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Pouvoir d'achat et salaires#

En bref#

Le SMIC net est de 1 477,93 € par mois depuis le 1ᵉʳ juin 2026, après une revalorisation automatique de 2,41 %. Le pouvoir d'achat des ménages a reculé de 0,4 % en 2025, après une hausse de 2,7 % en 2024 — et de 0,7 % par personne.

C'est le sujet où les propositions sont les plus directement comparables, parce qu'elles portent sur un même chiffre. Le calcul donne un résultat inattendu : la promesse d'un SMIC à 1 500 € n'est plus qu'à 1,5 % du SMIC réel, rattrapée par l'indexation automatique.


État des faits#

Le SMIC en 2026#

Données de cote A : ministère du Travail, Urssaf, Légifrance.

Date Horaire brut Mensuel brut Mensuel net
1ᵉʳ janvier 2026 12,02 € 1 823,03 € 1 443,11 €
1ᵉʳ juin 2026 12,31 € 1 867,02 € 1 477,93 €
Écart +0,29 € +43,99 €, soit +2,41 % +34,82 €

La revalorisation du 1ᵉʳ juin 2026 est automatique, et non discrétionnaire : le seuil légal de déclenchement — une hausse des prix d'au moins 2 % depuis la dernière revalorisation — a été franchi le 13 mai 2026. L'arrêté du 22 mai 2026 l'a constatée.

Ce mécanisme compte pour la suite : le SMIC monte tout seul quand les prix montent, indépendamment de toute promesse électorale.

Le pouvoir d'achat#

Indicateur 2024 2025 2026
Pouvoir d'achat du revenu disponible brut +2,7 % −0,4 % stable au 1ᵉʳ trimestre
Par unité de consommation +2,2 % −0,7 % −0,4 % prévu par l'OFCE
Revenu disponible brut en valeur +5,0 % +0,5 % —
Inflation +2,2 % +0,8 % (≈ 1 % en moyenne annuelle) 1,5 % prévue

Le retournement de 2025 est le fait central. Le pouvoir d'achat baisse alors même que l'inflation ralentit fortement : ce n'est donc pas l'inflation qui l'explique, mais le quasi-arrêt de la progression des revenus — +0,5 % en valeur, contre +5,0 % l'année précédente.

Ce qui n'est pas établi#

  • L'effet d'une hausse du SMIC sur l'emploi. Le désaccord entre économistes est réel, ancien et publié. Aucun camp ne peut invoquer un consensus.
  • La répercussion d'une hausse du SMIC sur les salaires supérieurs, et donc son coût réel pour les entreprises et les finances publiques.
  • L'effet du « tassement » : à mesure que le SMIC monte, il rattrape les salaires situés juste au-dessus, ce qui est un enjeu documenté mais non chiffré ici.
  • Le pouvoir d'achat ressenti, distinct du pouvoir d'achat mesuré. L'INSEE consacre des travaux à cet écart ; ils n'ont pas été consultés.

Pénétration dans le grand public#

Notoriété du sujet maximale
Enjeu correspondant, Eurobaromètre n° 105 Hausse des prix, inflation, coût de la vie
Cité en France 40 % (évol. +4 depuis oct.-nov. 2025)
Cité dans l'UE27 36 %
Cité personnellement (question QA4) 56 % (évol. +8) — UE27 : 52 %. Item « Hausse des prix, inflation, coût de la vie »
Niveau de connaissance moyen non mesuré — aucune source consultée ne le mesure
Base de cette mesure Commission européenne, Eurobaromètre standard n° 105, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27, question QA3, deux réponses maximum dans une liste fermée (A — arbitrage n° 5)

Premier enjeu cité, très loin devant. Deux fois et demie le deuxième.

Deux mesures complémentaires de la même enquête, à porter au dossier :

France
Jugent bonne la situation financière de leur foyer 72 % (+6 en cinq mois)
Jugent bonne l'économie française 19 % (+5)
Attendent une amélioration de leur foyer dans douze mois 18 %, contre 23 % une dégradation
Attendent une amélioration de l'économie française 11 %, contre 49 % une dégradation

Et une question porte directement sur l'évolution vécue (QA15) : « Au cours des douze derniers mois, votre qualité de vie — confort ou budget — a… »

France
s'est améliorée 7 % (+1)
est restée identique 52 % (−3)
s'est détériorée 40 % (+1)

Quarante pour cent des Français déclarent une dégradation vécue de leur qualité de vie sur douze mois, contre sept pour cent une amélioration — un rapport de près de six contre un. Ce chiffre ne bouge pratiquement pas en cinq mois, alors que la plupart des autres indicateurs de l'enquête progressent fortement.

Cinquante-trois points séparent le jugement sur son foyer de celui sur l'économie du pays. C'est le plus grand écart de toute l'enquête, et il vaut d'être connu avant de lire un chiffre de pouvoir d'achat — voir l'écart entre sa vie et le pays.

Ce que ce chiffre mesure exactement : la part des répondants qui placent cet enjeu dans leurs deux premières priorités pour le pays, dans une liste fermée. Ce n'est pas une mesure de l'intérêt porté au sujet. Depuis l'arbitrage n° 5 du 27 août 2026, l'enquête est de cote A et peut fonder une affirmation sur l'opinion — voir l'opinion française, mesurée pour le classement complet, les écarts France-UE et les réserves de lecture.

Diversions et angles de détournement#

Diversion Mécanisme Réponse courte
Brut ou net, sans le dire 1 867 € brut et 1 478 € net désignent le même salaire Un écart de 389 € par mois selon le mot employé
Promettre ce que l'indexation apporte Le SMIC monte automatiquement quand les prix montent Une promesse à échéance 2032 doit être comparée au SMIC de 2032, pas à celui d'aujourd'hui
Pouvoir d'achat global contre pouvoir d'achat par personne −0,4 % ou −0,7 % en 2025, selon l'indicateur Le second tient compte de l'évolution du nombre de ménages ; il est plus proche du vécu
Confondre salaire et pouvoir d'achat Le second dépend aussi des prix, des prestations et de la fiscalité Une hausse de salaire inférieure à l'inflation est une baisse
Invoquer un consensus économique sur l'effet emploi Il n'existe pas Le désaccord entre économistes est réel et publié
Le pouvoir d'achat comme promesse unique Il résulte de l'ensemble des politiques Bernard Cazeneuve l'écrit lui-même : quiconque le promet par une mesure unique « ment, ou ne sait pas »

Angles par acteur#

Les propositions sur le SMIC, rapportées au SMIC réel#

Référence : 1 477,93 € net au 1ᵉʳ juin 2026.

Acteur Proposition Écart avec le SMIC réel
Fabien Roussel SMIC à 1 500 € nets +22 €, soit +1,5 %
Jean-Luc Mélenchon SMIC à 1 600 € nets, immédiatement +122 €, soit +8,3 %
Nathalie Arthaud SMIC à 2 000 € — brut ou net non précisé +35,3 % si net, +7,1 % si brut

Le résultat le plus utile de cette fiche. La proposition d'un SMIC à 1 500 € nets n'est plus qu'à 22 euros du SMIC réel. Elle a été formulée dans un contexte où l'écart était substantiel ; l'indexation automatique l'a presque rattrapée.

Ce constat n'est pas une critique du candidat : c'est le fonctionnement normal d'un salaire minimum indexé, et il vaudra pour toute promesse chiffrée en euros courants. Il signifie qu'une promesse en euros doit toujours être datée et comparée au SMIC de la date d'application, pas à celui du jour de l'annonce.

L'ambiguïté brut/net change tout pour la proposition de Nathalie Arthaud : 7 % ou 35 % selon la lecture. Cette fiche ne tranche pas, faute de source.

Les autres leviers proposés#

Acteur Levier Source
Jean-Luc Mélenchon Indexation des salaires sur l'inflation, privé et fonction publique ; salaire maximal limitant l'écart de 1 à 20 ; point d'indice +10 % Programme lu
François Ruffin Indexation des salaires sur l'inflation Notice
Gabriel Attal « Choc de salaires » et « droit au brut », financés par des économies sur les dépenses sociales et une réforme de l'assurance chômage. Contenu du « droit au brut » non établi Site de campagne
Bruno Retailleau Exonération de cotisations au-delà de 1 623 heures annuelles ; suppression du forfait social de 20 % sur l'intéressement ; revenu familial de 240 € par enfant Page programmatique lue
Philippe Brun Baisse de la CSG pour les revenus inférieurs à 4 000 € mensuels Notice
Marine Tondelier et les Écologistes Garantie remplaçant le RSA portée à 50 % du SMIC net — soit environ 739 € au 1ᵉʳ juin 2026 — indexée, accessible dès 18 ans, sans contrepartie d'activité Programme lu
Bernard Cazeneuve Refus explicite de la formule magique : le pouvoir d'achat se reconstruit par la cohérence de l'ensemble — salaire, loyer, énergie, services publics, fiscalité Programme lu
Marine Le Pen · Jordan Bardella Non documentées. Aucun programme publié —

Ce que ce tableau montre#

Trois logiques distinctes coexistent, et elles ne se comparent pas sur une même échelle :

  1. Relever le salaire minimum — Roussel, Mélenchon, Arthaud
  2. Baisser les prélèvements sur le travail — Retailleau, Brun, Attal
  3. Refuser la mesure unique — Cazeneuve, qui traite le pouvoir d'achat en dernier et par cohérence d'ensemble

L'indexation traverse les camps. Elle est proposée par Mélenchon et Ruffin, qui ont rompu, et elle existe déjà partiellement dans le mécanisme légal du SMIC.

Le candidat le mieux placé dans les enquêtes n'a aucune position documentée sur le sujet le plus saillant de la campagne, faute de programme publié.

Calendrier probable#

Projection. Deux échéances mécaniques : la revalorisation annuelle du SMIC au 1ᵉʳ janvier 2027, et une éventuelle revalorisation automatique en cours de campagne si le seuil de 2 % d'inflation est de nouveau franchi. Les deux donneront un point d'accroche daté.

Affirmations en circulation#

Aucune fiche de réfutation n'est ouverte sur ce sujet. Deux sont prioritaires :

  • La confusion brut / net sur le SMIC, qui représente 389 € par mois d'écart.
  • Le contenu du « droit au brut » de Gabriel Attal, formule reprise partout sans définition.

Pour creuser#

Sources#

0 quater. Commission européenne, Standard Eurobarometer 105 — Data Annex, questions QA1, QA2 et QA15, terrain 12 mars – 5 avril 2026 (A) — ✅ LU le 27 août 2026, pages 15 à 41 et 151 de l'annexe

0 ter. Commission européenne, direction générale de la communication, Standard Eurobarometer 105 — Public Opinion in the European Union — Data Annex, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27, question QA3 (A) — ✅ LU le 26 août 2026 — dépouillement complet et réserves dans l'opinion française, mesurée

  1. Ministère du Travail, « Revalorisation du SMIC au 1ᵉʳ juin 2026 » (A) — https://travail-emploi.gouv.fr/revalorisation-du-smic-au-1er-juin-2026
  2. Ministère du Travail, « Revalorisation annuelle du SMIC au 1ᵉʳ janvier 2026 » (A) — https://travail-emploi.gouv.fr/revalorisation-annuelle-du-smic-au-1er-janvier-2026
  3. Légifrance, arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du salaire minimum de croissance (A) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054126589
  4. Légifrance, décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025 portant relèvement du SMIC (A)
  5. Urssaf, montant du SMIC (A) — https://www.urssaf.fr/accueil/outils-documentation/taux-baremes/montant-smic.html
  6. INSEE, « Revenu et pouvoir d'achat des ménages en 2025 », comptes de la Nation (A) — https://www.insee.fr/fr/statistiques/8988851
  7. OFCE, prévisions d'octobre 2025 sur les ménages (B) — https://www.ofce.sciences-po.fr/prev/prev2509/france/menages.html
  8. Programmes lus : L'Avenir en commun (LFI), « Lettre aux Français » (Cazeneuve), « Pour une prospérité écologique » (Les Écologistes), « Priorité travail » (LR), site d'Édouard Philippe — cote D, sources partisanes
  9. Calculs d'écarts : effectués par ce wiki à partir des sources 1 et des propositions rapportées

Limites#

  • Les écarts en pourcentage sont calculés par ce wiki, non repris d'une source. Ils supposent que les propositions visent des euros courants d'aujourd'hui, ce qui n'est pas précisé par les candidats.
  • La date de formulation des propositions n'est pas établie. Celle de Fabien Roussel paraît antérieure à plusieurs revalorisations, ce qui explique l'écart réduit — mais cette antériorité n'est pas datée.
  • L'ambiguïté brut/net de la proposition de Nathalie Arthaud n'est pas levée, et l'écart va de 7 % à 35 % selon la lecture.
  • Le salaire médian n'est pas documenté, alors qu'il est indispensable pour situer le SMIC dans la distribution des salaires.
  • Le coût des propositions n'est chiffré nulle part : ni la hausse du SMIC, ni les exonérations, ni la baisse de CSG.
  • Le pouvoir d'achat ressenti et les travaux de l'INSEE sur l'écart avec le pouvoir d'achat mesuré n'ont pas été consultés — c'est pourtant le cœur politique du sujet.
  • Le contenu du « droit au brut » de Gabriel Attal reste non établi.
  • Prochaine piste : obtenir le salaire médian et la distribution des salaires pour situer le SMIC, puis les travaux de l'INSEE sur le pouvoir d'achat ressenti.