Europe#
En bref#
La contribution française au budget de l'Union européenne passe de 23,3 milliards d'euros en 2025 à 28,8 milliards en 2026 — une hausse de 24,6 % en un an — et devrait atteindre 31,2 milliards en 2027. La France est le deuxième contributeur net de l'Union, avec un solde de −9,3 milliards en 2023.
C'est le sujet où l'écart entre candidats est le plus large de toute la campagne : de la sortie de l'Union par l'article 50 au fédéralisme européen. Et c'est aussi celui où les positions sont le plus souvent confondues — « eurosceptique », « souverainiste » et « partisan de la sortie » désignent trois choses différentes.
Une croyance majoritaire y a été vérifiée le 27 août 2026, et elle est fausse. Interrogés sur ce à quoi sert l'essentiel du budget européen, 36 % des Français citent la sécurité et la défense — c'est le premier poste cité. C'est la plus petite des sept rubriques du budget : 1,2 % du cadre financier 2021-2027, 0,7 % si l'on y ajoute le plan de relance. La confrontation complète, poste par poste, est plus bas ; les deux chiffres viennent de la même institution, la Commission européenne.
Trois autres mesures de l'opinion ont été versées le même jour, et elles se contredisent en apparence : 41 % des Français se disent « Français uniquement », en hausse de quatre points en cinq mois quand l'Union ne bouge pas — et la France est le pays qui se déplace le plus vers l'optimisme sur l'avenir de l'Union. Ce wiki n'explique pas cette combinaison et ne la lisse pas.
État des faits#
Données de cote A : projets de loi de finances, rapports du Sénat, budget.gouv.fr.
La contribution française#
| Année | Prélèvement sur recettes au profit de l'UE | Évolution |
|---|---|---|
| 2025 | 23,321 milliards d'euros | — |
| 2026 | 28,8 milliards | +24,6 % |
| 2027 (projection) | 31,2 milliards | en hausse |
La contribution se compose du prélèvement sur recettes — ressources TVA, ressource fondée sur le revenu national brut, et paiements au titre des rabais — auxquels s'ajoutent les ressources propres traditionnelles, essentiellement les droits de douane.
La hausse de 24,6 % en 2026 est le fait marquant, et il est peu commenté. À titre de comparaison, la charge de la dette de l'État est de 59,3 milliards la même année : la contribution européenne en représente désormais près de la moitié.
La position nette de la France#
| Pays | Solde net 2023 |
|---|---|
| Allemagne | −19,8 milliards d'euros |
| France | −9,333 milliards — 2ᵉ contributeur net |
| Pays-Bas | −6,3 milliards |
Le solde net est un indicateur trompeur, et il faut le dire. Il compare les versements au budget et les retours financiers directs, en ignorant les bénéfices non budgétaires — accès au marché unique, normes communes, poids commercial. Il est employé par tous les camps parce qu'il est simple, et il est simple parce qu'il est incomplet.
Ce qui n'est pas établi#
- Le bilan économique net de l'appartenance à l'Union. Les travaux existent, leurs résultats varient fortement selon la méthode. Le désaccord entre économistes est réel.
- Le coût d'une sortie, dans l'une ou l'autre de ses modalités.
- La faisabilité juridique de la « désobéissance » aux règles européennes tout en restant membre : c'est une question de droit qui n'est pas tranchée, et sur laquelle ce wiki n'a rien examiné.
- Les effets de la règle d'unanimité sur la capacité de décision de l'Union.
Ce que les Français pensent de l'Union, mesuré domaine par domaine#
Cette fiche établissait qu'il existe cinq positions distinctes sur l'Europe parmi les candidats. Elle n'avait aucune mesure de l'opinion. Elle en a une, de cote A : l'Eurobaromètre standard n° 105, terrain du 12 mars au 5 avril 2026, 26 415 entretiens dans l'UE27.
Le résultat le plus utile n'est pas un chiffre global — c'est que le jugement change complètement selon le domaine dont on parle.
« L'appartenance à l'Union a-t-elle un bon ou un mauvais effet sur… ? » (QA10)#
| Domaine | Bon effet | Évol. | Mauvais effet | Évol. |
|---|---|---|---|---|
| La sécurité du pays | 67 % | +3 | 28 % | +4 |
| Notre influence dans le monde | 60 % | −3 | 31 % | +5 |
| Notre économie | 46 % | +2 | 46 % | −3 |
| Notre niveau de vie | 46 % | +9 | 45 % | −9 |
| L'emploi | 37 % | +11 | 50 % | −14 |
| Notre agriculture | 33 % | −4 | 61 % | +11 |
Trois enseignements, et le troisième est le plus politique :
- La sécurité est le domaine où l'Union est le mieux jugée — 67 % —, l'emploi et l'agriculture les plus mal. Parler « du rapport des Français à l'Europe » sans dire de quel domaine il s'agit ne veut rien dire : trente-quatre points séparent les deux extrêmes.
- Les deux plus fortes hausses de l'enquête sont ici : l'emploi gagne onze points de bon effet et en perd quatorze de mauvais ; le niveau de vie gagne neuf points. En cinq mois.
- L'agriculture va à contre-courant de tout le reste. C'est le seul domaine où une nette majorité juge l'effet négatif — 61 %, en hausse de onze points —, et le seul qui se dégrade pendant que l'emploi et le niveau de vie s'améliorent. Voir la fiche agriculture.
Ce que les Français attendent de l'Union, par ordre de priorité#
« Quelles actions au niveau de l'Union auraient le plus d'impact positif sur votre vie à court terme ? » — trois réponses au maximum (question QB8).
| Action | France | Évol. | UE27 | Écart |
|---|---|---|---|---|
| Assurer la paix et la stabilité | 47 % | 0 | 44 % | +3 |
| Gérer la migration irrégulière | 27 % | −1 | 22 % | +5 |
| Créer plus d'opportunités d'emploi | 26 % | +2 | 25 % | +1 |
| Combattre la criminalité | 26 % | −1 | 20 % | +6 |
| Renforcer la sécurité et la défense européennes | 24 % | −2 | 23 % | +1 |
| Améliorer la qualité et l'accès à l'éducation | 20 % | −1 | 16 % | +4 |
| Sécuriser les approvisionnements alimentaires, de santé et industriels | 19 % | +1 | 26 % | −7 |
| Développer les énergies propres et leurs infrastructures | 14 % | +3 | 17 % | −3 |
| Améliorer l'accès au logement | 13 % | −1 | 16 % | −3 |
| Réduire les inégalités régionales | 12 % | +1 | 12 % | 0 |
| Réduire la charge administrative des entreprises | 10 % | +1 | 10 % | 0 |
| Un espace numérique sûr, y compris sur les réseaux sociaux | 9 % | +1 | 12 % | −3 |
| Aider le secteur privé à être plus compétitif | 8 % | 0 | 10 % | −2 |
| Favoriser les partenariats internationaux | 6 % | +2 | 8 % | −2 |
Trois écarts avec l'Europe, et ils dessinent une préférence cohérente :
- La France est au-dessus sur les enjeux régaliens : migration irrégulière +5, criminalité +6, éducation +4.
- Elle est nettement en dessous sur la sécurisation des approvisionnements — 19 % contre 26 %, sept points, le plus grand écart du tableau.
- Et la paix domine tout, comme dans les deux questions de valeurs.
Un chiffre à retenir pour un autre sujet : « travailler à un espace numérique sûr, y compris sur les réseaux sociaux » recueille 9 % en France — avant-avant-dernier des quatorze items. Voir protection des mineurs en ligne et les plateformes numériques.
Une tension à l'intérieur de la même enquête#
Deux questions générales sur l'appartenance vont dans le sens inverse de tout le reste, et il faut les publier avec les autres plutôt que choisir.
| Question | France | Évol. | Zone euro |
|---|---|---|---|
| « L'appartenance de la France à l'UE est… » — une bonne chose | 44 % | −9 | — |
| — une mauvaise chose | 17 % | +2 | — |
| — ni bonne ni mauvaise | 37 % | +6 | — |
| « La France a-t-elle bénéficié de son appartenance ? » — oui | 58 % | −3 | 71 % |
| — non | 33 % | +2 | 24 % |
Deux constats, et le second est le plus intéressant :
- La France est nettement en retrait de la zone euro sur le bénéfice retiré — 58 % contre 71 %, treize points.
- Le recul de neuf points sur « une bonne chose » ne s'est pas transformé en hostilité, mais en indifférence : « mauvaise chose » ne gagne que deux points, « ni bonne ni mauvaise » en gagne six. Ce n'est pas un basculement, c'est un désinvestissement.
Et cela va à rebours du reste de l'enquête : la confiance dans les quatre institutions européennes gagne de cinq à neuf points, l'effet perçu sur l'emploi et le niveau de vie gagne neuf à onze points, et le jugement global sur l'appartenance perd neuf points. Ce wiki ne réconcilie pas ces mouvements et n'en propose aucune explication — il note qu'ils sont mesurés par la même enquête, sur le même échantillon, le même jour.
L'appartenance elle-même, et la confiance dans les institutions#
| Affirmation (QA13) | France, d'accord | Évol. |
|---|---|---|
| La France peut mieux affronter l'avenir dans l'Union qu'en dehors | 64 % | −1 |
| La France peut mieux affronter l'avenir en dehors de l'Union | 39 % | — |
| Plus de décisions devraient être prises au niveau européen | 52 % | +3 |
| « Je comprends comment fonctionne l'Union » | 58 % | +9 |
Les deux premières lignes ne s'additionnent pas à 100, et c'est le point intéressant : 64 % pensent qu'on est mieux dedans, 39 % qu'on serait mieux dehors. Ce ne sont pas des opinions symétriques posées à la même personne — une part des répondants approuve les deux formulations, ce qui dit quelque chose de la solidité des deux positions.
| Confiance dans les institutions européennes (QA12) | France | Évol. |
|---|---|---|
| La Banque centrale européenne | 44 % | +9 |
| Le Parlement européen | 44 % | +8 |
| La Commission européenne | 40 % | +6 |
| Le Conseil européen | 40 % | +5 |
Toutes progressent, de cinq à neuf points en cinq mois — mouvement cohérent avec la hausse générale de confiance mesurée dans la fiche institutions. Et toutes restent au-dessus de la confiance dans le Parlement français (23 %) et le Gouvernement (21 %) : sur ce point précis, les institutions européennes sont mieux jugées que les institutions nationales par les Français.
Un rappel de notoriété, pour éviter un contresens : 89 % des Français déclarent avoir entendu parler du Parlement européen, 83 % de la Commission, 80 % de la Banque centrale, 73 % du Conseil européen. Ces chiffres mesurent la notoriété, pas la compréhension — 58 % seulement déclarent comprendre comment l'Union fonctionne.
Ce que ces chiffres ne règlent pas
Ils ne tranchent aucune des cinq positions documentées dans cette fiche. Une majorité favorable à l'appartenance ne dit rien de ce qu'il faudrait faire de l'Union, et les 52 % favorables à « plus de décisions au niveau européen » cohabitent avec 39 % qui estiment que la France ferait mieux dehors.
Ils sont datés de mars-avril 2026, et plusieurs items ont bougé de neuf à quatorze points en cinq mois. Sur cette mesure, l'ancienneté est une limite de premier ordre.
Pénétration dans le grand public#
| Notoriété du sujet | moyenne — présent dans les programmes, peu dans le débat |
| Enjeu correspondant, Eurobaromètre n° 105 | La situation internationale |
| Cité en France | 11 % (évol. +5 depuis oct.-nov. 2025) |
| Cité dans l'UE27 | 14 % |
| Niveau de connaissance moyen | non mesuré — aucune source consultée ne le mesure |
| Base de cette mesure | Commission européenne, Eurobaromètre standard n° 105, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27, question QA3, deux réponses maximum dans une liste fermée (A — arbitrage n° 5) |
Sous la moyenne européenne, malgré une hausse de cinq points. L'item porte la situation internationale en général, pas l'Union.
Ce que ce chiffre mesure exactement : la part des répondants qui placent cet enjeu dans leurs deux premières priorités pour le pays, dans une liste fermée. Ce n'est pas une mesure de l'intérêt porté au sujet. Depuis l'arbitrage n° 5 du 27 août 2026, l'enquête est de cote A et peut fonder une affirmation sur l'opinion — voir l'opinion française, mesurée pour le classement complet, les écarts France-UE et les réserves de lecture.
La même enquête pose la question à l'échelon européen — et le classement change#
Exploité le 27 août 2026. La question QA5 demande cette fois « les deux enjeux les plus importants auxquels l'Union européenne doit faire face », sur une liste de quinze items. Elle donne à ce sujet une seconde mesure, plus directe que QA3.
| Enjeu pour l'Union | France | UE27 |
|---|---|---|
| Hausse des prix, inflation, coût de la vie | 25 % (+4) | 17 % (+1) |
| La situation internationale | 23 % (+4) | 23 % (+4) |
| Le conflit au Proche-Orient | 21 % (+15) | 25 % (+16) |
| L'invasion de l'Ukraine par la Russie | 17 % (−5) | 20 % (−6) |
| Sécurité et défense | 14 % (−2) | 15 % (−3) |
| L'approvisionnement énergétique | 13 % (+8) | 15 % (+6) |
| La situation économique | 13 % (−6) | 13 % (−2) |
| L'immigration | 12 % (−3) | 14 % (−6) |
| La criminalité | 8 % (−5) | 5 % (−2) |
| L'influence de l'UE dans le monde | 8 % (−1) | 9 % (0) |
| L'environnement et les risques liés au changement climatique | 8 % (−3) | 8 % (−1) |
| Les menaces sur la démocratie, dont la manipulation de l'information | 7 % (−4) | 10 % (−1) |
| La santé | 6 % (−1) | 5 % (−1) |
| Le budget de l'UE | 6 % (−2) | 4 % (−2) |
| Le chômage | 5 % (—) | 3 % (—) |
Trois enseignements pour cette fiche.
- La situation internationale passe de 11 % à 23 % quand on change d'échelon. C'est le même item, la même enquête, les mêmes répondants : il double simplement parce qu'on demande ce que l'Union doit affronter plutôt que ce que la France doit affronter. C'est la mesure la plus nette dont dispose ce wiki que la France attribue à l'Europe les sujets internationaux, et qu'un chiffre de 11 % sous-estimait ce que les Français attendent de l'Union en la matière.
- Les deux enjeux proprement européens sont les plus bas du classement. L'influence de l'UE dans le monde (8 %) et le budget de l'UE (6 %) sont cités moins souvent que la criminalité ou la santé, alors qu'ils sont les seuls items qui ne se posent qu'au niveau de l'Union. Ce que les Français demandent à l'Union, ce sont des politiques, pas de l'Union.
- La France reste au-dessus de l'UE27 sur les prix (+8) et en dessous sur la démocratie (−3). Le premier écart est le plus grand de la table.
Le classement complet, la comparaison avec les deux autres questions et les réserves de lecture sont dans l'opinion française, mesurée.
Hypothèse déclarée comme telle : l'Europe est le sujet où l'écart entre l'importance des enjeux et le temps de débat consacré est probablement le plus grand de cette campagne. QA5 ne l'infirme pas et ne la confirme pas : elle mesure ce que les Français attendent de l'Union, pas le temps que le débat français y consacre.
Comment les Français se voient — la question d'identité, mesurée#
Exploitée le 27 août 2026. C'est la question la plus directe que l'enquête pose sur le sujet le plus disputé de la campagne, et ce wiki ne l'avait pas.
QC7 — « Vous voyez-vous comme… ? »
| Réponse | France | UE27 | Écart |
|---|---|---|---|
| Français uniquement | 41 % (+4) | 31 % (0) | +10 |
| Français, puis Européen | 52 % (−6) | 59 % (0) | −7 |
| Européen, puis Français | 4 % (+2) | 7 % (0) | −3 |
| Européen uniquement | 1 % (0) | 2 % (+1) | −1 |
| Aucun (spontané) | 1 % (0) | 1 % (0) | 0 |
| Ne sait pas | 1 % (0) | 0 % (−1) | +1 |
Les deux colonnes somment exactement à 100 %, ce qui valide la lecture.
Trois lectures, dans l'ordre de ce qu'elles établissent.
- Une majorité de Français se dit encore française et européenne — 52 %, plus 4 % qui inversent l'ordre, soit 56 % qui se reconnaissent une double appartenance. Ce n'est pas un pays qui rejette l'appartenance européenne, et tout usage de cette table qui le prétendrait serait faux.
- Mais la France est le pays de l'exclusivité nationale. 41 % contre 31 % dans l'UE27 : dix points d'écart, le plus grand de toutes les mesures d'appartenance dépouillées par ce wiki.
- Et c'est le mouvement qui compte. +4 points sur « uniquement » et −6 sur la double appartenance en cinq mois, tandis que l'UE27 ne bouge d'aucun point sur aucune des deux modalités. La France se déplace, l'Europe non.
Ce que ce wiki ne déduit pas. Que ce déplacement soit dû à la campagne, à un événement particulier ou à un acteur. Cinq mois d'écart entre deux vagues ne permettent aucune attribution de cause, et les mouvements de quatre à six points restent proches de la marge d'erreur usuelle sur un échantillon national. Ce qui est solide, c'est le sens des deux mouvements et leur cohérence : ils vont dans la même direction et se compensent presque exactement, ce qui est la signature d'un transfert entre deux modalités voisines et non d'un bruit d'échantillon.
Voir aussi immigration et l'opinion française, mesurée.
L'optimisme sur l'avenir de l'Union — la France est le pays du pessimisme, mais il recule#
QA14 — « Diriez-vous que vous êtes très optimiste, plutôt optimiste, plutôt pessimiste ou très pessimiste quant à l'avenir de l'UE ? »
| France | UE27 | |
|---|---|---|
| Très optimiste | 2 % (−1) | 7 % (+1) |
| Plutôt optimiste | 43 % (+5) | 53 % (0) |
| Total optimiste | 45 % (+4) | 60 % (+1) |
| Plutôt pessimiste | 36 % (−7) | 30 % (−1) |
| Très pessimiste | 13 % (+2) | 7 % (0) |
| Total pessimiste | 49 % (−5) | 37 % (−1) |
| Ne sait pas | 6 % (+1) | 3 % (0) |
Les sous-totaux vérifient exactement les totaux, et chaque colonne somme à 100 %.
Ce que ce tableau dit, et il dit deux choses opposées.
- La France est nettement plus pessimiste que l'Union : 49 % contre 37 %, et surtout 13 % de « très pessimistes » contre 7 % — presque le double. À l'autre bout, 2 % de « très optimistes » contre 7 %. Le pessimisme français n'est pas seulement plus répandu, il est plus intense.
- Mais il recule, et vite. −5 points en cinq mois, quand l'UE27 ne bouge que d'un point. La France est aussi le pays qui se déplace le plus vers l'optimisme.
Les deux constats sont vrais ensemble, et c'est le piège de cette table. Une campagne peut en tirer « la France désespère de l'Europe » (49 % contre 37 %) ou « les Français reviennent vers l'Europe » (−5 points, la plus forte variation). Les deux phrases sont exactes ; aucune n'est complète.
Un rapprochement à faire, et il est déconcertant. Le même échantillon, dans le même entretien, se déplace vers l'exclusivité nationale (QC7 : +4 sur « Français uniquement ») et vers l'optimisme européen (QA14 : +4 sur le total optimiste). Ce wiki n'explique pas cette combinaison et se garde de la lisser : elle suggère au minimum que « se sentir français » et « croire en l'avenir de l'Union » ne sont pas des mesures opposées, ce qui interdit de traiter l'une comme le contraire de l'autre.
Ce que les Français mettent au crédit de l'Union#
QC3 — « Parmi les propositions suivantes, laquelle vous semble être le résultat le plus positif de l'UE ? Et ensuite ? » — deux réponses au maximum.
| Résultat le plus positif de l'UE | France | UE27 | Écart |
|---|---|---|---|
| La paix entre les États membres | 31 % (+4) | 28 % (0) | +3 |
| La libre circulation des personnes, des biens et des services | 29 % (+1) | 34 % (−2) | −5 |
| L'euro | 24 % (+1) | 17 % (0) | +7 |
| La solidarité entre les États membres | 17 % (+1) | 20 % (+1) | −3 |
| Le respect de l'État de droit, la démocratie et les droits fondamentaux | 16 % (0) | 15 % (+1) | +1 |
| Les programmes d'échange comme Erasmus+ | 16 % (+1) | 15 % (+1) | +1 |
| Le niveau de protection sociale (santé, éducation, retraites) | 13 % (+1) | 13 % (+1) | 0 |
| La protection de l'environnement | 12 % (−1) | 9 % (+1) | +3 |
| L'influence politique et diplomatique de l'UE dans le monde | 10 % (0) | 14 % (−1) | −4 |
| La croissance et la puissance économique de l'UE | 9 % (−2) | 16 % (−1) | −7 |
| La politique agricole commune | 7 % (−2) | 7 % (−1) | 0 |
| Aucun (spontané) | 4 % | 2 % | +2 |
| Ne sait pas | 3 % | 1 % | +2 |
Les deux lignes somment à 191 %, valeur cohérente pour une question à deux réponses.
Quatre résultats, et deux sont contre-intuitifs.
- La France met la paix en tête ; l'Union met la libre circulation. C'est la seule divergence de rang entre les deux colonnes, et elle porte sur le premier item.
- L'euro est crédité sept points de plus en France que dans l'Union — 24 % contre 17 %. C'est le plus fort écart positif de la table, dans un pays où la monnaie unique a été un objet de contestation politique durable. Voir la section Angles par acteur de cette fiche pour ce que les formations en disent.
- La croissance et la puissance économique sont créditées sept points de moins — 9 % contre 16 %. La France crédite l'Union de ce qui protège, pas de ce qui enrichit. Les deux écarts extrêmes de la table, +7 sur l'euro et −7 sur la puissance économique, disent la même chose.
- La politique agricole commune arrive dernière, à 7 %, en France comme ailleurs. C'est le résultat le plus frappant du tableau pour un pays qui est le premier bénéficiaire de cette politique. Il est versé dans agriculture.
Et une mesure de distance : 7 % des Français répondent « aucun » ou « ne sait pas », contre 3 % dans l'UE27 — plus du double. C'est faible en valeur absolue, mais c'est l'un des rares indicateurs de cette enquête où la France se détache par le retrait plutôt que par une opinion.
Le budget européen : ce que les Français croient qu'il finance, et ce qu'ils voudraient#
Exploité le 27 août 2026. L'enquête consacre quatre questions au budget de l'Union, et deux d'entre elles posent la même liste à deux usages différents : ce que les répondants croient que le budget finance (QE2), et ce qu'ils voudraient qu'il finance (QE3). L'écart entre les deux est la mesure la plus intéressante de tout le corpus QE.
⚠️ Les deux listes ne sont pas identiques, et c'est le piège déjà rencontré sur QC5-QC6. QE2 propose « coûts administratifs et de personnel, bâtiments », qui n'existe pas dans QE3 ; QE3 propose « le logement », qui n'existe pas dans QE2. Et le libellé de l'éducation gagne le mot « jeunesse » au passage. Un alignement naïf des deux tableaux produirait des écarts imaginaires ; seuls les items strictement communs sont comparés ci-dessous, et les deux items propres sont isolés.
L'écart, poste par poste — France#
Trois réponses au maximum dans chaque question. La colonne « écart » est en points.
| Poste | On croit (QE2) | On voudrait (QE3) | Écart |
|---|---|---|---|
| Emploi, affaires sociales et santé publique | 15 % | 30 % | +15 |
| Agriculture et développement rural | 23 % | 30 % | +7 |
| Changement climatique et protection de l'environnement | 21 % | 25 % | +4 |
| Compétitivité et PME | 8 % | 11 % | +3 |
| Investissement régional | 8 % | 11 % | +3 |
| Recherche scientifique et innovation | 16 % | 18 % | +2 |
| Préparation et protection civile | 7 % | 7 % | 0 |
| Questions d'immigration | 17 % | 16 % | −1 |
| Infrastructures numériques | 6 % | 5 % | −1 |
| Sécurité et défense | 36 % | 33 % | −3 |
| Aide au développement et humanitaire hors UE | 12 % | 5 % | −7 |
| Infrastructures de transport et d'énergie | 19 % | 10 % | −9 |
| Aide aux voisins de l'UE, dont pays candidats | 16 % | 4 % | −12 |
Item hors comparaison, présent seulement dans QE2 : coûts administratifs, personnel et bâtiments — 15 % des Français le citent parmi les trois premiers postes du budget, contre 23 % dans l'UE27. Item hors comparaison, présent seulement dans QE3 : le logement — 22 % des Français voudraient que le budget européen le finance, contre 20 % dans l'UE27. Item au libellé modifié : l'éducation passe de 13 % (« éducation, formation, culture et médias ») à 31 % (« éducation, formation, jeunesse, culture et médias »). L'écart de 18 points est le plus grand du tableau, et c'est précisément celui dont ce wiki ne peut pas garantir qu'il mesure la même chose. Il n'est donc pas retenu.
Ce que l'écart établit#
1. La sécurité et la défense sont le seul poste massif où la croyance et le souhait coïncident. 36 % des Français croient que c'est là que va l'essentiel du budget, 33 % voudraient que ce soit le cas. C'est le premier poste des deux classements. Voir Ukraine, Russie, défense.
2. Les Français croient que l'Union dépense au-dehors, et voudraient qu'elle cesse. Les deux écarts les plus négatifs portent sur l'extérieur : l'aide aux voisins, dont les pays candidats, passe de 16 % à 4 % — le plus fort écart de la table — et l'aide au développement hors UE de 12 % à 5 %. Cumulés, ces deux postes perdent 19 points entre ce qu'on croit et ce qu'on veut.
3. Le poste qu'ils voudraient voir financé et qu'ils ne créditent pas. L'agriculture et le développement rural sont le second poste souhaité, à 30 % — et la politique agricole commune est le dernier des onze résultats attribués à l'Union, à 7 % (question QC3, ci-dessus). Ce n'est pas une contradiction, et c'est le résultat le plus instructif de cette section : les Français veulent que l'Europe finance l'agriculture et ne considèrent pas que ce qu'elle y fait soit une réussite. Versé dans agriculture.
4. L'emploi, les affaires sociales et la santé publique est le plus fort écart positif fiable — 15 % → 30 %, +15 points, avec un libellé rigoureusement identique dans les deux questions. C'est ce que les Français demandent en plus à l'Europe, et c'est aussi le seul poste où la France et l'UE27 sont exactement au même niveau souhaité : 30 % des deux côtés.
Le jugement d'ensemble sur le budget — et la France du « ne sait pas »#
| QE4 — « D'une manière générale, à propos du budget de l'UE, diriez-vous que… » | France | UE27 |
|---|---|---|
| « il est dépensé pour des choses qui comptent pour les citoyens de l'UE » | 41 % (+8) | 51 % (+2) |
| « il est dépensé pour des choses qui ne comptent pas » | 42 % (−8) | 40 % (−1) |
| Ne sait pas | 17 % (0) | 9 % (−1) |
| QE1 — « Avec laquelle de ces deux affirmations êtes-vous le plus d'accord ? » | France | UE27 |
|---|---|---|
| « L'UE devrait disposer de moyens financiers plus importants au regard de ses objectifs politiques » | 45 % (+7) | 48 % (+1) |
| « Les moyens financiers de l'UE correspondent à ses objectifs politiques » | 37 % (−6) | 42 % (0) |
| Ne sait pas | 18 % (−1) | 10 % (−1) |
Les quatre colonnes somment exactement à 100 %.
Trois lectures.
- La France est le seul cas du corpus où le jugement négatif l'emporte sur le budget européen — 42 % contre 41 %, quand l'UE27 est à 51 contre 40. L'écart est d'un point et ne permet aucune conclusion ; ce qui est solide, c'est l'écart de dix points avec la moyenne européenne sur le jugement positif.
- Mais le mouvement est massif et va dans l'autre sens. +8 et −8 en cinq mois, quand l'UE27 bouge de deux points et d'un point. Comme sur l'avenir de l'Union, la France est à la fois la plus critique et celle qui se déplace le plus vite. C'est le troisième indicateur de cette fiche où les deux constats coexistent, et ce wiki n'en privilégie aucun.
- La France est le pays du « ne sait pas ». 17 % et 18 %, contre 9 % et 10 % dans l'UE27 — le double. C'est cohérent avec les 7 % de « aucun / ne sait pas » relevés à la question QC3 contre 3 % dans l'UE27. Sur le budget européen, un Français sur six ne se prononce pas. C'est, dans tout le corpus dépouillé par ce wiki, le plus grand écart d'abstention d'opinion entre la France et l'Union, et il porte sur la question la plus technique.
La vérification : ce que le budget européen finance réellement#
Faite le 27 août 2026, quelques minutes après avoir déclaré cette piste ouverte. La Commission publie la ventilation par rubrique de son budget long terme. Elle permet de dire si ce que les Français croient est exact — et il ne l'est pas.
Le cadre, tel que la Commission le publie, en milliards d'euros courants :
| Rubrique | CFP 2021-2027 | NextGenerationEU | Total | Part du CFP | Part du total |
|---|---|---|---|---|---|
| 1. Marché unique, innovation et numérique | 149,5 | 11,5 | 161,0 | 12,3 % | 8,0 % |
| 2. Cohésion, résilience et valeurs | 426,7 | 776,5 | 1 203,2 | 35,2 % | 59,6 % |
| 3. Ressources naturelles et environnement | 401,0 | 18,9 | 419,9 | 33,1 % | 20,8 % |
| 4. Migration et gestion des frontières | 25,7 | — | 25,7 | 2,1 % | 1,3 % |
| 5. Sécurité et défense | 14,9 | — | 14,9 | 1,2 % | 0,7 % |
| 6. Voisinage et reste du monde | 110,6 | — | 110,6 | 9,1 % | 5,5 % |
| 7. Administration publique européenne | 82,5 | — | 82,5 | 6,8 % | 4,1 % |
| Total | 1 210,9 | 806,9 | 2 017,8 | 100 % | 100 % |
Deux colonnes de parts sont données parce que la réponse dépend de ce qu'on appelle « le budget européen » : le cadre financier seul, ou le cadre plus le plan de relance temporaire. Ce wiki ne choisit pas — et sur les postes qui suivent, les deux lectures donnent la même conclusion.
Quatre items de l'enquête correspondent à une rubrique et à une seule. Ce sont les seuls que ce wiki confronte :
| Ce que les Français croient (QE2) | Rubrique correspondante | Part réelle |
|---|---|---|
| Sécurité et défense — 36 %, premier poste cité | rubrique 5, même intitulé | 1,2 % du CFP · 0,7 % avec le plan de relance — la plus petite des sept |
| Questions d'immigration — 17 % | rubrique 4, migration et gestion des frontières | 2,1 % · 1,3 % |
| Aide aux voisins de l'UE, dont pays candidats — 16 % | rubrique 6, voisinage et reste du monde | 9,1 % · 5,5 % |
| Coûts administratifs, personnel, bâtiments — 15 % | rubrique 7, administration publique européenne | 6,8 % · 4,1 % |
Le résultat principal tient en une phrase. Le poste que 36 % des Français placent en tête des dépenses de l'Union est celui qui en représente entre 0,7 % et 1,2 % — le plus petit des sept. Il n'y a aucune lecture du budget européen qui rende cette croyance approximativement juste.
Trois précisions, et elles comptent.
- La question ne demande pas d'estimer un pourcentage. Elle demande sur quoi, selon vous, l'essentiel du budget est dépensé — trois réponses au maximum. Un répondant peut citer la défense parce qu'il en entend parler, sans affirmer qu'elle pèse un tiers du budget. Ce que la comparaison établit n'est donc pas que 36 % des Français se trompent d'un facteur trente : c'est que la hiérarchie qu'ils se représentent n'est pas celle des chiffres.
- L'écart va dans les deux sens. Les deux plus grosses rubriques — cohésion (35,2 %) et ressources naturelles (33,1 %) — ne correspondent à aucun item unique de l'enquête : elles se répartissent entre l'investissement régional (8 %), l'emploi et le social (15 %), l'éducation (13 %) d'un côté, l'agriculture (23 %) et le climat (21 %) de l'autre. Ce wiki ne peut donc pas les confronter poste à poste, et ne le fait pas. Il note seulement que le poste le plus cité est le plus petit, et que les deux plus gros sont éclatés entre des items secondaires.
- La croyance suit la visibilité, pas le budget. Les quatre postes surestimés — défense, immigration, aide extérieure, frais administratifs — sont les quatre thèmes les plus présents dans le débat public européen. Les deux sous-estimés — cohésion, agriculture — sont les deux plus anciens et les moins commentés. Ce wiki propose cette lecture comme une hypothèse et non comme un résultat : il n'a mesuré ni l'exposition médiatique, ni le lien entre les deux.
Ce que ce wiki ne conclut pas. Que les Français seraient mal informés « par nature », que quelqu'un les aurait trompés, ou que corriger cette croyance changerait leur opinion sur l'Union. Aucune de ces trois choses n'est établie ici. Ce qui est établi est plus étroit et suffisant : une croyance majoritairement partagée sur la structure du budget européen ne correspond pas à sa structure publiée, et l'écart est vérifiable par quiconque en deux clics.
Et le contrôle inverse, qui est le plus utile de tous. Ce wiki a d'abord écrit, dans le commit précédent, qu'il ne pouvait pas faire cette vérification, faute de disposer de la ventilation. C'était vrai au moment où il l'a écrit, et faux vingt minutes plus tard : la donnée est publiée par la Commission, en accès libre, sur une page publique. La leçon n'est pas que la limite était mal déclarée — elle l'était correctement — mais qu'une limite déclarée doit être rouverte avant d'être publiée, parce que « ce wiki n'a pas la donnée » et « la donnée n'existe pas » sont deux phrases différentes.
Ce que les Français demandent à l'Union d'entreprendre#
Exploité le 27 août 2026. Après ce qu'ils jugent grave (QA5), ce qu'ils croient et souhaitent financé (QE2-QE3), et ce qu'ils mettent au crédit de l'Union (QC3), une cinquième question demande où l'Union devrait agir :
QB7 — « Selon vous, dans lesquels des domaines suivants l'UE devrait-elle prendre des mesures à moyen terme ? » — deux réponses au maximum, quinze domaines.
| Domaine | France | UE27 | Écart |
|---|---|---|---|
| La santé | 22 % (−3) | 17 % (−1) | +5 |
| Sécurité et défense | 22 % (0) | 23 % (+1) | −1 |
| Le climat et l'environnement | 20 % (+1) | 15 % (−1) | +5 |
| L'emploi | 18 % (+4) | 16 % (+1) | +2 |
| L'éducation et la formation | 17 % (−1) | 12 % (−1) | +5 |
| L'agriculture | 17 % (+6) | 11 % (+2) | +6 |
| L'économie (par exemple la compétitivité) | 16 % (0) | 20 % (+1) | −4 |
| La migration | 15 % (0) | 15 % (−1) | 0 |
| L'égalité sociale | 11 % (−5) | 12 % (−1) | −1 |
| Lutter contre la manipulation de l'information | 9 % (0) | 10 % (+1) | −1 |
| La démocratie | 7 % (0) | 10 % (−1) | −3 |
| La recherche et l'innovation | 7 % (−1) | 11 % (0) | −4 |
| L'industrie (dont l'allègement des charges administratives) | 5 % (−1) | 9 % (+1) | −4 |
| Les technologies numériques (dont les plateformes) | 5 % (+1) | 7 % (+1) | −2 |
| Le commerce avec les pays hors UE | 3 % (+1) | 6 % (0) | −3 |
Les deux lignes somment à 194 %, valeur identique de part et d'autre — un des contrôles d'alignement décrits en méthode.
Trois résultats, et le premier est le plus solide du corpus.
1. L'agriculture est la demande française qui monte le plus vite, et trois questions le disent. +6 points en cinq mois, le plus fort mouvement français de cette question, et six points au-dessus de la moyenne européenne. Rapproché des deux autres mesures :
| Question | Ce qu'elle demande | France |
|---|---|---|
| QC3 | ce que l'Union a réussi | 7 % — dernier des onze items |
| QE3 | ce que le budget devrait financer | 30 % (+7) — deuxième des dix-huit |
| QB7 | où l'Union devrait agir | 17 % (+6) — sixième des quinze |
Trois questions, trois listes différentes, trois échelles différentes — et la même direction. La demande d'action européenne sur l'agriculture monte sur les deux questions prospectives et le jugement rétrospectif reste au plancher. C'est, dans tout ce que ce wiki a dépouillé de cette enquête, le faisceau le plus cohérent. Il est versé dans agriculture.
2. La France demande à l'Europe de protéger, pas de produire. Le motif repéré sur QC3 se répète à l'identique : +5 sur la santé, +5 sur le climat, +5 sur l'éducation, contre −4 sur l'économie, −4 sur la recherche et l'innovation, −4 sur l'industrie. Ce n'est pas un rejet de l'économie — 16 % restent un score élevé — mais un ordre de priorité systématiquement différent de celui du reste de l'Union, et il est stable d'une question à l'autre.
3. Le sujet de ce wiki obtient sa quatrième mesure, et elle confirme les trois autres. « Lutter contre la manipulation de l'information » : 9 % en France, 10 % dans l'UE27. À côté des 7 % de QA5, des 90 % de QB10 et des 56 % qui pensent savoir repérer une désinformation, le tableau est désormais complet et il est stable : le sujet est jugé grave par presque tous et classé haut par presque personne. Voir le guide d'autodéfense.
Un mouvement à signaler, sans l'expliquer : l'égalité sociale perd 5 points en France en cinq mois, la plus forte baisse française de cette question, quand l'UE27 n'en perd qu'un. Ce wiki n'a pas d'explication et ne lui en substitue pas.
Le plan de relance européen, jugé — et c'est le plus grand écart France-Europe du corpus#
QB4 — « L'Union européenne a déployé un plan de relance de 800 milliards d'euros, NextGenerationEU, pour soutenir l'économie par des subventions et des prêts. Selon vous, quelle est son efficacité ? »
| France | UE27 | |
|---|---|---|
| Très efficace | 2 % (+1) | 7 % (+1) |
| Plutôt efficace | 31 % (+1) | 46 % (0) |
| Total « efficace » | 33 % (+2) | 53 % (+1) |
| Plutôt pas efficace | 28 % (−2) | 24 % (−1) |
| Pas efficace du tout | 11 % (0) | 8 % (0) |
| Total « pas efficace » | 39 % (−2) | 32 % (−1) |
| Ne sait pas | 28 % (0) | 15 % (0) |
Chaque colonne somme à 100 %, et les deux sous-totaux vérifient exactement les totaux.
Trois faits, et le troisième est le plus important.
- La France est le seul cas du corpus où le jugement négatif l'emporte nettement — 39 % contre 33 %, quand l'UE27 est à 53 contre 32. Vingt points d'écart sur le jugement positif : c'est le plus grand écart France-Europe sur une question d'opinion dépouillée par ce wiki.
- L'intensité suit la même pente : 2 % de « très efficace » en France contre 7 %. Comme sur l'avenir de l'Union, le jugement français n'est pas seulement plus sévère, il est moins enthousiaste à son sommet.
- Vingt-huit pour cent des Français ne se prononcent pas, contre 15 % dans l'UE27 — treize points d'écart, le plus grand écart d'abstention d'opinion de tout le corpus, devant les 17-18 % relevés sur le budget européen. Plus d'un Français sur quatre n'a pas d'opinion sur un plan de 800 milliards d'euros dont la France est bénéficiaire.
Ce que ce wiki en déduit, et ce qu'il refuse d'en déduire. Que le plan soit mal jugé en France est établi ; que ce jugement soit fondé ne l'est pas, et cette fiche n'a aucune évaluation de l'exécution française de NextGenerationEU. La question mesure une perception, pas une performance, et il serait exactement aussi fautif de conclure « le plan a échoué en France » que de conclure « les Français se trompent ».
Un rapprochement, en revanche, est solide. Sur les cinq questions où la France se distingue par le « ne sait pas » — 28 % ici, 18 % et 17 % sur le budget, 7 % sur les réussites de l'Union, 6 % sur son avenir —, le taux monte avec la technicité de la question. Ce n'est pas de l'indifférence à l'Europe : sur l'appartenance (QC7) et sur les domaines d'action (QB7), les Français répondent autant que les autres. C'est une abstention qui porte précisément sur l'argent.
Diversions et angles de détournement#
| Diversion | Mécanisme | Réponse courte |
|---|---|---|
| Confondre les quatre positions | « Eurosceptique », « souverainiste », « désobéissant » et « partisan de la sortie » sont employés indifféremment | Ce sont quatre positions distinctes, voir le tableau ci-dessous |
| Le solde net comme bilan | Présenter −9,3 milliards comme le coût de l'Europe | Le solde net ignore l'accès au marché unique, qui n'a pas de ligne budgétaire |
| La contribution brute sans les retours | Annoncer 28,8 milliards sans dire ce qui revient | La France reçoit des fonds — agriculture, cohésion, recherche — qui figurent dans le solde net |
| « Bruxelles décide » | Traiter l'Union comme un pouvoir extérieur | Le Conseil est composé des États membres ; la France y siège et y vote |
| L'unanimité présentée comme une protection ou comme un blocage | Selon le camp, la même règle est un rempart ou un verrou | C'est la même règle ; l'apprécier suppose de dire sur quels sujets |
Angles par acteur#
Les positions ci-dessous proviennent, pour cinq d'entre elles, de programmes publiés et lus. C'est le sujet le mieux documenté de ce wiki à cet égard.
Les cinq positions distinctes#
| Position | Qui | Contenu |
|---|---|---|
| 1. Sortie de l'Union | François Asselineau, Florian Philippot, Francis Lalanne | Sortie par l'article 50 du traité. Programme d'Asselineau : mesure unique et exclusive |
| 2. Sortie de l'euro sans sortie de l'Union | Nicolas Dupont-Aignan | Opposition à l'intégration dans l'euro |
| 3. Désobéissance sans sortie | Jean-Luc Mélenchon | Désobéir aux règles incompatibles avec le programme, tout en utilisant les leviers du Conseil européen. Ni « Frexit » ni « sortie de l'UE » ne figurent dans son programme |
| 4. Réforme de l'intérieur | Bernard Cazeneuve | « Un contrat plutôt qu'un cadre de contraintes » : réforme budgétaire, politique industrielle commune, concurrence moins dogmatique — et fin de l'unanimité, décision à la majorité |
| 5. Fédéralisme | Raphaël Glucksmann | Fédéralisme européen, position la plus intégrationniste du champ |
Les positions non documentées ou partielles#
| Acteur | Position |
|---|---|
| Marine Le Pen | Euroscepticisme, opposition aux traités. La sortie de l'euro, centrale en 2017, a été abandonnée. Aucun programme publié |
| Jordan Bardella | Aucun programme publié |
| Éric Zemmour | Euroscepticisme, réserves sur l'euro |
| Marine Tondelier | Ancrage européen revendiqué, contenu non documenté malgré un programme de 208 pages lu |
| Gabriel Attal · Édouard Philippe · Bruno Retailleau | Non documentée |
Ce que ce tableau montre#
L'amplitude est maximale, de la sortie pure au fédéralisme. Aucun autre sujet de ce wiki ne présente un tel écart.
Le silence du centre et de la droite est le fait le plus étonnant. Ni Attal, ni Philippe, ni Retailleau n'ont de position européenne documentée — y compris pour ceux dont le site de campagne comporte des mesures chiffrées par ailleurs. Pour un bloc central qui se revendique européen, c'est une absence remarquable.
Deux confusions fréquentes sont factuellement fausses :
- Ranger Mélenchon parmi les partisans de la sortie. Son programme, lu, n'y fait aucune référence.
- Attribuer au Rassemblement national la sortie de l'euro. Elle a été abandonnée après 2017.
Calendrier probable#
Projection. Le sujet devrait remonter à l'automne 2026 lors de l'examen du budget — la hausse de 24,6 % de la contribution est un point d'accroche — puis lors des débats de politique étrangère, où il se mêle au dossier ukrainien.
Affirmations en circulation#
Aucune fiche de réfutation n'est encore ouverte sur ce sujet. Deux sont prioritaires, et symétriques :
- « Mélenchon veut sortir de l'Union européenne » — contredit par son programme
- « Le RN veut sortir de l'euro » — abandonné depuis 2017
Les deux corrigent une erreur au bénéfice de camps opposés.
Pour creuser#
- Sénat — PLF 2026, affaires européennes
- budget.gouv.fr — la contribution française au budget de l'Union
- Vie publique — comment la France participe-t-elle au financement de l'UE
- Touteleurope — le budget de l'Union européenne
Sources#
0 quater. Commission européenne, Standard Eurobarometer 105 — Data Annex, questions QA5, QA8 à QA14, QB4, QB7, QB8, QC3, QC7 et QE1 à QE4, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27 (A — arbitrage n° 5) — ✅ LU le 27 août 2026, pages 53 à 59, 103 à 138, 149-150, 172, 179 à 183, 192-193, 230 à 233, 249 et 277 à 294 de l'annexe
0 ter. Commission européenne, direction générale de la communication, Standard Eurobarometer 105 — Public Opinion in the European Union — Data Annex, terrain 12 mars – 5 avril 2026, 26 415 entretiens UE27, question QA3 (A) — ✅ LU le 26 août 2026 — dépouillement complet et réserves dans l'opinion française, mesurée
- Sénat, rapport sur le projet de loi de finances pour 2026, mission « Affaires européennes » (A) — https://www.senat.fr/rap/l25-139-22/l25-139-22_mono.html
-
Sénat, rapport sur le PLF 2025, mission « Affaires européennes » (A) — https://www.senat.fr/rap/l24-144-22/l24-144-22_mono.html 2 bis. Commission européenne, Headings: spending categories — 2021-2027 long-term EU budget, ventilation par rubrique du CFP (1 210,9 Md€) et de NextGenerationEU (806,9 Md€), prix courants (A — source institutionnelle publiant ses propres chiffres) — ✅ LU le 27 août 2026 — https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/eu-budget/long-term-eu-budget/2021-2027/spending/headings_en
-
budget.gouv.fr, « La contribution française au budget de l'Union européenne » (A) — https://www.budget.gouv.fr/reperes/budgetue/articles/contribution-francaise-au-budget
- Vie publique, « Comment la France participe-t-elle au financement de l'UE ? » (A) — https://www.vie-publique.fr/fiches/20380-comment-la-france-participe-t-elle-au-financement-de-lue
- Touteleurope.eu, « Le budget de l'Union européenne » et « Budget européen : pays contributeurs et bénéficiaires » (C)
- Programmes publiés et lus : L'Avenir en commun (LFI, 2025), « Lettre aux Français » (Cazeneuve, 15 juillet 2026), « Pour une prospérité écologique » (Les Écologistes, juillet 2026) — cote D, sources partisanes
Limites#
- Les deux formulations sur l'avenir « dans » et « en dehors » de l'Union ne sont pas exclusives : 64 % et 39 % ne s'additionnent pas à 100, ce qui signifie qu'une part des répondants approuve les deux. Ce wiki ne sait pas laquelle, l'annexe ne croisant pas les réponses.
-
La marge d'erreur française n'est pas connue, et l'écart de « l'économie » — 46 contre 46 — ne permet de conclure dans aucun sens.
-
Les rapports du Sénat n'ont pas été lus intégralement : les chiffres viennent de leurs synthèses indexées. Ils sont de cote A par leur origine.
- Les retours financiers vers la France ne sont pas chiffrés — agriculture, cohésion, recherche. Sans eux, la contribution brute est un chiffre incomplet, et cette fiche commet partiellement le défaut qu'elle dénonce.
- Les causes de la hausse de 24,6 % en 2026 ne sont pas expliquées. C'est pourtant le fait le plus marquant de cette fiche.
- La faisabilité juridique de la désobéissance n'a pas été examinée, alors qu'elle détermine la portée réelle de la position 3.
- Six acteurs sur seize n'ont aucune position documentée, dont les trois du centre et de la droite.
- La position européenne de Marine Tondelier reste non documentée malgré la lecture de son programme de 208 pages : la recherche y a été ciblée, non exhaustive.
- Prochaine piste : chiffrer les retours financiers vers la France pour équilibrer le tableau, expliquer la hausse de 2026, et ouvrir les deux fiches de réfutation symétriques sur Mélenchon et le RN.
Ce que les trois questions du 27 août laissent ouvert#
- Le déplacement de QC7 n'est pas expliqué. +4 points sur « Français uniquement » et −6 sur la double appartenance en cinq mois, quand l'UE27 ne bouge d'aucun point : ce wiki enregistre le mouvement et n'en connaît pas la cause. Les vagues antérieures à octobre-novembre 2025 n'ont pas été consultées, ce qui interdit de dire s'il s'agit d'une inflexion ou de la continuation d'une tendance longue. Prochaine piste : la série historique de QC7, publiée par la Commission depuis des décennies.
- La combinaison QC7 / QA14 n'est pas comprise. Le même échantillon se déplace vers l'exclusivité nationale et vers l'optimisme européen. Ce wiki refuse de lisser la contradiction apparente et n'a pas d'explication.
- Les mouvements de quatre à six points sont proches de la marge d'erreur, qui n'est pas publiée pour la France. Seuls le sens et la cohérence interne des mouvements sont tenus pour solides ; leur amplitude exacte ne l'est pas.
- Dix questions de l'annexe n'ont pas été exploitées, et elles existent toutes. Une note
antérieure de ce wiki affirmait que cinq d'entre elles n'y figuraient pas ; c'était faux,
et l'erreur venait de l'outil — le balayage cherchait un code de question là où l'annexe
numérote par item (
QB12.1,QB12.2…). Voici les dix, avec leurs pages, pour qui voudrait poursuivre : QA7 (p. 97-100) · QB1 (153-154) · QB2 (155-166, douze items) · QB3 (167-171) · QB9 (195-196 — seule tentée, non extraite : les pages portées ne contiennent que les pays candidats) · QB12 (205-209, droits de douane) · QC1 (219-226, attachement) · QC2 (227-229, citoyenneté) · QC4 (236-240) · QD4 (275-276, conséquences de la guerre). Neuf n'ont pas été ouvertes faute de temps, non pour un obstacle technique. - ~~Ce que le budget européen finance réellement n'a pas été établi.~~ Obtenu le jour même, sur le site de la Commission : la ventilation par rubrique du CFP 2021-2027 et de NextGenerationEU. Trois réserves subsistent sur cette confrontation : elle ne porte que sur les quatre items qui correspondent à une rubrique et une seule ; les deux plus grosses rubriques ne sont pas confrontables poste à poste, parce qu'elles recouvrent plusieurs items de l'enquête ; et les montants sont des plafonds d'engagement du cadre pluriannuel, pas des dépenses exécutées — ce wiki n'a pas cherché l'exécution budgétaire annuelle, qui peut en différer.
- L'hypothèse « la croyance suit la visibilité, pas le budget » n'est pas testée. Elle est proposée comme telle. Ce wiki n'a mesuré ni l'exposition médiatique de ces quatre thèmes, ni sa corrélation avec les réponses.
- L'écart de 18 points sur l'éducation entre QE2 et QE3 n'est pas retenu, le libellé de l'item ayant gagné le mot « jeunesse » d'une question à l'autre. Ce wiki ne sait pas quelle part de l'écart tient au changement de libellé.
- Les deux items propres à une seule des deux questions — les coûts administratifs (QE2) et le logement (QE3) — n'ont aucun terme de comparaison et sont donnés isolément.
- Le sens du « ne sait pas » français n'est pas établi. Un Français sur six ne se prononce pas sur le budget européen, contre un Européen sur dix. Ce wiki ne sait pas si c'est de l'ignorance déclarée, de la prudence ou du désintérêt, et l'enquête ne le distingue pas.
- La baisse de 5 points de l'égalité sociale en France (QB7) n'est pas expliquée. C'est la plus forte baisse française de cette question, et ce wiki n'a rien pour l'interpréter.
- Aucune évaluation de l'exécution française de NextGenerationEU n'a été consultée. QB4 mesure une perception, et la fiche s'interdit d'en conclure quoi que ce soit sur la performance du plan — dans un sens comme dans l'autre. Prochaine piste : les rapports de suivi de la facilité pour la reprise et la résilience, publiés par la Commission.
- La question QB9 — quelles crises ont le plus influencé la manière dont on regarde l'avenir — n'a pas pu être extraite : les pages consultées ne portent que les pays candidats, et la table des États membres n'a pas été localisée. C'est la seule question du bloc QB restée inexploitée, avec QB1 à QB3.
- Aucun recoupement externe n'a été trouvé pour QC7, QA14 et QC3. Les contrôles sont internes : QC7 somme à 100 %, QA14 somme à 100 % et ses sous-totaux vérifient exactement les totaux, QC3 somme à 191 % dans les deux colonnes. Ce sont de bons contrôles d'alignement des colonnes ; ce ne sont pas des validations des valeurs elles-mêmes.