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Ukraine, Russie et défense#

En bref#

Le budget de la Défense atteint 57,1 milliards d'euros hors pensions en 2026, en hausse de 6,7 milliards sur un an. La loi de programmation militaire, dotée de 413,3 milliards à l'origine, a été actualisée en avril 2026 avec 36 milliards supplémentaires, portant le total à 441,6 milliards sur 2024-2030. L'aide française à l'Ukraine dépasse 3,8 milliards d'aide militaire et 2,2 milliards d'aide civile.

C'est le sujet le plus délicat de ce wiki. Il croise le seul dossier d'ingérence documenté de la campagne — les opérations Storm-1516 ont pour objectif stratégique déclaré par VIGINUM de mettre fin à l'aide occidentale à l'Ukraine. Cette proximité impose une discipline particulière, exposée plus bas.


Ajout du 25 août 2026. Le procès-verbal des votes par appel nominal du Parlement européen du 11 février 2026 a été obtenu. Il positionne toutes les familles politiques françaises sur l'aide à l'Ukraine, nominativement et en cote A :

  • CONTRE : le Rassemblement national, seule formation française dans ce cas ;
  • ABSTENTION : Les Républicains, Reconquête ! et La France insoumise ;
  • POUR : Renaissance, le Parti socialiste et Place publique, Les Écologistes.

Le clivage n'est donc pas gauche-droite, et l'abstention réunit des formations que le débat public range dans des camps opposés.

État des faits#

Le budget de la défense#

Données de cote A : ministère des Armées, Sénat, projets de loi de finances.

Indicateur Valeur
Mission Défense 2026, hors pensions 57,1 milliards d'euros
Hausse sur un an +6,7 milliards, dont 3,5 milliards de « surge » en 2026
LPM 2024-2030, enveloppe initiale 413,3 milliards d'euros
Actualisation d'avril 2026 +36 milliards jusqu'en 2030, dont 10 milliards sur 2026-2027
Total actualisé, crédits budgétaires 2024-2030 435,7 milliards
Total avec ressources extrabudgétaires 441,6 milliards

Point de repère. Les 57,1 milliards de la Défense sont inférieurs à la charge de la dette (59,3 milliards la même année) et inférieurs à la mission Enseignement scolaire — voir la fiche dette. Ce classement est régulièrement mal cité dans les deux sens.

L'aide française à l'Ukraine#

Volet Montant Période
Équipements militaires livrés 2,615 milliards d'euros 24 février 2022 – 31 décembre 2023
Versements à la Facilité européenne pour la paix 1,2 milliard même période
Total militaire plus de 3,8 milliards même période
dont 2022 1,7 milliard —
dont 2023 2,1 milliards —
2024, prévu par l'accord de coopération de février jusqu'à 3 milliards —
Contribution à la Facilité européenne pour la paix près de 1,3 milliard fin 2024, soit 18 % du total — 2ᵉ contributeur —
Aide civile près de 2,2 milliards depuis 2022
dont aide humanitaire plus de 434 millions au 1ᵉʳ septembre 2024

Les réservistes, point de comparaison utile#

Indicateur Valeur
Effectif au 31 décembre 2024 43 794 réservistes
Objectif de la LPM pour 2030 80 000
Objectif pour 2035 105 000, soit un réserviste pour deux militaires d'active

Ce qui n'est pas établi#

  • L'efficacité comparée des différentes formes d'aide à l'Ukraine.
  • Le coût d'une sortie de l'OTAN, dans ses conséquences budgétaires et opérationnelles.
  • La faisabilité d'une dissuasion européanisée ou partagée, évoquée par plusieurs candidats.
  • L'effet réel des opérations d'ingérence sur l'opinion française. VIGINUM constate des niveaux de visibilité faibles, mais ne mesure pas l'effet.

Une discipline particulière, et pourquoi#

Ce sujet est le seul où les positions des candidats recoupent l'objectif déclaré d'une puissance étrangère. Trois règles s'appliquent, et elles découlent directement des deux ennemis de ce wiki.

1. Une convergence n'est pas une coordination. Qu'une position politique coïncide avec un objectif russe n'établit aucun lien avec la Russie. Des citoyens et des responsables français peuvent défendre le non-alignement, la sortie de l'OTAN ou l'arrêt de l'aide pour des raisons entièrement françaises et anciennes.

2. L'accusation d'ingérence se prouve, comme le reste. « C'est une manipulation russe » est un argument qui peut être employé à tort. Il ne vaut que produit et sourcé.

3. Le silence n'est pas une option. Ne pas documenter les positions prorusses parce que le sujet est inflammable relèverait de l'obscurantisme — le premier ennemi nommé. Ce qui est documenté est rapporté, avec son stade.

Ce que les Français en pensent, mesuré — et une gradation nette#

Cette fiche s'imposait trois règles de discipline parce qu'elle n'avait aucune mesure de l'opinion. Elle en a une, de cote A : l'Eurobaromètre standard n° 105 de la Commission européenne, terrain du 12 mars au 5 avril 2026, 26 415 entretiens dans l'UE27.

Le résultat central n'est pas un chiffre, c'est une gradation. Il n'y a pas « une opinion française sur l'Ukraine » : il y a cinq soutiens très différents selon ce qu'on demande.

Les cinq actions de l'Union, classées par adhésion (question QD2)#

Action France, d'accord Évol. Pas d'accord UE27, d'accord
Accueillir les personnes fuyant la guerre 82 % +3 14 % 80 %
Apporter un soutien financier et humanitaire à l'Ukraine 69 % −4 27 % 75 %
Sanctions économiques contre le gouvernement, les entreprises et les personnes russes 67 % −4 22 % 70 %
Financer l'achat et la fourniture d'équipements militaires 52 % −1 41 % 56 %
Accorder à l'Ukraine le statut de candidat à l'adhésion 46 % −7 44 % 57 %

Trois faits en découlent, et aucun ne peut être résumé par « les Français soutiennent » ou « les Français ne soutiennent plus » :

  1. L'accueil des réfugiés est l'action la mieux soutenue, et la seule qui progresse. À 82 %, elle dépasse la moyenne européenne — dans un pays où l'immigration est un thème central de campagne. Les deux sujets ne se recouvrent pas, et ce wiki n'établit aucun lien entre eux.
  2. L'armement est le point de bascule : 52 % contre 41 %, la majorité la plus étroite du tableau, et quatre points sous la moyenne européenne.
  3. La candidature à l'adhésion est le seul item où la France n'a plus de majorité claire — 46 contre 44, à l'intérieur de toute marge d'erreur plausible — et c'est le plus fort recul du tableau, −7 points en cinq mois. L'écart avec l'UE27 y atteint onze points.

La perception de la menace, et son recul#

Affirmation (question QD3) France, d'accord Évol. UE27 Écart
La coopération européenne en matière de défense devrait être renforcée 77 % −4 80 % −3
L'UE devrait soutenir l'Ukraine jusqu'à une paix juste et durable 74 % −4 76 % −2
L'invasion russe est une menace pour la sécurité de l'UE 68 % −7 76 % −8
Plus d'argent devrait être consacré à la défense dans l'UE 64 % +4 64 % 0
L'invasion russe est une menace pour la sécurité de la France 62 % −9 70 % −8

Le mouvement le plus net du tableau est un recul de la perception de la menace : −7 points pour la menace sur l'Union, −9 pour la menace sur la France, en cinq mois. Et pourtant le soutien à une dépense de défense accrue progresse de quatre points sur la même période.

Ce wiki ne réconcilie pas les deux mouvements et ne propose aucune explication. Il note qu'ils sont mesurés par la même enquête, sur le même échantillon, et qu'ils vont en sens inverse.

Un chiffre de cadrage, enfin, qui vaut d'être isolé (question QB13) : 80 % des Français se déclarent préoccupés par la sécurité et la défense de l'Union dans les cinq prochaines années, dont 28 % « très préoccupés » — exactement le niveau européen, à un point près.

La satisfaction sur la réponse apportée — un rattrapage à noter#

Satisfaction quant à la réponse à l'invasion (question QD1) France Évol. UE27
…par l'Union européenne 51 % +8 55 %
…par le gouvernement français 49 % +12 54 %

Ces deux hausses sont parmi les plus fortes de toute l'enquête, et elles vont dans le même sens que la remontée générale de confiance constatée dans la fiche institutions. Elles restent l'une et l'autre sous la moyenne européenne.

Les trois règles de discipline de cette fiche s'appliquent à ces chiffres

Ils ne disent pas qui a raison. Soutenir ou non l'envoi d'équipements militaires est une position politique, pas un fait vérifiable, et cette fiche n'en évalue aucune.

Ils ne disent pas non plus ce que feront les électeurs. Une opinion mesurée en mars 2026 n'est pas un vote en avril 2027, et aucune des sources de ce wiki n'établit de lien entre les deux.

Et ils sont datés. Sur un sujet où les positions bougent avec les événements, un écart de cinq mois a produit jusqu'à neuf points de variation. Toute lecture de ces chiffres après l'été 2026 doit tenir compte de ce que ce wiki ignore.

Pénétration dans le grand public#

Cette fiche n'avait aucune section de ce type — elle était la seule fiche sujet dans ce cas. Elle en a une depuis le 26 août 2026, et elle porte un résultat inattendu.

Enjeux correspondants, Eurobaromètre n° 105 « Sécurité et défense » · « L'invasion de l'Ukraine par la Russie »
Cités en France 9 % (stable) · 7 % (évol. +3)
Cités dans l'UE27 12 % · 9 %
Cité personnellement (question QA4) 4 % (évol. +1) — UE27 : 8 %. Item « Sécurité et défense »
Niveau de connaissance moyen non mesuré — aucune source consultée ne le mesure
Base de cette mesure Commission européenne, Eurobaromètre standard n° 105, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27, question QA3, deux réponses maximum dans une liste fermée (A — arbitrage n° 5)

Les deux items sont sous la moyenne européenne — de trois points et de deux points. C'est d'autant plus notable que, dans la même série d'enquêtes, la France est le pays de l'Union où la perception d'une menace pour la sécurité est la plus élevée.

Ce wiki ne tranche pas cette apparente contradiction et n'en propose aucune explication : percevoir une menace et la citer parmi ses deux préoccupations principales sont deux mesures différentes, et rien dans les sources consultées ne relie les deux.

Ce que ce chiffre mesure exactement : la part des répondants qui placent cet enjeu dans leurs deux premières priorités pour le pays, dans une liste fermée. Ce n'est pas une mesure de l'intérêt porté au sujet. Depuis l'arbitrage n° 5 du 27 août 2026, l'enquête est de cote A et peut fonder une affirmation sur l'opinion — voir l'opinion française, mesurée pour le classement complet, les écarts France-UE et les réserves de lecture.

Diversions et angles de détournement#

Diversion Mécanisme Réponse courte
« L'argent de l'Ukraine manque aux Français » Oppose deux budgets sans les comparer 3,8 milliards d'aide militaire sur deux ans, contre 57,1 milliards de budget annuel de la Défense et 59,3 de charge de la dette
Confondre sortie de l'OTAN et rupture avec l'Occident Deux positions distinctes Le retrait du commandement intégré a un précédent français, de 1966 à 2009
Confondre soutien à l'Ukraine et cobelligérance Deux régimes juridiques différents La distinction est de droit international, pas d'opinion
« C'est une manipulation russe » employé sans preuve Disqualifie une position au lieu de la discuter L'attribution se prouve — VIGINUM le fait, avec des niveaux de confiance déclarés
Le budget de la Défense présenté comme le premier poste Il est troisième, derrière l'enseignement scolaire et la charge de la dette 57,1 milliards contre 59,3 pour les intérêts de la dette

Angles par acteur#

Soutien à l'Ukraine et maintien dans l'OTAN#

Acteur Position Source
Raphaël Glucksmann Soutien appuyé à l'Ukraine, axe central de sa candidature. Travaux au Parlement européen sur les ingérences étrangères Notice, presse
Bernard Cazeneuve Rester dans l'OTAN « sans rien y abdiquer » ; réarmer à proportion de la menace ; consolider l'industrie de défense ; ouvrir une réflexion sur l'apport de la dissuasion française, y compris avec le Royaume-Uni ; coordonner la protection antimissile ; réserve citoyenne élargie. Constat posé : la protection américaine « n'est plus garantie » Programme lu
Édouard Philippe Réservistes de 45 000 à 250 000 ; service volontaire de 3 000 à 50 000 places par an ; 700 000 obus par an ; doubler les navires aux Antilles Site de campagne lu

Non-alignement et sortie de l'OTAN#

Acteur Position Source
Jean-Luc Mélenchon Se retirer immédiatement du commandement intégré de l'OTAN, puis par étapes de l'organisation elle-même. Action internationale non alignée, refus de la doctrine du « choc des civilisations ». Les alliances militaires permanentes sont jugées contraires aux intérêts et aux principes du pays Programme lu

Positions prorusses ou ambiguës documentées#

Conformément à la règle sur les allégations, chaque élément porte son stade.

Acteur Élément Stade
Éric Zemmour « Sympathies prorusses », critique de l'interventionnisme américain Caractérisation par une source de cote B, non vérifiée contre des déclarations datées
Francis Lalanne Position prorusse depuis le début de la guerre ; sortie de l'OTAN Caractérisation par la presse, sans verbatim ni date
Jordan Bardella Position qualifiée d'« ambiguë » par ses biographes. A voté contre le prêt européen de 90 milliards à l'Ukraine le 11 février 2026 ✅ COTE A depuis le 25 août 2026 — son nom figure nominativement dans les 140 voix contre du procès-verbal officiel, groupe PfE. La caractérisation est remplacée par un fait. La justification publique du RN est donnée ci-dessous
Ségolène Royal Propos de 2022 mettant en doute des crimes de guerre en Ukraine et évoquant une « propagande de guerre par la peur » Faits établis et documentés. Elle affirme n'avoir « jamais nié les crimes de guerre », s'excuse « auprès des victimes si elles l'ont cru » et déclare ses propos coupés au montage. Les deux versions sont rapportées
Marine Le Pen Non documentée sur ce sujet par ce wiki. Aucun programme publié —

Un scrutin qui situe les positions#

Ce n'est pas un vote mais trois, et le communiqué officiel les distingue.

Texte Pour Contre Abstentions
Prêt de soutien à l'Ukraine 458 140 44
Modification de la Facilité pour l'Ukraine 473 140 32
Modification du cadre financier pluriannuel 2021-2027 490 130 32

Le contenu du prêt, tel que le Parlement le décrit : 30 milliards d'euros d'assistance macro-financière et de soutien budgétaire, 60 milliards pour le renforcement des capacités de défense.

La procédure employée est la coopération renforcée — la Tchéquie, la Hongrie et la Slovaquie ayant choisi de ne pas soutenir le prêt, c'est-à-dire faute d'unanimité — et le Parlement a recouru à sa procédure d'urgence.

Comment chaque famille politique française a voté — cote A#

Le procès-verbal des votes par appel nominal a été obtenu le 25 août 2026 par recours humain, après deux échecs d'extraction automatique. C'est la source la plus précieuse de cette fiche : un seul scrutin y positionne toutes les familles politiques françaises sur l'aide à l'Ukraine, nominativement.

Formation française Groupe européen Vote
Rassemblement national — dont Jordan Bardella, Thierry Mariani, Jean-Paul Garraud, Malika Sorel-Sutter PfE CONTRE
Les Républicains — François-Xavier Bellamy, Nadine Morano, Isabelle Le Callennec, Céline Imart PPE ABSTENTION
Reconquête ! et apparentés — Marion Maréchal, Guillaume Peltier, Laurence Trochu, Nicolas Bay ECR ABSTENTION
La France insoumise — Manon Aubry, Rima Hassan, Younous Omarjee, Marina Mesure, Emma Fourreau, Anthony Smith, Damien Carême The Left ABSTENTION
Parti socialiste et Place publique — Raphaël Glucksmann, Aurore Lalucq, Chloé Ridel, Christophe Clergeau S&D POUR
Renaissance — Valérie Hayer, Nathalie Loiseau, Pascal Canfin, Bernard Guetta, Sandro Gozi Renew POUR
Les Écologistes — David Cormand, Mounir Satouri, Marie Toussaint, Majdouline Sbaï Verts/ALE POUR

Le résultat le plus important de ce tableau n'est pas le vote du RN — c'est l'échelle qu'il révèle.

Le Rassemblement national est la seule formation française à avoir voté contre. Les Républicains, Reconquête ! et La France insoumise se sont abstenus. Le bloc central, les socialistes et les écologistes ont voté pour.

Trois observations, et ce wiki n'en tire aucun jugement :

  1. L'abstention n'est pas l'opposition. Trois formations que le débat public range dans des camps opposés — LR, Reconquête !, LFI — ont fait le même geste. Les motifs diffèrent certainement ; le vote enregistré est identique.
  2. Le clivage n'est pas gauche-droite. Il sépare, d'un côté, RN seul ; de l'autre, un bloc allant de Renaissance aux Écologistes en passant par le PS ; et au milieu, une abstention qui réunit la droite républicaine, l'extrême droite non-RN et la gauche radicale.
  3. Un piège de lecture à signaler : Christophe Bay (PfE, a voté contre) et Nicolas Bay (ECR, s'est abstenu) sont deux personnes différentes. Les confondre inverserait le sens d'un vote.

La justification du Rassemblement national#

La justification donnée par le parti doit être rapportée avec le vote, faute de quoi l'information serait tronquée :

Le RN déclare ne pas refuser de soutenir l'Ukraine, mais critiquer la structure du mécanisme de prêt, dénonçant des « dérogations trop larges » permettant des achats d'armements hors d'Europe.

Ce wiki ne se prononce ni sur la sincérité ni sur le bien-fondé de cette objection. Il note qu'elle est de nature industrielle et budgétaire, et qu'elle ne porte pas sur le principe du soutien. Rapporter le vote sans la justification, ou la justification sans le vote, produirait dans les deux cas une image fausse.

Ce qui reste non établi : les motifs des abstentions de LR, de Reconquête ! et de LFI. Le procès-verbal enregistre des votes, pas des raisons — et ce wiki n'a pas cherché les explications de vote de ces trois formations. Une abstention peut exprimer une réserve technique, un désaccord de fond ou un embarras politique ; rien ici ne permet de trancher.

Ce scrutin est utile à deux titres. Il date et chiffre un clivage que le débat français traite en termes vagues. Et il illustre concrètement l'enjeu de la règle d'unanimité, que Bernard Cazeneuve propose de supprimer — voir la fiche Europe.

Le croisement avec les ingérences documentées#

Les trois candidats visés depuis fin juillet 2026 par les opérations Storm-1516 — Attal, Philippe, Glucksmann — sont tous pro-européens et favorables au soutien à l'Ukraine. C'est cohérent avec l'objectif stratégique déclaré par VIGINUM.

Ce constat ne dit rien de la complicité de qui que ce soit d'autre, et aucune source ne l'avance. VIGINUM souligne au contraire que ces narratifs sont repris « de manière inconsciente ou opportuniste » par des personnalités de premier plan : la reprise de bonne foi est le mode de diffusion principal, pas l'exception.

Calendrier probable#

Projection. Le sujet est le plus dépendant de l'actualité extérieure de toute la campagne : une évolution du conflit, un changement de posture américaine ou une opération d'ingérence de grande ampleur peuvent le faire remonter sans préavis. C'est le seul sujet de ce wiki dont l'agenda ne dépend pas des candidats français.

Affirmations en circulation#

Affirmation État
« Attal a la maladie de Parkinson » Non étayé — récit rattaché à Storm-1516
« Un échange Epstein–Brunel met en cause Emmanuel Macron » Réfuté — opération documentée par VIGINUM
« L'aide à l'Ukraine coûte X aux Français » À ouvrir — les chiffres de cette fiche permettent de la traiter
Les récits visant Philippe et Glucksmann À ouvrir

Pour creuser#

Sources#

0 quater. Commission européenne, Standard Eurobarometer 105 — Data Annex, questions QB13, QD1, QD2 et QD3, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27 (A — arbitrage n° 5) — ✅ LU le 27 août 2026, pages 210 et 256 à 273 de l'annexe

0 ter. Commission européenne, direction générale de la communication, Standard Eurobarometer 105 — Public Opinion in the European Union — Data Annex, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27, question QA3 (A) — ✅ LU le 26 août 2026 — dépouillement complet et réserves dans l'opinion française, mesurée

  1. Ministère des Armées, loi de programmation militaire 2024-2030 et son actualisation (A) — https://www.defense.gouv.fr/ministere/politique-defense/loi-programmation-militaire-2024-2030
  2. Ministère des Armées, « Actualisation de la LPM : la France intensifie son effort de réarmement » (A) — https://www.defense.gouv.fr/actualites/actualisation-lpm-france-intensifie-son-effort-rearmement
  3. Ministère des Armées, projet de loi de finances des Armées 2026 (A) — https://www.defense.gouv.fr/ministere/politique-defense/loi-programmation-militaire-2024-2030/projet-loi-finances-armees-2026-lpm-annee-3
  4. Sénat, rapport sur l'actualisation de la programmation militaire (A) — https://www.senat.fr/rap/a25-654/a25-654_mono.html
  5. Ministère des Armées, bilan du soutien français à l'Ukraine (A) — https://www.defense.gouv.fr/actualites/soutien-france-lukraine-quel-bilan-debut-guerre
  6. Sénat, réponses aux questions écrites sur le bilan de l'aide militaire à l'Ukraine (A) — https://www.senat.fr/questions/base/2024/qSEQ240209974.html
  7. VIGINUM (SGDSN), fiche technique du 6 février 2026 (A) 7 bis. Parlement européen, « Le Parlement approuve un prêt de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine », 11 février 2026 (A) — https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20260206IPR33903/le-parlement-approuve-un-pret-de-90-milliards-d-euros-en-faveur-de-l-ukraine 7 ter. Parlement européen, « La coopération renforcée pour un prêt de 90 milliards à l'Ukraine approuvée » (A) — https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20260116IPR32446/la-cooperation-renforcee-pour-un-pret-de-90-milliards-a-l-ukraine-approuvee 7 bis bis. Parlement européen, Procès-verbal — Résultats des votes par appel nominal, séance du 11 février 2026, document PV-10-2026-02-11-RCV_FR, 29 pages (A — document officiel du Parlement européen) — ✅ OBTENU par recours humain et LU le 25 août 2026, après deux échecs d'extraction automatique. Scrutin 1.1, C10-0005/2026 : 458 pour, 140 contre, 44 abstentions, liste nominative complète — https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/PV-10-2026-02-11-RCV_FR.pdf 7 quater. La Libre (C — quotidien belge, indépendant des sources françaises), 11 février 2026 — vote du RN contre le prêt — https://www.lalibre.be/international/europe/guerre-ukraine-russie/2026/02/11/le-parlement-europeen-approuve-le-pret-de-90-milliards-a-lukraine-UUHAACIT45FSXAQUPT5Z4OZ3LA/ 7 quinquies. Parlons-politique (C) — vote du RN et de Jordan Bardella, et la justification publique du parti — https://www.parlons-politique.fr/union-europeenne/pret-europeen-de-90-milliards-a-lukraine-vote-du-11-fevrier-jordan-bardella-et-le-rn-votent-contre-declenchant-une-forte-polemique_8039/
  8. Programmes lus : L'Avenir en commun (LFI, 2025), « Lettre aux Français » (Cazeneuve), site de campagne d'Édouard Philippe — cote D, sources partisanes

Limites#

  • La marge d'erreur française de l'Eurobaromètre n'est pas connue. Sur les items où l'écart entre « d'accord » et « pas d'accord » est de deux points — la candidature de l'Ukraine —, rien ne permet de dire qu'une majorité se dégage.
  • Les évolutions portent sur cinq mois, entre deux vagues. Ce n'est pas une tendance, et le sens contraire pris par la perception de la menace et par le soutien à la dépense de défense n'est expliqué par aucune source consultée.

  • Les chiffres de l'aide à l'Ukraine s'arrêtent pour l'essentiel à fin 2023-2024. Aucun bilan consolidé pour 2025 et 2026 n'a été trouvé, alors que c'est la période qui intéresse la campagne. C'est la lacune la plus importante de cette fiche.

  • ✅ Le registre des votes par appel nominal a été obtenu et lu le 25 août 2026. Le vote de chaque famille politique française est désormais de cote A. Ce qui reste inconnu, ce sont les motifs des abstentions de LR, Reconquête ! et LFI : le procès-verbal enregistre des votes, pas des raisons, et les explications de vote de ces trois formations n'ont pas été cherchées.
  • Les noms d'eurodéputés cités par formation sont ceux que ce wiki a pu identifier dans des listes de plusieurs centaines de noms sans indication de nationalité. Les listes par formation ne sont donc pas exhaustives, même si le sens du vote de chaque groupe l'est.
  • Les positions de Zemmour et Lalanne reposent sur des caractérisations non vérifiées contre des déclarations datées. En l'état, elles ne permettent aucun jugement.
  • La position de Marine Le Pen sur l'Ukraine n'est pas documentée du tout, faute de programme publié. Pour la candidate en tête des enquêtes, sur le sujet le plus sensible, c'est une absence lourde.
  • Le chiffre de 700 000 obus avancé par Édouard Philippe n'a pas pu être confirmé.
  • Aucune analyse du précédent français de 1966-2009 — sortie puis retour dans le commandement intégré de l'OTAN — n'a été menée, alors qu'elle éclairerait la proposition de Jean-Luc Mélenchon.
  • Le procès-verbal nominal du Parlement européen n'a toujours pas été consulté. Le communiqué officiel du 11 février 2026 ne donne que les totaux et ne mentionne ni les positions de groupe ni les votes par appel nominal. Le vote du RN est donc établi par deux sources de cote C indépendantes, pas par le registre.
  • Prochaine piste : chercher les explications de vote des trois formations qui se sont abstenues — c'est désormais la seule chose que ce scrutin ne dit pas — et obtenir le bilan consolidé de l'aide française à l'Ukraine pour 2025-2026.