Les États-Unis#
En bref#
Les États-Unis sont, avec la Russie, le second État étranger dont l'action sur le débat politique français soit officiellement qualifiée d'ingérence par l'État français lui-même.
La différence entre les deux dossiers est de nature, et c'est le point central de cette fiche. L'action russe documentée par VIGINUM est clandestine : faux sites, faux témoignages, comptes rémunérés, attribution niée. L'action américaine documentée ici est ouverte, signée et revendiquée : un ambassadeur en poste, une tribune dans un grand quotidien, un discours de vice-président, des restrictions de visas annoncées par communiqué.
Deux fois en six mois, la France a convoqué l'ambassadeur des États-Unis — le 25 août 2025 et le 22 février 2026 — en invoquant explicitement le devoir de non-ingérence dans les affaires intérieures inscrit à la convention de Vienne de 1961. Les deux fois, l'ambassadeur ne s'est pas présenté et a envoyé un subordonné. La seconde fois, la France lui a retiré l'accès direct aux membres du gouvernement.
Ce que cette fiche n'établit pas : aucun soutien américain à un candidat français de 2027, aucun financement, aucune opération informationnelle attribuée. Le lien avec l'élection est structurel, pas opérationnel — il passe par la régulation des plateformes sur lesquelles la campagne se déroulera.
Identité#
| Nature | État étranger, allié de la France depuis 1778, membre de l'OTAN |
| Administration en fonction | Donald Trump, second mandat, depuis janvier 2025 |
| Ambassadeur en France | Charles Kushner, en poste depuis 2025 |
| Ministre français concerné | Jean-Noël Barrot, Europe et affaires étrangères |
| Qualification par l'État français | « Ingérence dans les affaires intérieures de la France » — communiqué du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, août 2025 |
| Fondement invoqué | Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, 1961 — devoir de non-ingérence |
| Cercle | 3.3 — indirect : acteur clairement identifiable, ni candidat ni sponsor direct |
Pourquoi cette fiche est en cercle 3.3, et non 3.4#
Le cahier des charges place dans le cercle 3.3 les acteurs « clairement identifiables » mais ni candidats ni sponsors directs — nommément « les états étrangers ».
Le critère est rempli sans discussion : les faits rapportés ici sont publics, signés et assumés par leurs auteurs. Il n'y a rien à soupçonner. La seule question ouverte est celle de leur effet sur l'élection de 2027, et cette fiche ne prétend pas la trancher.
Ce que l'État français a officiellement qualifié d'ingérence#
C'est le socle de cote A du dossier, et il tient en deux épisodes.
Premier épisode — la tribune de l'ambassadeur, août 2025#
| Le fait | Charles Kushner publie dans le Wall Street Journal une tribune intitulée « A Letter to Emmanuel Macron », reprochant à la France de ne pas traiter une « hausse dramatique de l'antisémitisme » et mettant en cause les critiques françaises de l'offensive israélienne à Gaza |
| La réaction | Convocation au Quai d'Orsay le 25 août 2025 |
| Les termes officiels | Les allégations sont jugées « inacceptables », constituant « une ingérence dans les affaires intérieures de la France » et une présentation « qui ne correspond pas à la réalité » ; le ministère invoque la convention de Vienne de 1961 |
| La suite | L'ambassadeur ne se présente pas. C'est le chargé d'affaires de l'ambassade qui reçoit la notification |
Second épisode — la mort de Quentin Deranque, février 2026#
| Le fait | Quentin Deranque, militant d'extrême droite de 23 ans, meurt à Lyon en février 2026. L'ambassade des États-Unis commente publiquement ce décès sur les réseaux sociaux, et l'administration américaine dénonce la violence politique d'extrême gauche |
| La réaction | Jean-Noël Barrot annonce le 22 février 2026 la convocation de l'ambassadeur, déclarant que la France « refuse toute instrumentalisation » de ce drame et n'a pas de leçons à recevoir de ce qu'il qualifie d'« internationale réactionnaire » |
| La suite | L'ambassadeur ne se présente pas le 23 février, invoquant des engagements personnels, et envoie un représentant de l'ambassade |
| La sanction | Le 24 février 2026, la France retire à Charles Kushner l'accès direct aux membres du gouvernement, en réponse à « une méconnaissance apparente des attentes élémentaires de la mission d'un ambassadeur ». Le ministère précise qu'il lui reste possible de se présenter au Quai d'Orsay |
Restreindre l'accès d'un ambassadeur en poste sans le déclarer persona non grata est une mesure rare, et elle vise l'allié le plus ancien de la France.
Ce wiki n'instruit pas la mort de Quentin Deranque. Les circonstances, la qualification pénale et le stade procédural de l'affaire ne sont pas documentés ici, et la règle sur les personnes interdit d'en dire davantage sans pièces. Ce qui est établi, et seulement cela : un décès, un commentaire officiel américain, une convocation française.
La campagne contre la régulation européenne du numérique#
C'est le volet qui touche le plus directement le déroulement d'une campagne électorale, puisqu'il porte sur les règles applicables aux plateformes où elle se joue.
| Date | Fait | Nature |
|---|---|---|
| Février 2025 | J. D. Vance, vice-président, déclare à la Conférence de sécurité de Munich que la modération des contenus dans l'Union européenne relève d'une « censure autoritaire » | Discours public |
| Début 2025 | Des collaborateurs du vice-président demandent à un service du département d'État de documenter la « censure » exercée par les régulateurs européens | Rapporté par la presse |
| Décembre 2025 | La Commission européenne inflige à X une amende de 120 millions d'euros (environ 140 millions de dollars) pour manquements au règlement sur les services numériques (DSA). J. D. Vance condamne l'amende avant même son annonce | Décision européenne et réaction américaine |
| Décembre 2025 | Le département d'État annonce des restrictions de visas contre cinq responsables européens et dirigeants d'ONG, accusés d'avoir contraint des plateformes à censurer la parole d'Américains | Mesure administrative américaine visant nommément des Européens |
| 2026 | La Commission européenne annonce renforcer l'application du DSA et du DMA, malgré les menaces de droits de douane. Une vice-présidente de la Commission déclare : « Nous n'allons pas revenir sur nos règles simplement parce qu'elles ne leur plaisent pas. » | Position européenne |
| 20 mars 2026 | Le Washington Post publie une enquête sur la campagne de l'administration américaine contre les restrictions de contenus en Europe | Enquête de presse — non lue par ce wiki |
Le fait le plus significatif de ce tableau est celui de décembre 2025 : un gouvernement allié a pris des mesures administratives individuelles contre des fonctionnaires européens à raison de l'exercice de leurs fonctions de régulation. Ce n'est pas une prise de position, c'est une sanction.
Pourquoi cela concerne l'élection de 2027#
Le lien est indirect mais il est réel, et il faut le formuler précisément sans le surestimer :
- Le DSA est l'instrument par lequel l'Union européenne peut contraindre une plateforme à agir contre la manipulation de l'information pendant une campagne électorale. C'est le cadre juridique qui s'appliquerait à une opération comme Storm-1516 ou Matriochka.
- Affaiblir ce cadre revient à réduire les moyens juridiques dont disposera la France en 2027, quelle que soit l'origine des opérations visées.
- Les plateformes concernées sont celles que documente la fiche plateformes numériques : elles sont devenues un point d'entrée majeur vers l'actualité.
Ce raisonnement est une inférence de ce wiki, pas un fait établi. Aucune source consultée n'établit que l'administration américaine agisse en vue de l'élection française. L'enchaînement décrit est structurel : il vaudrait à l'identique pour toute élection européenne.
Ce que cette fiche n'établit pas#
Cette section importe autant que les précédentes, parce que le dossier américain appelle des raccourcis.
| Affirmation qui circule | Statut ici |
|---|---|
| Les États-Unis soutiendraient un candidat français de 2027 | Non établi. Aucune source consultée ne documente un soutien, une préférence exprimée ou un contact avec un candidat |
| Les États-Unis financeraient un parti ou une campagne en France | Non établi, et le financement étranger des campagnes est interdit par le code électoral |
| Une opération informationnelle américaine viserait la France | Non établi. VIGINUM n'a rendu public aucun rapport de cette nature |
| Le retrait d'accès de l'ambassadeur serait une rupture diplomatique | Non. Le ministère précise expressément que la mission de l'ambassadeur peut continuer |
| L'« internationale réactionnaire » désignerait une organisation | Non. C'est une formule politique du ministre français, pas la désignation d'une entité |
Une dissymétrie doit être énoncée pour ne pas tromper le lecteur : cette fiche documente un État dont les actions sont publiques et donc faciles à recenser. La fiche Storm-1516 documente un État dont les actions sont clandestines et donc difficiles à établir. Le volume de faits rapportés ne mesure pas l'intensité de l'ingérence — il mesure d'abord sa visibilité.
L'image du pays dans l'opinion française, mesurée#
Ce wiki documentait des opérations, des procédures et des déclarations. Il n'avait aucune mesure de la manière dont le pays est perçu en France. Il en a une, de cote A : l'Eurobaromètre standard n° 105, question QB14, terrain du 12 mars au 5 avril 2026.
| Pays | France : image positive | Évol. | France : image négative | Évol. | UE27 : négative |
|---|---|---|---|---|---|
| La Russie | 16 % | +3 | 76 % | −5 | 83 % |
| Les États-Unis | 22 % | −13 | 71 % | +11 | 73 % |
| La Chine | 34 % | +1 | 55 % | −4 | 61 % |
| Pour comparaison — l'Inde | 47 % | — | 36 % | — | 41 % |
Trois constats, et le premier est le plus frappant#
1. En France, cinq points séparent l'image négative des États-Unis (71 %) de celle de la Russie (76 %). Ce sont les deux pays les plus mal perçus du tableau, presque à égalité.
2. L'image des États-Unis s'effondre de treize points en cinq mois — c'est le plus fort mouvement de toute cette enquête, et il est européen : l'UE27 recule de treize points elle aussi, avec quatorze points de négatif en plus. Ce wiki n'a aucune source expliquant ce mouvement et ne propose aucune hypothèse.
3. La France est systématiquement moins négative que la moyenne européenne : sept points d'écart sur la Russie (76 contre 83), six sur la Chine (55 contre 61), deux sur les États-Unis. La Chine y a une image plus positive que les États-Unis — 34 % contre 22 %.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ils ne mesurent pas l'influence, ni son succès. Une opinion négative d'un pays ne dit rien de la capacité de ce pays à peser sur un débat — et une opinion favorable ne prouve aucune opération.
Ils ne portent pas sur les gouvernements mais sur les pays, ce qui recouvre des choses très différentes selon les répondants.
Ils sont datés de mars-avril 2026 et un item a bougé de treize points en cinq mois. Sur ce type de mesure, l'ancienneté est une limite de premier ordre.
Le point qui concerne directement cette fiche : l'image des États-Unis en France s'effondre de treize points en cinq mois, pour atteindre 71 % d'image négative — soit cinq points seulement de moins que la Russie. C'est le mouvement le plus violent de toute l'enquête, et il est européen autant que français. Ce wiki ne l'explique pas : aucune de ses sources n'en propose la cause, et il se garde d'en inventer une.
Pour creuser#
- Storm-1516 — l'ingérence russe, établie par VIGINUM : le contraste de méthode
- Matriochka — l'amplification et le harcèlement des vérificateurs
- Les plateformes numériques — le terrain que le DSA régule
- La Russie · La Chine — les deux autres États nommés par le cahier des charges
- Les acteurs — cercle 3.3
- Les institutions — le répertoire des influences étrangères, instrument légal français depuis 2024
- France Diplomatie — allégations de l'ambassadeur sur l'antisémitisme en France
Sources#
0 quinquies. Commission européenne, Standard Eurobarometer 105 — Data Annex, question QB14 — « À propos de chacun des pays suivants, en avez-vous une image positive ou négative ? », terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27 (A — arbitrage n° 5) — ✅ LU le 27 août 2026, pages 211 à 218 de l'annexe
- Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, « États-Unis — Allégations de l'ambassadeur sur l'antisémitisme en France » (A — communiqué officiel de l'État français) — qualification d'ingérence dans les affaires intérieures, invocation de la convention de Vienne de 1961 — https://www.diplomatie.gouv.fr/en/presse-et-ressources/decouvrir-et-informer/actualites/etats-unis-allegations-de-l-ambassadeur-sur-l-antisemitisme-en-france
- France 24, « Antisémitisme : l'ambassadeur américain en France convoqué après ses accusations "inacceptables" », 24 août 2025 (C — audiovisuel extérieur public français) — https://www.france24.com/fr/france/20250824-france-convoque-ambassadeur-am%C3%A9ricain-paris-apr%C3%A8s-propos-sur-antis%C3%A9mitisme-charles-kushner-critiques-absence-action-inacceptables
- Franceinfo, « Convoqué par le Quai d'Orsay, l'ambassadeur américain en France a envoyé son chargé d'affaires à sa place » (C — audiovisuel public) — https://www.franceinfo.fr/societe/antisemitisme/convoque-par-le-quai-d-orsay-l-ambassadeur-americain-en-france-a-envoye-son-charge-d-affaires-a-sa-place_7454392.html
- PBS NewsHour (C — service public américain, groupe distinct des sources 2 et 3) — https://www.pbs.org/newshour/world/france-summons-u-s-ambassador-kushner-to-paris-over-antisemitism-allegations
- France 24, « Paris convoque l'ambassadeur américain après ses propos sur la mort de Quentin Deranque », 22 février 2026 (C) — https://www.france24.com/fr/france/20260222-paris-convoque-l-ambassadeur-am%C3%A9ricain-apr%C3%A8s-ses-propos-sur-la-mort-de-quentin-deranque
- France 24, « L'ambassadeur américain Charles Kushner sanctionné pour ne pas s'être présenté au Quai d'Orsay », 23 février 2026 (C) — https://www.france24.com/fr/france/20260223-l-ambassadeur-am%C3%A9ricain-charles-kushner-ne-s-est-pas-pr%C3%A9sent%C3%A9-%C3%A0-une-convocation-du-quai-d-orsay
- Al Jazeera, « France restricts US ambassador's access to officials after summons no-show », 24 février 2026 (C — groupe qatarien, indépendant des sources françaises et américaines) — https://www.aljazeera.com/news/2026/2/24/france-restricts-us-ambassadors-access-to-officials-after-summons-no-show
- NPR (C — radio publique américaine) — https://www.npr.org/2026/02/24/g-s1-111302/france-spat-with-us-ambassador
- CSIS, « Does the EU's Digital Services Act Violate Freedom of Speech? » (B — centre de recherche américain reconnu) — https://www.csis.org/blogs/europe-corner/does-eus-digital-services-act-violate-freedom-speech
- IFRI, « Trump II contre la gouvernance du numérique : une croisade aux États-Unis et en Europe » (B — institut français de recherche reconnu) — https://www.ifri.org/fr/etudes/trump-ii-contre-la-gouvernance-du-numerique-une-croisade-aux-etats-unis-et-en-europe
- Washington Post, « Inside the Trump administration's campaign to counter content bans in Europe », 20 mars 2026 (C) — NON LU, cité pour son existence — https://www.washingtonpost.com/technology/2026/03/20/trump-eu-dsa-censorship/
- NBC News (C) — amende infligée à X au titre du DSA — https://www.nbcnews.com/world/europe/elon-musk-x-european-union-fine-content-regulations-misinformation-rcna247498
- Public Sénat, « Régulation du numérique : vers un nouveau bras de fer entre Donald Trump et les Européens » (C — chaîne parlementaire publique) — https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/regulation-du-numerique-vers-un-nouveau-bras-de-fer-entre-donald-trump-et-les-europeens
Non-circularité. Les faits des deux convocations sont établis par des sources relevant de quatre ensembles indépendants : l'État français (source 1, cote A), l'audiovisuel public français (2, 3, 5, 6), la presse publique américaine (4, 8) et un groupe non occidental (7). Le seuil de la règle de non-circularité est largement dépassé.
Limites#
- L'image d'un pays n'est pas une mesure de son influence, et cette fiche ne les confond pas. Les chiffres de l'Eurobaromètre disent ce que déclarent des répondants sur un pays, à une date — ni l'existence d'opérations, ni leur effet.
- La question porte sur le pays, pas sur son gouvernement, distinction que les répondants font vraisemblablement de manières très différentes.
-
Les valeurs datent de mars-avril 2026, et l'un des items a bougé de treize points en cinq mois. Sur cette mesure, l'ancienneté est une limite de premier ordre, et elle s'aggravera après le gel de ce wiki.
-
Le montant de l'amende infligée à X n'est pas certain. Les sources consultées donnent 120 millions d'euros et 140 millions de dollars — vraisemblablement le même montant converti, mais ce wiki n'a pas lu la décision de la Commission et ne peut pas l'affirmer.
- La liste des cinq responsables européens visés par des restrictions de visas n'est pas connue. Ni leurs noms, ni leurs fonctions, ni la base juridique invoquée. C'est la lacune la plus importante de cette fiche, car il s'agit du fait le plus grave qu'elle rapporte.
- La tribune de Charles Kushner dans le Wall Street Journal n'a pas été lue. Son contenu est connu par les comptes rendus qui en sont faits, y compris par le ministère français. Un texte cité par ses critiques n'est pas un texte lu.
- Le rapport du Washington Post du 20 mars 2026 n'a pas été lu, non plus que l'étude de l'IFRI ni celle du CSIS, qui sont pourtant les deux analyses de fond disponibles.
- Aucun élément ne relie l'action américaine à un candidat français. Le raisonnement reliant l'affaiblissement du DSA aux conditions de la campagne de 2027 est une inférence de ce wiki, explicitement signalée comme telle.
- Le dossier des droits de douane n'est pas traité, alors qu'il est le principal levier de pression invoqué et qu'il porte sur des sujets — industrie, agriculture, souveraineté — qui sont des thèmes de campagne.
- La mort de Quentin Deranque n'est pas instruite : ni les circonstances, ni la qualification pénale, ni le stade procédural. Cette fiche ne rapporte que le fait du décès, le commentaire américain et la convocation française.
- Aucune source de cote A américaine n'a été consultée — ni communiqué du département d'État, ni transcription du discours de Munich, ni décision de la Commission européenne. Le déséquilibre est net : l'État français est cité à la source, l'État américain par la presse.
- Prochaine piste : obtenir la liste nominative des cinq responsables européens visés par les restrictions de visas de décembre 2025, et lire la décision de la Commission européenne sanctionnant X — les deux sont des documents publics.