l'immigration, reprenant devant le Sénat une formule donnée au New York Times :

« Je confirme que je suis […] en faveur de la remigration des étrangers délinquants, sans papiers ou au chômage depuis plus de douze mois. Je me situe donc à la droite de l'extrême droite […] En revanche, je me situe à l'extrême gauche de l'extrême droite sur les sujets économiques, ce qui me place bien in fine au centre de la droite. »

Sur la natalité, la rapporteure lui rappelle des propos tenus en 2025 devant l'Institut du Bon Pasteur, selon lesquels « avoir plus de bébés de souche européenne » devrait faire partie d'un « projet nataliste identitaire ». Interrogé sur le financement de tels projets, il répond ne pas le croire, mener cet engagement « à titre personnel », et espérer que son écosystème finance « la promotion de la natalité et, uniquement, de la natalité ».

Sur la liberté de la presse, enfin : la sénatrice Karine Daniel l'interroge sur la création, le 31 juillet 2025, d'une holding nommée « Lemahieu holding », du nom du journaliste qui a révélé le dossier — « trait d'humour, provocation, intimidation ? ». Réponse :

« En nommant ma holding "Lemahieu holding", j'ai évidemment fait un trait d'humour : j'ai voulu rendre hommage à ce journaliste communiste d'un âge avancé qui a récemment pris la lumière en s'intéressant à mon cas. […] Je trouvais cela d'autant plus drôle que cette holding finance aujourd'hui des activités métapolitiques de droite. »

Ce wiki rapporte la question et la réponse. Il ne qualifie pas le geste.

Ce qui n'est pas établi#

  • Le contenu intégral du document révélé en 2024. Ce wiki n'a lu que les extraits publiés. Son authenticité, en revanche, n'est plus discutée par les intéressés.
  • Les montants réellement engagés en 2025 et 2026, dont les chiffres publics divergent.
  • Le résultat électoral de Politicae aux municipales de mars 2026 est inconnu, et ce n'est pas faute de l'avoir cherché : aucune source publique ne relie les candidats formés à un nombre d'élus. Ni Périclès, ni Politicae, ni la commission d'enquête du Sénat — qui a rendu son rapport près de quatre mois après le scrutin — n'en publient de bilan. C'est le trou le plus significatif de ce dossier, parce que c'est le seul élément qui permettrait de départager le document de 2023 et le démenti sous serment de 2026.
  • ✅ L'entretien au New York Times a été lu le 25 août 2026 et tranche le chiffre : 4 000 candidats formés, « selon son propre décompte ». La mention de « au moins 400 » relevée dans une notice encyclopédique ne correspond à aucune formulation de l'article et est retirée.
  • Le chiffre de 4 000 reste une déclaration, attribuée par le journal à Pierre-Édouard Stérin lui-même et non vérifiée par lui. Politicae a refusé d'identifier ces candidats — et son cofondateur, sous serment deux mois plus tard, compte environ 500 participants aux séminaires. Ce wiki ne sait pas si les deux chiffres portent sur le même objet.
  • L'Ifpel — Institut de formation et de promotion de l'engagement local — n'est pas documenté. Il apparaît dans l'audition de Raphaël Cognet, ses liens avec Politicae et Périclès ne sont pas instruits ici.
  • Les conditions d'indépendance éditoriale que Raphaël Cognet déclare avoir posées ne sont pas vérifiables par ce wiki : elles reposent sur sa seule parole, fût-elle sous serment.
  • L'appréciation d'Alice Barbe sur l'influence indirecte au Sénat n'est pas instruite. Le mécanisme qu'elle décrit — municipales, grands électeurs, Sénat, financement public — est réel et documenté ailleurs dans ce wiki, mais rien ne permet d'établir qu'il ait été activé.
  • La liste complète des bénéficiaires — la direction elle-même n'en publie qu'une part : plus de 70 projets financés, 22 affichés selon son directeur général.
  • Les montants versés à chaque bénéficiaire sont inconnus, sauf un. Seul l'Institut de formation politique permet un ordre de grandeur, par sa propre déclaration : aucun mécène au-delà de 10 % d'un budget d'un million d'euros. Pour tous les autres bénéficiaires nommés, ce wiki n'a aucun chiffre — et ne peut donc pas dire lesquels dépendent de Périclès.
  • Le détail des prises de participation : quelles entreprises, quelle quotité, quels droits.
  • Tout lien opérationnel effectif — versement, prestation, convention — avec un candidat, un parti ou une campagne de l'élection de 2027. Le document énonce une intention ; il n'établit pas son exécution.
  • Les conclusions de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, dont le rapport n'a pas été consulté.

Pour creuser#

Pour situer ce dossier#

Sources#

  1. Sénat, rapport n° 860 tome II (2025-2026), comptes rendus intégraux des auditions de la commission d'enquête, 907 pages (A — document parlementaire, dépositions sous serment) — LU le 25 août 2026 — https://www.senat.fr/rap/r25-860-2/r25-860-2_mono.html
  2. p. 421 — audition de Thomas Lemahieu, journaliste au pôle enquête de L'Humanité, mercredi 15 avril 2026 : généalogie des structures, holdings belges, bénéficiaires non affichés, montants 2024-2025
  3. p. 713 — audition d'Arnaud Rérolle, directeur général de Périclès, jeudi 28 mai 2026 : structures actuelles, ratio dons/investissements, bénéficiaires, absence de financement public
  4. p. 535 — audition d'Alexandre Pesey, cofondateur et directeur de l'Institut de formation politique, jeudi 7 mai 2026 : budget d'un million d'euros, structure de financement, et la déclaration selon laquelle aucun mécène ne dépasse 10 % du budget
  5. p. 625 — audition de Raphaël Cognet, cofondateur de Politicae, jeudi 21 mai 2026 : nature et audience de la structure, 500 participants aux séminaires, aucun élu formé, chronologie par rapport à Périclès, conditions posées au financement
  6. p. 825 — audition de Pierre-Édouard Stérin, président du conseil d'administration du Fonds du bien commun, jeudi 4 juin 2026, en visioconférence : patrimoine, montants, Politicae, réponses sur les trois objectifs
  7. Sénat, rapport n° 860 (2025-2026), Colombe Brossel, Qui finance l'intérêt général ?, adopté le 7 juillet 2026 (A) — financement des Académies Saint-Louis de Chalès (~17 millions d'euros), opération « Les plus belles fêtes de France » (~60 fêtes), et refus de réduire le sujet à « quelques acteurs emblématiques » — https://www.senat.fr/rap/r25-860-1/r25-860-1_mono.html
  8. Thomas Lemahieu, « EXCLUSIF : Périclès, le projet secret de Pierre-Édouard Stérin pour installer le RN au pouvoir », L'Humanité, 18 juillet 2024 (C, ligne éditoriale à signaler, arbitrage n° 2 : enquête originale) — CONSULTÉ le 25 août 2026, via une capture archive.is du 13 octobre 2025 — https://www.humanite.fr/politique/bien-commun/exclusif-pericles-le-projet-secret-de-pierre-edouard-sterin-pour-installer-le-rn-au-pouvoir 3 bis. Thomas Lemahieu, « Projet Périclès : le document qui dit tout du plan de Pierre-Édouard Stérin pour installer le RN au pouvoir », L'Humanité, 19 juillet 2024 — extraits du document, 21 pages — CONSULTÉ le 25 août 2026 — https://www.humanite.fr/politique/bien-commun/projet-pericles-le-document-qui-dit-tout-du-plan-de-pierre-edouard-sterin-pour-installer-le-rn-au-pouvoir
  9. Sénat, annonce de l'audition du 4 juin 2026 à 11 h 30 (A) — https://www.senat.fr/actualite/audition-de-pierre-edouard-sterin-7700.html 3 ter. The New York Times, Catherine Porter, « The Billionaire Funding France's Far Right », 22 mars 2026 (C — quotidien de référence international, entretien direct avec l'intéressé et plusieurs de ses collaborateurs) — ✅ OBTENU par recours humain et LU le 25 août 2026 : tranche le chiffre des 4 000 candidats, donne le ratio 70 projets financés / 22 affichés, et les déclarations de Pierre-Édouard Stérin en son nom propre — https://www.nytimes.com/2026/03/22/world/europe/pierre-eduoard-sterin-france-far-right.html 4 bis. Wikipédia, « Projet Périclès » (B) — fondateurs de Politicae (Antoine Valentin, maire de Saint-Jeoire ; Raphaël Cognet, maire de Mantes-la-Jolie), chiffre de 2 060 candidats accueillis en 2025, objectif de 300 villes pour le RN, et la mention « au moins 400 candidats maires » attribuée à l'entretien au New York Times — https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_P%C3%A9ricl%C3%A8s 4 ter. Le Courrier des maires (C — presse professionnelle des élus locaux) — « Les municipales, premier champ de bataille du projet Périclès » — NON LU, cité pour son existence — https://www.courrierdesmaires.fr/article/les-municipales-premier-champ-de-bataille-du-projet-pericles-du-milliardaire-pierre-edouard-sterin.59660
  10. Public Sénat (C), comptes rendus des auditions de Pierre-Édouard Stérin et du directeur de Périclès — conservées comme sources d'origine, désormais remplacées par le verbatim de cote A — https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/direct-suivez-laudition-du-milliardaire-pierre-edouard-sterin
  11. Wikipédia, « Projet Périclès » (B) — plus utilisée pour aucun chiffre de cette fiche depuis le 25 août 2026 — https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_P%C3%A9ricl%C3%A8s
  12. Commission d'enquête de l'Assemblée nationale (2025) sur l'organisation des élections, audition d'Arnaud Rérolle, printemps 2025 — date contestée (A) — rapport et compte rendu NON CONSULTÉS ; ce qu'ils contiennent n'est connu ici que par ce qui en a été redit au Sénat

Condition d'entrée de l'arbitrage n° 4 : elle est désormais dépassée. Le dossier ne repose plus sur deux sources de cote C indépendantes, mais sur trois dépositions sous serment devant une commission d'enquête parlementaire, publiées au Journal officiel des travaux du Sénat.

Note sur ce que « sous serment » établit. Une déposition sous serment établit de manière certaine ce qui a été dit, et engage son auteur au titre des articles 434-13 à 434-15 du code pénal. Elle n'établit pas que le contenu soit vrai. Cette fiche distingue partout les deux : « X a déclaré » n'est pas « X a fait ».

Limites#

  • Le document original n'a pas été vu. Ce qui a été lu, ce sont les extraits publiés par L'Humanité. Ce wiki ne peut vérifier ni leur exhaustivité, ni l'absence de découpage orienté. Son authenticité, en revanche, n'est plus contestée par les intéressés.
  • Les trois montants annuels ne concordent pas (12-15 M€ annoncés pour 2025, 20 M€ déclarés prévus, 10 M€ évoqués en 2026). Ce wiki ne dispose d'aucun élément pour arbitrer, et n'a pas cherché à le faire.
  • Les comptes de Périclès n'ont pas été consultés. La SAS Participations et investissements rive droite dépose des comptes ; ils n'ont pas été demandés au greffe. C'est la piste la plus rentable qui reste ouverte sur ce dossier.
  • Le rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale (2025) n'a pas été consulté, non plus que le compte rendu de l'audition d'Arnaud Rérolle du printemps 2025. Or plusieurs chiffres de cette fiche n'existent que dans ce document, et ne sont connus ici que par ce qui en a été redit devant le Sénat un an plus tard. C'est un degré de distance qui subsiste.
  • Les holdings belges Graal et Altiora ne sont documentées que par un témoignage. Aucun registre belge n'a été consulté.
  • Aucun lien opérationnel avec l'élection de 2027 n'est établi, et la commission du Sénat ne l'a abordée qu'une fois, sans pièce nouvelle. Cette fiche existe parce que le dossier est documenté et parlementairement instruit, pas parce qu'un tel lien serait démontré.
  • L'Institut des Français de l'étranger, mentionné en séance à propos des élections consulaires en cours, n'est pas documenté par ce wiki. Arnaud Rérolle déclare que Périclès n'est « intervenu en aucun cas » sur ce scrutin ; la structure elle-même n'a pas été instruite.
  • La règle de symétrie est honorée par la fiche Fondation Combat et Matthieu Pigasse, qui traite une structure de sensibilité opposée au même niveau d'exigence — et établit que les deux dossiers ne sont pas équivalents en fait. Mais deux fiches ne font pas une symétrie : le Sénat nomme précisément ces deux hommes pour refuser d'y réduire son sujet. La fiche Olivier Legrain — troisième mécène auditionné, un modèle où le financeur remet la gouvernance à d'autres — a été ouverte pour cette raison. Il reste vingt-neuf pages du sommaire jamais citées, où d'autres financeurs figurent certainement.
  • Le seuil de 9 000 habitants n'a pas été vérifié dans le code électoral. Il est rapporté d'après une déclaration sous serment, et tout ce que ce wiki en déduit dépend de son exactitude.
  • Aucun compte de campagne n'a été consulté. La réponse de Politicae sur la facturation de ses séminaires est enregistrée parce qu'elle a été faite sous serment, pas parce qu'elle a été vérifiée.
  • Prochaine piste : obtenir les comptes de la SAS au greffe du tribunal de commerce, et le compte rendu de l'audition d'Arnaud Rérolle à l'Assemblée nationale — qui trancherait aussi sa date.