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Guide d'autodéfense informationnelle#

En bref#

Ce guide ne vous dit pas quoi penser. Il vous donne quatre réflexes, douze réponses prêtes à des affirmations qui circulent déjà, onze signatures permettant de reconnaître une opération d'influence, et les questions que personne ne pose à votre camp.

Les deux dernières signatures ne ressemblent pas aux neuf premières. La dixième ne vise pas le grand public mais les élus locaux, elle est entièrement légale, et elle a été décrite sous serment par les maires qui s'y sont laissé prendre. La onzième, ajoutée le 27 août 2026, décrit l'inverse des neuf premières : un message politique inséré là où personne ne cherche de politique — un jeu mobile, une application de revente —, la veille d'un scrutin et après la fin légale de la campagne. Les neuf premières vous outillent pour évaluer une source quand vous savez que vous en consultez une ; celle-ci décrit un procédé qui contourne cette question.

Un seul principe le résume : une information qui vous met en colère et vous demande de la partager tout de suite est une information à vérifier avant toute autre. La colère qu'elle produit est souvent l'objectif, pas l'effet secondaire.


1. Les quatre réflexes#

Réflexe 1 — Demander la date#

La première question n'est pas « est-ce vrai ? » mais « de quand ça date ? »

L'affirmation périmée la plus répandue de cette campagne — « Marine Le Pen est inéligible » — était exacte du 31 mars 2025 au 30 juin 2026. Elle est fausse depuis. Personne ne l'a fabriquée : elle a simplement survécu à sa date de validité.

Cela vaut aussi pour les programmes. L'Avenir en commun annonce que les députés ont été « bâillonnés 24 fois par le 49.3 depuis 2022 ». C'était exact fin 2024. Le total est aujourd'hui de 29 — et l'écart dessert celui qui l'avance. Les programmes lus par ce wiki datent de 2025, du 15 juillet 2026 et de juillet 2026 : trois états du monde différents, et presque aucun chiffre n'y porte sa date.

Aucune alerte ne se déclenche quand une information vraie devient fausse. C'est à vous de le faire.

Réflexe 2 — Demander ce qui est mesuré#

Beaucoup de désaccords sur les chiffres n'en sont pas : ce sont des désaccords sur ce que le chiffre compte.

On vous dit Demandez
« 11,6 % » ou « 8,1 % » d'immigrés Immigrés, étrangers, ou descendants ? Ce sont trois populations différentes
« 68 % de nucléaire » De l'électricité, ou de l'énergie ? Ce n'est pas la même chose
« 117,5 % de dette » ou « 109,7 % » Brute ou nette ? Les deux existent
« La réforme des retraites est suspendue » Pour qui, et jusqu'à quand ? Deux générations, jusqu'en 2032

Réflexe 3 — Chercher le second titre#

Une information rapportée par un seul média n'est pas établie. Deux médias qui reprennent la même dépêche AFP ne comptent que pour un.

Et deux titres du même groupe ne comptent pas pour deux : CNews, Europe 1, le JDD, Paris Match et Prisma appartiennent au groupe Bolloré. La même règle vaut pour toutes les concentrations.

Réflexe 4 — Se méfier de sa propre satisfaction#

Le meilleur indice qu'une information mérite vérification, c'est qu'elle vous arrange.

Une affirmation qui confirme ce que vous pensez déjà ne rencontre aucune résistance en vous. C'est exactement ce qui a permis à « Marine Le Pen est inéligible » de survivre : elle arrangeait ses adversaires comme espoir, et ses partisans comme grief. Personne n'avait intérêt à la corriger.

2. Douze réponses prêtes#

Tirées des fiches de réfutation, où chacune est sourcée en détail.

Si l'on vous dit Répondez
« Marine Le Pen est inéligible » C'était vrai jusqu'au 30 juin 2026. La cour d'appel a ramené l'inéligibilité à 15 mois ferme, déjà purgés. Elle est éligible — mais sa condamnation n'est pas définitive : elle s'est pourvue en cassation. Fiche
« Elle a été condamnée pour des raisons politiques » L'intention des juges n'est pas vérifiable. Ce qui l'est : onze autres personnes et le parti ont été condamnés dans le même dossier, et l'appel a réduit la peine de 5 ans à 15 mois ferme. Fiche
« La réforme des retraites a été abrogée » Suspendue, pas abrogée — et seulement pour la génération 1964 et le début de 1965. Ceux nés après 1969 partent toujours à 64 ans. Fiche
« La suspension n'a rien changé » Vrai à l'horizon 2045, faux à l'horizon 2032 : trois cohortes gagnent un à deux trimestres, pour 1,8 milliard d'euros par an. Fiche
« Chaque Français doit 51 000 euros » Le calcul est exact et ne veut rien dire : personne ne doit cette somme, un État refinance sa dette au lieu de l'éteindre. L'indicateur comparable, c'est 117,5 % du PIB. Fiche
« La population n'augmente plus que grâce à l'immigration » C'est exact, l'INSEE l'écrit. Mais le fait nouveau est la natalité : −24 % de naissances depuis 2010. Et « solde migratoire » compte aussi les Français qui partent et reviennent. Fiche
« Les intérêts de la dette sont le premier poste du budget » Vrai pour la Défense — 59,3 contre 57,1 milliards — et faux pour l'Éducation nationale : c'est le deuxième poste. La comparaison juste : les intérêts équivalent à la recherche, la police et la justice réunies. Fiche
« La pauvreté est au niveau le plus élevé jamais mesuré » Le chiffre est bon — 9,8 millions de personnes en 2024. Mais l'INSEE écrit « le plus haut niveau depuis 1996 », pas « jamais mesuré ». Le constat n'avait pas besoin du superlatif. Fiche
« On peut supprimer 50 milliards d'aides publiques improductives » Les aides aux entreprises font bien 211 milliards en 2023, donc l'ordre de grandeur tient. Mais aucune source n'identifie 50 milliards d'« improductifs » — et le Sénat dit avoir dû estimer le total lui-même, faute d'information. Fiche
« Plafonner les aides à 70 % du SMIC rapporterait 10 milliards » Le chiffre ne vient d'aucune évaluation indépendante. Les seules estimations, d'un think tank libéral, vont de 12 à 34 milliards selon le périmètre — et France Stratégie chiffre à 3,5 millions les familles modestes qui y perdraient. Fiche
« Les députés ont été bâillonnés 24 fois par le 49.3 » C'était exact fin 2024 — 23 sous Borne, 0 sous Attal, 1 sous Barnier. Depuis, Bayrou en a ajouté 3 et Lecornu 2 : le total est de 29. Sur un chiffre de programme, la bonne question est « de quand ça date ? ». Fiche
« Attal a la maladie de Parkinson » Rien ne l'étaye. Le récit vient de faux reportages et d'un faux fil AFP, dans une série d'opérations que VIGINUM rattache au renseignement russe, visant trois candidats pro-européens. Fiche

3. Reconnaître une opération d'ingérence#

Et les techniques ne sont ni russes ni propres à un camp. VIGINUM cite, pour la présidentielle américaine de 2024, le mode opératoire pro-iranien Storm-2035, qui avait créé quatre faux sites de presse pour polariser le débat américain. Trois origines différentes documentées — russe, non russe, iranienne — pour les mêmes procédés.

Trois dispositifs sont documentés par VIGINUM : Storm-1516 fabrique et diffuse, Matriochka amplifie et harcèle les vérificateurs — tous deux russes — et Rokh Solis, qui ne l'est pas, a visé La France insoumise pendant les municipales de mars 2026. Les signatures qui suivent valent pour les trois.

Les cinq signatures repérables :

  1. Un témoin qui ne peut pas démentir — une personne décédée ou injoignable.
  2. Un vrai média imité — un nom de domaine proche (france-soir.net au lieu de france-soir.fr), la signature d'un vrai journaliste, la mise en page d'une vraie une.
  3. Un greffage sur une actualité réelle — l'événement est authentique, seul le détail qui compte est fabriqué. C'est ce qui rend la vérification coûteuse.
  4. Une vague de comptes relayant le même contenu dans un intervalle court.
  5. Une sollicitation directe — on vous demande d'enquêter, de partager, de réagir.

Le piège le plus important à connaître. L'objectif n'est pas de vous convaincre : c'est que vous relayiez. VIGINUM souligne que ces récits sont repris « de manière inconsciente ou opportuniste » par des personnalités de premier plan. La reprise de bonne foi est le mode de diffusion principal, pas l'exception.

Et le piège symétrique : « c'est une manipulation russe » est un argument qui peut aussi être employé à tort. Il ne vaut que produit et sourcé, comme n'importe quel autre.

Quatre signatures de plus, tirées des dossiers de 2025 et 2026#

Les cinq précédentes viennent de la fiche technique de février 2026. Le dossier Rokh Solis — une ingérence non russe, visant La France insoumise — en apporte deux autres, toutes deux vérifiables par n'importe qui, en trente secondes :

  1. Un site créé quelques jours avant l'accusation. Les quatre sites qui ont accusé trois candidats de crimes ont été déposés entre le 9 et le 19 février 2026, pour des contenus publiés dans la foulée. Un site qui porte une accusation grave et qui n'existait pas le mois précédent est un signal. La date de création d'un nom de domaine est publique.
  2. Un compte politique sans passé politique. Les avatars qui ont diffusé ces contenus avaient rejoint, dix-huit mois plus tôt, des groupes sans le moindre rapport : petites annonces de voitures au Kentucky, association de quartier du Bronx, conseil de quartier écossais, groupe de claviéristes. Remonter le fil d'un compte est gratuit : un compte qui n'a d'histoire que depuis quinze jours, ou dont l'histoire n'a aucun rapport avec ce qu'il défend aujourd'hui, ne vaut pas une reprise.

Cette septième signature ne vient plus d'un seul dossier. VIGINUM documente exactement la même technique dans le mode opératoire russe Storm-1516, sans aucun rapport avec le précédent : un faux « journaliste pigiste » écologiste dont le compte, ouvert en 2018, n'a été alimenté qu'à partir du 15 novembre 2023, a servi le 27 novembre, et a été abandonné début décembre. Douze jours d'existence crédible pour une identité de six ans. Et les comptes sont achetés en lot : trois d'entre eux, employés pour trois opérations distinctes, avaient tous été créés le même jour, un an plus tôt.

Deux opérations sans rapport, de deux origines différentes, la même technique. C'est ce qui la rend enseignable.

  1. Le même contenu sur deux plateformes à la fois. Les opérateurs publient simultanément sur TikTok et YouTube, ou Rumble et YouTube. Ce n'est pas seulement pour survivre à un blocage : c'est pour donner l'impression que plusieurs sources indépendantes rapportent la même chose. Deux vidéos identiques publiées le même jour par deux comptes différents ne sont pas deux confirmations.
  2. Le faux témoin qui « décide enfin de parler ». C'est le motif narratif le plus employé par les opérations documentées : un inconnu se présente en lanceur d'alerte, révèle une information compromettante, et disparaît. Un témoignage qui n'existe que par une seule vidéo, sur un seul compte, sans que personne d'autre ne puisse le corroborer, n'est pas un témoignage.

Une chercheuse déplace la cible : ce n'est pas la fausse vidéo, c'est le corpus#

Tout ce qui précède est construit autour du contenu fabriqué — la fausse une, le faux témoin, la vague de comptes. Une audition sous serment de juin 2026 vient dire que l'essentiel ne se joue peut-être pas là, et il serait malhonnête de ne pas la rapporter.

Isabelle Ryl, directrice de la Paris School of Artificial Intelligence de l'université Paris sciences & lettres et du cluster Pr[ai]rie, entendue par la commission d'enquête du Sénat le mercredi 10 juin 2026 (rapport n° 860, tome II, p. 863) :

« En réalité, les deepfakes influencent globalement assez peu la population, hormis quelques groupes de complotistes. La plupart des gens ont un certain bon sens ; ils savent très bien chercher et discerner le vrai du faux.

En revanche, ces masses de données peuvent empoisonner l'apprentissage des modèles. Là, c'est un vecteur d'influence massive. »

Ce que cela ne contredit pas. VIGINUM documente des fabrications, leur date, leur infrastructure ; rien de cela n'est remis en cause, et Isabelle Ryl ne le conteste pas. Les deux énoncés tiennent ensemble, et c'est ce qui les rend intéressants : un faux peut être peu cru et rester très utile, s'il finit dans le corpus sur lequel s'entraîne l'outil que des millions de gens interrogeront ensuite. Le volume n'a alors plus besoin de convaincre personne — il lui suffit d'exister en nombre.

Ce que cela déplace. Les neuf premières signatures s'appliquent à un contenu qu'on regarde. Elles ne s'appliquent pas à une réponse d'IA générative : celle-ci n'a ni date de création de domaine, ni compte à remonter, ni seconde plateforme où la retrouver à l'identique. Les outils de ce guide ne mordent pas dessus.

Le réflexe qu'elle indique est à la portée de tout le monde : demander les sources dans la question elle-même — « Indique-moi d'où viennent ces informations » — puis aller les vérifier. C'est le réflexe 3 de ce guide, chercher le second titre, appliqué à une machine.

Mais le piège qu'elle décrit est un piège de compétence, et il est asymétrique. Elle cite le cas d'un collègue, « un des meilleurs chercheurs de machine learning » qu'elle connaisse, qui emploie massivement un modèle génératif pour ses articles — et qui peut le faire parce qu'il connaît son domaine et sait juger ce qu'on lui rend. Puis elle retourne la situation vers les sénateurs qui l'interrogent :

« si vous, qui n'êtes pas chercheur en machine learning, demandez à votre modèle quel papier il faut lire en premier, vous pourrez aussi bien avoir quelque chose de tout à fait pertinent que le papier le plus cité par la Chine ou la Russie. Et si vous n'avez pas la capacité d'analyser ce qui vous est remis, vous êtes complètement pieds et poings liés face au contenu qui vous est proposé. »

Autrement dit : l'outil sert le mieux ceux qui en ont le moins besoin. Celui qui connaît le domaine sait juger la réponse ; celui qui l'ignore ne le peut pas — et c'est précisément lui qui pose la question. « Pour bien trouver, il faut savoir ce que l'on cherche. »

Elle nomme des États, et elle le fait dans les deux sens. Elle dit avoir « beaucoup de mal à croire » qu'un régime étranger « comme celui des États-Unis » biaiserait la décision d'un sénateur français par des opérations de fine-tuning — « ce serait très tordu ». Et elle ajoute que « des puissances comme la Russie, la Chine ou d'autres pays plus à l'ouest sont passées maîtres dans l'art de la création de fausses informations ». Ces phrases sont des appréciations, pas des attributions techniques : elles n'ont pas le statut d'une publication de VIGINUM, et ce guide ne les emploie pas comme telles.

Deux réserves, que ce wiki pose de lui-même

1. Elle a prévenu qu'elle n'était pas spécialiste du sujet. « Je suis loin d'être spécialiste du comportement », dit-elle, renvoyant la commission au département d'études cognitives de l'École normale supérieure. Sa phrase sur le faible effet des deepfakes est donc l'appréciation d'une experte du domaine voisin, pas un résultat mesuré. Ce wiki ne la donne pas pour établie — il la donne pour dite, sous serment, par quelqu'un qui sait de quoi sont faits les modèles.

2. Elle a daté sa propre parole. « Les réponses que je vous donnerai aujourd'hui reflètent ma connaissance ou mon opinion sur le domaine à cet instant précis et ne seraient certainement pas les mêmes dans quelques années, voire dans quelques mois. » Une source de cote A qui borne elle-même sa péremption est assez rare pour être signalée — et ce guide la cite en le respectant.

Faut-il partager qu'on a repéré une manipulation ?#

La réponse honnête est : cela dépend, et VIGINUM le dit lui-même.

D'un côté, dénoncer peut servir l'opérateur. Le service de l'État écrit que certains opérateurs cherchent à être repérés : les publications qui les dénoncent leur servent d'indicateur de performance auprès de ceux qui les financent. Une opération sans audience qui fait la une pour son existence même a rempli son contrat.

Ce mécanisme porte un nom. VIGINUM le range sous le terme de « méta-trolling », emprunté à la chercheuse Camille François : des « campagnes sur les médias sociaux conçues pour être exposées et couvertes par les médias afin de raviver le débat clivant et chaotique sur l'ingérence russe ». Pour le dispositif Matriochka, VIGINUM va jusqu'à écrire que « le succès de certaines de ses opérations repose surtout sur l'attention médiatique » qui leur a été accordée.

Une opération de méta-trolling n'a pas besoin d'être crue : il lui suffit d'être racontée.

De l'autre, la publicité peut tuer l'opération. C'est ce qui s'est produit en mars 2026 : la parution d'un article de presse le 9 mars a provoqué, dans la semaine du 10 mars, la suppression de la plupart des comptes, pages et sites du dispositif — six jours avant le premier tour.

Les deux sont vrais, et le critère qui les départage est celui du Réseau de coordination et de protection des élections : ce qui compte est le risque que l'opération « sorte des communautés de réseaux sociaux pour gagner la vie réelle ».

Ce que cela donne, concrètement :

Situation Ce qu'il vaut mieux faire
Le contenu circule dans un cercle restreint, personne autour de vous n'en parle Ne rien relayer. Signaler à la plateforme, et s'arrêter là
Le contenu vous est arrivé par un proche, un groupe, un élu — il a franchi le numérique Répondre, avec la date et la source. C'est le cas où le silence coûte plus cher
Vous voulez montrer la manipulation Ne republiez jamais le contenu lui-même, même pour le démonter : une capture d'écran, sans lien cliquable, suffit. Relayer l'adresse, c'est travailler pour l'opérateur
Vous êtes tenté de commenter « encore une manipulation étrangère » Produisez ce qui l'établit, ou abstenez-vous. Cette accusation-là se manipule aussi

Et un rappel qui vaut pour les deux camps du soupçon : dans le dossier de 2026, la même infrastructure fabriquait des attaques contre des élus propalestiniens et une fausse association caritative propalestinienne, tout en amplifiant des contenus gouvernementaux en Angola. La bonne question n'est pas « qui pense cela ? » mais « qui a payé ? » — et, le plus souvent, personne ne le sait.

Où signaler, concrètement#

Ces adresses sont celles que VIGINUM donne lui-même, dans son Guide de sensibilisation à l'attention des équipes de campagne publié en décembre 2025. Elles sont officielles, elles sont gratuites, et presque personne ne les connaît.

Ce que vous voyez Où le signaler
Un contenu faux, trompeur ou contraire aux conditions d'utilisation À la plateforme elle-même, d'abord
La plateforme ne répond jamais à vos signalements L'Arcom — contact-rsn@arcom.fr
Un contenu illicite PHAROS, la plateforme de signalement du ministère de l'intérieur
Une suspicion de fraude ou d'infraction au code électoral Police ou gendarmerie — masecurite.interieur.gouv.fr
Une campagne qui semble venir d'un acteur étranger VIGINUM — viginum_signalement@sgdsn.gouv.fr

La deuxième ligne est celle qu'il faut retenir. Signaler à une plateforme qui ne répond pas n'est pas un cul-de-sac : le silence répété se signale à l'Arcom, et c'est ce qui alimente les constats de « niveaux de coopération inégaux » que le régulateur porte ensuite publiquement. Voir la protection du scrutin.

Ce que l'État conseille aux équipes de campagne — et pourquoi ce guide dit autre chose#

VIGINUM s'adresse aux organisations ciblées, ce guide s'adresse aux citoyens. Les conseils diffèrent, et il faut savoir pourquoi.

Ce que VIGINUM écrit pour une équipe de campagne visée :

« Ne pas relayer l'information et ne pas répondre à une fausse information qui toucherait votre organisation »

C'est une consigne absolue, et elle est cohérente : pour la cible, répondre, c'est donner de la visibilité et se placer sur le terrain de l'adversaire.

Ce guide ne dit pas la même chose au citoyen, et l'écart est assumé. Une équipe de campagne dispose d'autres canaux — communication de crise, signalement, relais institutionnels. Un particulier à qui un proche transmet une fausse information n'en a aucun, et son silence laisse le champ libre. D'où l'arbitrage retenu plus haut : ne rien relayer tant que le contenu reste confiné, répondre lorsqu'il a franchi le numérique.

Trois conseils de VIGINUM valent en revanche pour tout le monde : identifier à l'avance les sujets susceptibles d'être instrumentalisés, vérifier la source avant toute chose, et ne jamais confondre signaler et partager.

Un lexique, parce que les mots comptent#

Ces définitions sont celles de VIGINUM, service de l'État. Les employer correctement est déjà une défense : la plupart des confusions du débat public tiennent à ce que ces mots sont pris les uns pour les autres.

Terme Ce qu'il désigne
Astroturfing Donner de la visibilité à un sujet en faisant croire qu'il est un phénomène de masse, alors qu'il vient de quelques comptes coordonnés publiant beaucoup
Bot Programme automatisé simulant un comportement humain — publier, commenter, partager, aimer
Troll Compte qui, « par jeu, moquerie ou activisme politique », perturbe le débat pour le déstabiliser
Copy-pasta Un même bloc de texte ou d'image copié-collé à l'identique sur plusieurs comptes ou plateformes
Typosquatting Enregistrer un nom de domaine délibérément mal orthographié d'un site connu
Deepfake Trucage audio ou vidéo par intelligence artificielle — changer un visage, reproduire une voix
Manipulation de l'information Diffusion massive et intentionnelle de nouvelles falsifiées, déformées (désinformation), ou vraies mais sorties de leur contexte (malinformation)
Mode opératoire informationnel L'ensemble outils + tactiques + ressources d'un acteur malveillant — ce n'est pas une organisation, c'est une méthode
Ingérence numérique étrangère La diffusion artificielle ou automatisée, massive et délibérée, par un acteur étranger, de contenus manifestement inexacts ou trompeurs, portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation

Deux distinctions que ce lexique impose et que le débat public brouille en permanence :

  • Une fausse information n'est pas une ingérence. L'ingérence suppose quatre conditions réunies — un contenu inexact, un comportement inauthentique, une finalité d'atteinte aux intérêts de la Nation, et un acteur étranger. Il en manque presque toujours au moins une.
  • La malinformation est vraie. C'est une information exacte, sortie de son contexte. On ne la « démonte » pas en vérifiant les faits — ils sont justes. On la démonte en restituant le contexte, ce qui est beaucoup plus long, et c'est précisément pourquoi elle fonctionne.

Onzième signature : le message politique là où vous ne cherchez pas de politique#

Ajoutée le 27 août 2026, à partir du recours en annulation déposé après les municipales de Toulouse.

Le fait. Le 21 mars 2026, veille du second tour et après la clôture légale de la campagne, des publicités mettant en cause un candidat ont été diffusées sur trois supports : le site de La Dépêche du Midi, l'application Vinted et le jeu Candy Crush.

Pourquoi c'est une signature, et pas seulement une anecdote.

Les dix signatures précédentes supposent toutes que vous regardiez de l'information : un article, une vidéo, un compte, un site. Elles vous outillent pour évaluer une source quand vous savez que vous en consultez une. Celle-ci décrit l'inverse : un message politique inséré dans un espace où personne ne cherche de politique — une application de revente de vêtements, un jeu de puzzle.

Trois raisons pour lesquelles c'est efficace, et il faut les connaître :

  1. La garde est baissée. On n'applique pas à un encart publicitaire dans un jeu la vigilance qu'on applique à un article. Le contexte désarme le réflexe, avant même que le contenu ne soit lu.
  2. Le ciblage est acheté, pas gagné. Une opération qui doit construire une audience met des mois — c'est tout le dispositif d'avatars décrit plus haut. Une opération qui achète de l'espace publicitaire l'atteint immédiatement, sans passé, sans crédibilité à fabriquer, et sans laisser les traces que les dix autres signatures permettent de repérer.
  3. Le moment est choisi. La veille d'un scrutin, après la fin de la campagne, c'est le créneau où les candidats ne peuvent plus répondre et où la presse ne traite plus le fond.

Ce que vous pouvez faire, et c'est court :

  • Une publicité politique doit être identifiée comme telle. Sur les grandes plateformes, un encart de nature politique doit porter une mention et figurer dans une bibliothèque publique de publicités. Un message politique sans mention, dans un jeu ou une application marchande, est en soi un signal.
  • Signalez plutôt que de partager. Les canaux sont dans le voisinage institutionnel ci-dessous.
  • Retenez le support. Le nom de l'application où vous l'avez vu est une information utile : c'est ce qui a permis, à Toulouse, d'établir la liste des trois supports.

Ce que ce wiki n'établit pas. Que ces publicités aient été payées par l'opérateur de la campagne de dénigrement — l'enquête sur les commanditaires est en cours et n'a rien établi. Ni qu'elles aient eu un effet : l'écart final était de 13 227 voix. La qualification « illégales » est celle des requérants, et le juge n'a pas statué. Ce qui est retenu ici est le procédé, pas l'imputation — et le procédé, lui, est constaté par plusieurs sources.

Le dossier complet est dans Rokh Solis.

3 bis. Un réflexe qui vaut pour tous les programmes#

Cinq affirmations issues de programmes de quatre camps différents ont été vérifiées.

Auteur Camp Affirmation Ce qui cloche
Bernard Cazeneuve Gauche Les intérêts de la dette sont le premier poste du budget C'est le deuxième
Les Écologistes Écologistes Pauvreté au niveau le plus élevé jamais mesuré L'INSEE dit « depuis 1996 »
Édouard Philippe Bloc central 50 milliards d'aides improductives La catégorie n'est pas évaluée
Bruno Retailleau Droite 10 milliards par plafonnement à 70 % du SMIC Estimations de 12 à 34 milliards selon le périmètre
Bruno Retailleau Droite Seuil de 1 623 heures = deux jours de plus Exact. La durée légale est de 1 607 heures
La France insoumise Gauche 24 usages du 49.3 depuis 2022 Exact fin 2024. Le total est aujourd'hui de 29

Dans les quatre premiers cas, l'argument de fond est solide et l'illustration est poussée d'un cran trop loin. La dette pèse effectivement plus que la Défense ; la pauvreté est effectivement au plus haut depuis trente ans ; les aides publiques atteignent effectivement 211 milliards sans évaluation systématique ; le système d'aides est effectivement complexe.

Les deux derniers cas sont là pour une raison précise : ce sont des chiffres de programme vérifiés et trouvés exacts. Un dossier qui ne relèverait que des erreurs serait un dossier à charge.

Et le dernier ajoute un mécanisme distinct : un chiffre peut être exact et devenir faux sans que personne n'y touche. C'est le réflexe 1 appliqué aux programmes.

Le réflexe à en tirer : quand un programme vous donne un chiffre avec un superlatif — « le premier », « jamais mesuré », « le plus » — c'est le superlatif qu'il faut vérifier, pas le chiffre. Le chiffre est en général bon.

Et ce mécanisme n'appartient à aucun camp : c'est le régime ordinaire du chiffrage en campagne.

3 quater. Le voisinage institutionnel — une signature qui ne vise pas les électeurs#

Les neuf signatures précédentes décrivent des opérations qui visent le grand public. Celle-ci en vise une centaine de personnes à la fois : des maires, des directrices d'école, des présidents d'association. Elle est plus discrète, plus efficace, et entièrement légale.

Elle a été documentée par quatre dépositions sous serment devant le Sénat en 2026, sur deux dossiers sans rapport l'un avec l'autre — Les Plus Belles Fêtes de France et le Passeport du civisme. C'est ce qui la rend enseignable : deux structures différentes, le même procédé.

Le principe#

On n'affirme pas être adoubé par une institution. On se place à côté d'elle, assez près pour que l'interlocuteur fasse le rapprochement lui-même — et assez loin pour qu'aucune affirmation ne soit fausse.

Les quatre marqueurs constatés, et ce qu'ils valent#

Le marqueur Ce qu'en disent les élus concernés Ce qu'il coûte, ce qu'il prouve
Un logotype officiel sur une plaquette ou un site « Il était rassurant d'y voir figurer le logotype du Sénat » · un logotype ministériel apposé après un refus d'agrément Rien, et rien. Deux demandes de retrait ont été nécessaires dans un cas
Un article dans la presse professionnelle « il paraissait dans le média auquel nous accordons du crédit » C'était un publireportage, signalé en tout petits caractères
Une présence au Salon des maires « Une annonce au Salon des maires prend en effet une valeur institutionnelle » Un stand se loue
Un partenariat institutionnel affirmé Une association départementale de maires citée comme partenaire Elle a démenti par téléphone

S'y ajoute, dans un des deux cas, une invitation à une soirée dans un bâtiment public — proposée dans l'offre commerciale elle-même.

Les trois vérifications, et elles prennent dix minutes#

  1. Le logotype : demander l'autorisation écrite. Une institution qui autorise l'usage de son logotype le fait par écrit. Pas d'écrit, pas d'autorisation — et la question suffit souvent.
  2. L'article : chercher la mention « publireportage », « contenu partenaire » ou « publié par ». Elle est obligatoire, elle est toujours là, et elle est toujours petite. Regarder aussi qui signe : un article sans auteur nommé dans un titre professionnel doit alerter.
  3. Le partenariat : appeler le partenaire annoncé. C'est ce qu'a fait un maire du Lot, et le démenti est venu par téléphone en une conversation.

Et une quatrième, qui décide de tout : chercher qui finance, et le chercher sur le site de la structure elle-même. Une maire de Bretagne l'a fait et rapporte le résultat en une phrase : « Nous ne trouvons rien. »

Ce que ce guide ne dit pas

Aucun de ces marqueurs n'est illégal, et aucun n'établit une intention. Louer un stand, payer un publireportage, être reçu dans un bâtiment public : rien de tout cela n'est fautif, et la plupart des organisations qui le font sont exactement ce qu'elles prétendent être.

La signature n'est pas un marqueur isolé, c'est leur accumulation — et surtout l'absence, en face, de toute information sur le financement. C'est cette combinaison qui distingue une communication ordinaire d'une construction de crédibilité.

Et savoir d'où vient l'argent ne dit pas quoi décider. Une maire entendue au Sénat le formule mieux que ce guide ne saurait le faire : d'autres communes, « disposant de la même information, ont décidé de continuer », et « c'est aussi un choix politique ». La transparence sert à choisir en connaissance de cause, pas à choisir à la place des gens.

Pourquoi cette signature vise les élus locaux, et pas vous#

C'est une question de moyens, et les intéressés la posent eux-mêmes :

« ma commune ne dispose pas de cabinet ni de collaborateurs de cabinet. Notre directrice générale des services court à longueur de journée […] Nous ne disposons guère de temps pour de la prospection et peut-être surtout pour être plus exigeants encore dans l'appréciation des éléments qui pèsent dans les décisions que nous prenons. »

Une commune de 500 habitants n'a pas de service juridique. Un maire qui cherche 5 000 euros pour une fête vieille de sept siècles n'a ni le temps ni les outils de remonter une chaîne de holdings. C'est précisément pourquoi le procédé fonctionne là et pas ailleurs — et pourquoi les deux élus entendus demandent la même chose : un référent dans leur association de maires, et une formation pour se repérer dans les labels et les appels à projets.

3 ter. Deux chiffres sur la désinformation, et une erreur de ce wiki corrigée en vingt-quatre heures#

Ce paragraphe a été écrit le 26 août 2026, puis réécrit le 27. La première version affirmait que « ce guide est écrit pour des gens que la désinformation préoccupe » et qu'« ils sont peu nombreux ». C'était faux, et l'erreur mérite d'être exposée plutôt que corrigée en silence.

Ce que le premier chiffre disait#

Dans l'Eurobaromètre standard n° 105, invités à citer les deux enjeux les plus importants auxquels la France doit faire face, les répondants placent les « menaces sur la démocratie, par exemple par la manipulation de l'information » à 5 % — avant-dernier item sur seize. Le coût de la vie est à 40 %.

Ce guide en avait conclu que la désinformation ne préoccupait presque personne. C'est un contresens.

Ce que la même enquête dit ailleurs#

Affirmation soumise aux répondants (question QB10) France Évol. UE27
« La diffusion rapide de la désinformation est un problème majeur pour la démocratie » 90 % d'accord +4 87 %
« Vous rencontrez souvent de la désinformation » 71 % d'accord +1 73 %
« Il vous est facile d'identifier la désinformation » 56 % d'accord −1 59 %

Neuf Français sur dix considèrent que la diffusion de la désinformation est un problème majeur pour la démocratie — dont 48 % « tout à fait d'accord ». Six pour cent seulement sont en désaccord.

Comment les deux chiffres tiennent ensemble#

Exactement comme les deux chiffres sur l'immigration, documentés dans une fiche de réfutation de ce wiki : une question qui force à classer deux enjeux sur seize ne mesure pas la même chose qu'une phrase soumise à l'accord. On peut juger un problème majeur et placer le coût de la vie et la santé avant lui.

Ce wiki a commis, sur son propre sujet, l'erreur qu'il venait de documenter

Le 26 août au matin, il publiait une fiche de réfutation expliquant qu'un taux d'adhésion n'est pas un classement, et que confondre les deux permet de faire dire n'importe quoi à l'opinion.

Le 26 août au soir, il faisait la conversion inverse dans ce guide : d'un rang faible, il concluait à une absence de préoccupation.

Le 27 août, la lecture d'une autre question de la même enquête a montré l'erreur.

La règle qu'il en tire est déjà écrite au § 4 quinquies de la méthode — elle vaut pour les citations, elle vaut identiquement pour les chiffres : un chiffre isolé d'une enquête est un maillon, pas une conclusion. La parade est la même : lire les autres questions.

Un troisième chiffre, du même instrument, ferme la démonstration#

Ajouté le 27 août 2026. La même enquête pose une question sur les enjeux auxquels l'Union européenne doit faire face (QA5), avec quinze items, deux réponses au maximum. L'un d'eux est « les menaces sur la démocratie, par exemple par la manipulation de l'information ».

France UE27
Jugent la désinformation problématique pour la démocratie (QB10, accord) 90 % 87 %
La classent parmi les deux enjeux les plus importants pour l'Union (QA5) 7 % (−4) 10 % (−1)

Sept pour cent et quatre-vingt-dix pour cent, sur les mêmes répondants, dans le même entretien. Aucun des deux n'est faux, et aucun ne se lit seul :

  • 90 % répond à « est-ce un problème ? » — un jugement, sans concurrence ;
  • 7 % répond à « est-ce l'un des deux plus importants ? » — un classement, contre quatorze autres enjeux.

C'est le même écart, mesuré une seconde fois et sur ce guide lui-même. Il achève de montrer que l'erreur du 26 août n'était pas une inattention isolée mais une conversion illégitime entre deux types de mesure — celle que le § 4 quinquies interdit désormais. Le détail est dans l'opinion française, mesurée.

Ce que les trois chiffres impliquent réellement pour ce guide#

  1. Le public existe, et il est large. Un interlocuteur qui trouve la désinformation préoccupante est le cas général, pas l'exception. Ce guide n'écrit pas pour une minorité.
  2. Mais ce n'est pas ce qui vient en premier quand il faut choisir. Le coût de la vie écrase tout, et un échange qui commence par les procédés commence par ce que l'interlocuteur ne place pas en tête. La conclusion pratique de la première version reste valable : les douze réponses prêtes portent sur la dette, les retraites, l'immigration, les aides — c'est par là qu'une conversation commence.
  3. Le chiffre le plus utile est le troisième, et il est inconfortable. 56 % des Français estiment qu'il leur est facile d'identifier la désinformation — et 41 % disent le contraire. Autrement dit : une majorité pense déjà savoir faire. Un guide qui propose d'apprendre à repérer s'adresse d'abord à des gens qui n'estiment pas en avoir besoin.

    Ce wiki n'a aucune source établissant si cette confiance est justifiée, et il se garde de supposer qu'elle ne l'est pas.

4. Les questions que personne ne pose#

Ces questions valent pour tous les candidats. Aucune n'est piégée : ce sont celles auxquelles un programme sérieux devrait pouvoir répondre.

Question Pourquoi elle est rarement posée
Combien ça coûte, et qui paie ? Le chiffrage arrive tard, souvent après le premier tour
Quelle est la base juridique ? Certaines promesses supposent une révision constitutionnelle ou une sortie de traité, rarement dite
Qu'est-ce qui a été voté sur ce sujet à l'Assemblée ? Les votes passés sont publics et contredisent parfois les positions présentes
Sur quels sujets êtes-vous d'accord avec vos adversaires ? Personne n'a intérêt à y répondre. Pourtant la matrice montre que la capitalisation dans les retraites est portée par trois blocs différents
Qu'est-ce qui, dans votre programme, dépend de quelqu'un d'autre ? Beaucoup de mesures supposent une majorité parlementaire, un accord européen ou un partenaire social
Où sont vos 500 parrainages ? C'est la question décisive de mars 2027, et elle est presque jamais posée avant

5. Les sujets à approfondir avant de décider#

Ce ne sont pas des recommandations de vote. Ce sont les sujets où l'écart entre l'importance réelle et le temps de débat consacré est le plus grand.

Sujet Pourquoi il mérite votre temps
Le calendrier institutionnel La liste des candidats n'existera qu'après le 12 mars 2027. Une bonne partie du débat actuel porte sur des candidatures qui n'iront pas au bout. Fiche
Les retraites L'écart entre candidats va de 60 à 67 ans — sept ans — et un candidat propose de supprimer la notion même d'âge légal. Fiche
L'énergie Le clivage n'est pas binaire mais à trois positions, et il ne recoupe pas gauche-droite. Fiche
Le grand âge Sujet démographique et budgétaire massif, porté par un seul candidat. 22 % de la population a 65 ans ou plus
L'Europe L'écart va de la sortie par l'article 50 au fédéralisme européen. C'est la plus grande amplitude de la campagne, et l'un des sujets les moins traités
Les législatives de juin 2027 Elles suivent la présidentielle et conditionnent tout ce qui pourra être fait. Une partie des stratégies ne se comprend qu'à travers elles

6. Par profil#

La même exigence appliquée à chaque camp : ce qui tient dans votre camp, ce qui n'y tient pas, et les questions qu'on ne vous pose pas.

Lisez la vôtre, puis lisez-en une autre. C'est le seul usage de ce dossier qui ait un intérêt.

Le contrôle de symétrie#

La méthode impose que ce qui est examiné chez l'un le soit chez les autres. Le décompte est donc public :

Profil Points qui tiennent Points qui ne tiennent pas Questions non posées
Rassemblement national 3 4 7
Droite 3 4 7
Bloc central 3 4 7
Gauche 3 4 7
Écologistes 3 4 7

Les cinq profils portent une objection née d'une vérification : Cazeneuve à gauche, Philippe au centre, les Écologistes sur la pauvreté, le plafonnement des aides à droite, et la divergence Le Pen / Bardella au RN.

Les cinq profils de camp sont désormais alignés : 3 points qui tiennent, 4 qui ne tiennent pas, 7 questions. Chacun porte au moins une objection née d'une vérification de chiffre, dans son propre camp.

Un seul cas ne se résorbera pas. Le Rassemblement national n'a publié aucun programme, donc aucune de ses affirmations chiffrées n'est vérifiable. Son profil porte à la place l'objection de la divergence Le Pen / Bardella et celle de l'absence de programme. Cette asymétrie ne tient pas à ce wiki.

L'asymétrie est déclarée, pas dissimulée — et elle est temporaire. Elle se résorbe à mesure que les programmes sont lus. Un cas ne se résorbera pas : le Rassemblement national n'a publié aucun programme, donc aucune de ses affirmations n'est vérifiable. Cette asymétrie-là ne tient pas à ce wiki.

Le profil « si vous ne vous reconnaissez nulle part » suit une structure différente : ce n'est pas un camp, et il n'y a rien à lui reprocher.

Si l'un de ces profils vous paraît plus complaisant ou plus sévère que les autres, c'est un défaut de ce wiki.

Pour creuser#

Sources#

Ce guide ne comportait aucune source propre jusqu'au 26 août 2026. Il en a désormais quatre :

  1. VIGINUM (SGDSN), Protéger le débat public numérique en contexte électoral — guide de sensibilisation à l'attention des équipes de campagne, décembre 2025, 12 pages, TLP:CLEAR (A) — ✅ LU le 26 août 2026 : quatre stratégies de déstabilisation, techniques employées, canaux officiels de signalement et lexique — https://www.sgdsn.gouv.fr/viginum/publications/protection-du-debat-public-numerique-en-contexte-electoral-publication-dun

  2. Sénat, commission d'enquête sur les financements privés de politiques publiques, rapport n° 860, tome II, audition de Mme Isabelle Ryl, directrice de la Paris School of Artificial Intelligence de l'université Paris sciences & lettres, mercredi 10 juin 2026, p. 863 (A — déposition sous serment) — ✅ LUE le 26 août 2026, intégralement : le déplacement du risque des deepfakes vers l'empoisonnement des corpus, le piège de compétence du prompt, et la dépendance économique créée par la mise à disposition gratuite d'outils

  3. Commission européenne, direction générale de la communication, Standard Eurobarometer 105 — Public Opinion in the European Union — Data Annex, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27, questions QA3 et QB10 (A — arbitrage n° 5) — ✅ LU les 26 et 27 août 2026 : le rang des menaces sur la démocratie parmi les préoccupations françaises, et les trois affirmations sur la désinformation qui en corrigent la lecture

  4. Sénat, commission d'enquête sur les financements privés de politiques publiques, rapport n° 860, tome II, tables rondes d'élus locaux, p. 673 et p. 687, et audition de la direction générale de l'enseignement scolaire, p. 13 (A — dépositions sous serment) — ✅ LUES le 26 août 2026 : les quatre marqueurs du voisinage institutionnel, décrits par les élus qui s'y sont laissé prendre

Pour le reste, chaque affirmation renvoie à une fiche de réfutation, une fiche sujet ou une fiche acteur, où les sources sont cotées.

Limites#

  • Les douze réponses prêtes héritent des limites de leurs fiches. Sept d'entre elles ne citent pas d'occurrence datée et attribuée de l'affirmation examinée : elles reconstituent une formulation à partir du débat public.
  • Le dossier des réfutations couvre désormais quatre camps : gauche, écologistes, bloc central, droite. Manque le Rassemblement national, dont aucune affirmation n'est vérifiable faute de programme publié. Cette asymétrie ne tient pas à ce wiki.
  • La fiche sur le plafonnement des aides est la moins bien sourcée du dossier, cotée C là où les trois autres sont cotées A, et son attribution est incertaine.
  • Les questions à poser sont formulées à partir de ce que le wiki a observé, non d'une méthode d'entretien établie.
  • Aucune mesure d'efficacité : rien n'établit que ces réflexes fonctionnent en conversation réelle. La recherche sur la correction des fausses croyances existe et n'a pas été consultée.
  • Le conseil sur le partage n'est pas validé, il est raisonné. Il combine deux constats de VIGINUM qui pointent en sens opposés — la dénonciation comme indicateur de performance, et la disparition d'un dispositif après une parution de presse — avec le critère du RCPE. Aucune étude n'établit que le partage arbitré selon ce critère produit un meilleur résultat qu'un silence systématique ou qu'un signalement systématique.
  • Les signatures ajoutées ne sont pas des invariants. Celle du compte sans passé politique est désormais documentée sur deux dossiers indépendants — Rokh Solis et Storm-1516 —, ce qui la renforce ; les trois autres reposent encore sur un seul. Et toutes décrivent ce que des opérateurs ont fait, pas ce qu'ils feront : un opérateur mieux préparé vieillit ses domaines comme il vieillit ses comptes, et VIGINUM prévient qu'ils font évoluer leurs procédés « pour éviter la détection ».
  • Le lexique est repris d'une source unique, celle de VIGINUM. Ce sont des définitions opérationnelles d'un service de l'État, pas des définitions académiques ; d'autres disciplines les formulent autrement.
  • Les canaux de signalement n'ont pas été testés. Ce guide donne les adresses que VIGINUM publie ; il ne sait pas ce qu'un signalement produit, ni en combien de temps.
  • Ce guide n'outille pas contre l'IA générative, et le dit maintenant. L'audition d'Isabelle Ryl établit que les neuf premières signatures ne mordent pas sur une réponse de modèle génératif. Le seul réflexe donné en face — demander les sources dans le prompt — vient de la même audition et n'a été évalué par personne, pas même par elle.
  • ~~Ce guide est écrit pour des gens que la désinformation préoccupe ; ils sont peu nombreux.~~ Affirmation retirée le 27 août 2026 : elle reposait sur un seul chiffre, mal interprété. 90 % des Français jugent la diffusion de la désinformation problématique pour la démocratie. L'erreur et sa correction sont exposées au § 3 ter plutôt que effacées.
  • Rien n'établit que la confiance des Français à identifier la désinformation soit justifiée ou non. 56 % déclarent que c'est facile pour eux ; aucune source de ce wiki ne l'a testé, et il se garde de supposer que cette confiance serait excessive.
  • L'affirmation selon laquelle les deepfakes influencent peu n'est pas établie. Elle est rapportée parce qu'elle a été faite sous serment par une spécialiste des modèles, qui a elle-même précisé ne pas être spécialiste du comportement. Aucune étude n'a été consultée ici pour la confirmer ni pour l'infirmer.
  • Le rang mesuré de la désinformation dans les préoccupations est un chiffre, pas une explication. Ce guide en tire des conséquences de ton et d'entrée en conversation ; rien n'établit que ces conséquences soient les bonnes, et aucune étude n'a été consultée pour le vérifier.
  • La signature du « voisinage institutionnel » repose sur deux dossiers seulement, tous deux liés au même écosystème de financement. Rien n'établit qu'elle soit répandue, ni qu'elle caractérise un camp plutôt qu'un autre — et ce guide n'a aucun contre-exemple de structure employant les mêmes marqueurs sans rien à cacher, alors qu'il en existe certainement.
  • Les trois vérifications proposées n'ont été testées par personne. Elles sont déduites de ce que des élus ont fait après coup, pas d'une méthode éprouvée.
  • Prochaine piste, en trois branches. D'une part, consulter la littérature sur l'effet de retour de flamme et sur les techniques de préparation à la désinformation, pour vérifier que ce guide ne produit pas l'effet inverse de celui recherché. D'autre part, chercher ce qui a été mesuré sur l'empoisonnement des corpus d'entraînement — c'est le seul mécanisme d'influence cité dans ce guide dont il ne connaisse aucun cas documenté. Enfin, chercher si la série QA3 de l'Eurobaromètre permet de dire depuis quand les menaces sur la démocratie stagnent à ce niveau — une vague ne fait pas une tendance.
  • La onzième signature repose sur un seul dossier, et sur des faits invoqués dans un recours que le juge n'a pas tranché. Le procédé — acheter de l'espace publicitaire dans des applications non politiques, la veille d'un scrutin — est constaté par plusieurs sources ; son imputation ne l'est pas, et son efficacité n'est pas mesurée.