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Fréquence commune#

En bref#

Fréquence commune est une coopérative qui aide des communes à ouvrir des espaces de décision partagée avec leurs habitants, et qui forme des agents municipaux. Elle a été entendue sous serment par la commission d'enquête du Sénat le 27 mai 2026.

Cette fiche existe pour une raison que ce wiki n'a pas choisie : c'est la commission d'enquête qui l'a posée. Interrogée sur les projets municipaux soutenus par Périclès et le Fonds du bien commun, la présidente de la commission a précisé avoir également auditionné Fréquence commune, « pour avoir un panel large de structures aux intentions analogues, mais aux orientations politiques opposées ».

Ce wiki documentait le premier bord et pas le second. C'était une asymétrie, et elle est corrigée ici.

Mais l'équivalence s'arrête à l'intention. Périclès annonce 150 millions d'euros d'ici 2032 ; Fréquence commune vit avec 300 000 à 400 000 euros par an et trois salariés. Mettre les deux sur le même plan serait une fausse symétrie — aussi trompeuse que l'omission qu'elle prétend réparer.

Établi / Allégué / Infondé#

Établi (cote A) — Fréquence commune est une SCIC créée en février 2021 par dix fondateurs. Sous serment, le 27 mai 2026 : budget annuel de 300 000 à 400 000 €, plus de la moitié provenant de la vente de prestations à des collectivités, le reste de fondations et de dons ; trois salariés au jour de l'audition ; quarante sociétaires, une personne égale une voix ; 100 % des bénéfices affectés aux réserves impartageables, au-delà des 57,5 % que la loi impose. Moins de cent communes accompagnées depuis 2021, principalement de moins de 10 000 habitants. La cartographie des listes citoyennes n'est pas la sienne : elle est tenue par l'association Action commune, en auto-référencement, sans sélection ni exclusivité, et sans lien financier avec les listes. La présidente déclare spontanément qu'au moins un sociétaire s'est présenté aux municipales de 2026.

Allégué — Deux chiffres avancés en séance et non vérifiés par ce wiki : 42 % de femmes têtes de liste sur les listes référencées contre 25 % en moyenne nationale, et une participation plus élevée dans les communes où se présentait une liste citoyenne — que la coopérative elle-même donne comme restant à évaluer par des chercheurs.

Infondé — Rien n'est allégué contre cette structure, et c'est un fait qu'il faut écrire : ni la commission d'enquête, ni la presse consultée, ni aucune procédure ne la mettent en cause. Elle n'a pas été auditionnée comme suspecte mais comme terme de comparaison. Ce wiki n'a toutefois cherché aucune source critique à son sujet, alors qu'il en a consulté sur les structures de l'autre bord — la case « Infondé » est donc vide par défaut d'enquête, pas par enquête négative.


Identité#

Nature Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), de forme société anonyme
Créée Février 2021, par dix fondateurs et fondatrices
Objet Accompagner les communes dans la coconstruction de projets entre élus, habitants et agents ; former les agents ; encourager les candidatures locales
Budget annuel 300 000 à 400 000 € sur les trois derniers exercices
Ressources plus de la moitié : vente de prestations aux collectivités. Le reste : fondations et dons
Effectif deux à dix salariés selon les années ; trois au jour de l'audition
Gouvernance Directoire de deux membres · conseil de surveillance réuni quatre fois par an · assemblée générale de quarante sociétaires, une personne égale une voix
Lucrativité 100 % des bénéfices affectés aux réserves impartageables — là où la loi impose 57,5 % au minimum. Aucun bénéfice n'est redistribué
Auditionnée Mercredi 27 mai 2026, tome II p. 699, sous serment
Cercle 3.4 — influenceurs

Ce qu'elle fait, et à quelle échelle#

Elle le dit elle-même, et sans emphase :

« Nous en sommes bien conscients, l'impact de notre action demeure très modeste. Nous avons accompagné moins d'une centaine de communes depuis 2021, principalement des communes de moins de 10 000 habitants. C'est bien peu au regard des 34 000 communes de France. »

Activité Volume déclaré
Communes accompagnées depuis 2021 moins de cent, surtout moins de 10 000 habitants
Sessions de formation d'agents municipaux dix-huit
Listes « citoyennes et participatives » référencées pour mars 2026 plusieurs centaines se sont référencées ; 159 figurent sur la carte du site

Le procédé de constitution des panels d'habitants est un tirage au sort effectué par un logiciel de la coopérative, à partir des adresses des plans cadastraux.

Le point que la commission a creusé : les listes référencées#

C'est la question qui pouvait faire de cette coopérative un acteur politique, et la rapporteure l'a posée frontalement : quelle est la nature du lien avec les candidats des 159 listes ?

Trois réponses, sous serment :

  1. La cartographie n'est pas la sienne. Elle est tenue par une association distincte, Action commune, créée par des élus issus des rencontres organisées par la coopérative en 2021, et qui ont voulu « s'autonomiser ». Le référencement est un auto-référencement : ce sont les listes qui se déclarent.
  2. Aucune sélection, aucune exclusivité. « À notre connaissance aucune liste n'a été écartée de cet autoréférencement », et plusieurs listes d'une même commune peuvent y figurer.
  3. Aucun lien financier avec ces listes. La présidente ajoute spontanément, « en toute transparence », qu'au moins un sociétaire de la coopérative s'est présenté aux municipales de 2026.

Ce wiki relève la déclaration spontanée du conflit d'intérêts potentiel. Elle n'était pas demandée.

Deux chiffres avancés en séance, à traiter différemment#

Chiffre Statut
42 % de femmes têtes de liste sur les listes citoyennes référencées, contre 25 % en moyenne nationale Déclaré sous serment, non vérifié ici. Ce wiki dispose des fichiers officiels des municipales et pourrait le recalculer — il ne l'a pas fait
Taux de participation plus élevé dans les communes où se présentait une liste citoyenne La coopérative elle-même le met au conditionnel : « ce chiffre reste à évaluer par différents chercheurs, qui s'y attellent en ce moment même ». À ne pas reprendre comme un fait

Elle cite par ailleurs le baromètre de la confiance politique du Cevipof pour 2026 : 78 % des Français déclarent ne pas avoir confiance en leurs représentants, en recul de quatre points. (Chiffre rapporté en séance, non vérifié à la source par ce wiki.)

La comparaison avec Périclès, et ses limites#

Elle est légitime parce que la commission d'enquête l'a faite. Elle est trompeuse si on s'arrête aux intentions.

Fréquence commune Périclès
Forme SCIC, lucrativité limitée, réserves impartageables à 100 % Dispositif privé adossé à un fonds de dotation et à une société d'investissement
Moyens 300 000 à 400 000 € par an 150 M€ annoncés d'ici 2032, 106 M€ décaissés déclarés sous serment
Effectif 3 salariés Structure dédiée, plus deux cent soixante-cinq projets financés
Objectif déclaré « sans agenda partisan » — méthodes de délibération, pas de programme « aider à remporter plus de 1 000 mairies », dont 300 villes pour le seul RN
Formation 18 sessions pour des agents municipaux 4 000 candidats de droite formés selon Pierre-Édouard Stérin ; 2 060 candidats accueillis en 2025 par Politicae
Rapport aux listes auto-référencement, aucune sélection, aucun lien financier soutien à des candidats identifiés, dans un objectif électoral chiffré

Trois écarts, et ils ne vont pas dans le même sens :

  • L'échelle. Un rapport de l'ordre de un à quatre cents sur le budget annuel. Il n'y a pas de symétrie de puissance.
  • L'objet. L'une vend des méthodes de délibération à des collectivités et dit n'avoir aucun agenda partisan ; l'autre annonce un objectif électoral en nombre de mairies. Ce n'est pas le même métier.
  • La transparence. Les comptes et la gouvernance de la coopérative ont été exposés en séance, chiffres à l'appui ; ce wiki a dû, pour l'autre bord, reconstituer une ventilation à partir de plusieurs auditions et d'un fichier de la CNCCFP.

Ce que la comparaison établit malgré tout : agir sur la démocratie locale depuis une structure privée n'est pas propre à un camp. La commission d'enquête a tenu à l'établir, et ce wiki le reprend — sans en faire une équivalence.

Pour creuser#

Sources#

  1. Sénat, commission d'enquête sur le financement privé des politiques publiques, rapport n° 860 (2025-2026), tome II, audition de Mmes Mathilde Houzé, présidente du directoire, et Élisabeth Dau, cofondatrice de Fréquence commune, mercredi 27 mai 2026, p. 699 et suivantes (A — déposition sous serment) — ✅ LUE le 26 août 2026 — https://www.senat.fr/rap/r25-860-2/r25-860-2_mono.html
  2. Sénat, même rapport, audition de M. Laurent Nuñez, ministre de l'intérieur, 11 juin 2026, p. 873 (A) — source de la phrase de la présidente sur le panel équilibré
  3. Cevipof, baromètre de la confiance politique, édition 2026 (B) — cité en séance, non consulté directement

Limites#

  • Une seule source, et c'est la structure elle-même qui parle. Tout ce que cette fiche rapporte de Fréquence commune vient de sa propre déposition. Le serment engage, mais aucun compte, aucun statut, aucun rapport d'activité n'a été consulté. C'est exactement la même limite que ce wiki déclare pour les structures de l'autre bord, et elle doit être déclarée avec la même netteté.
  • Les comptes de la SCIC n'ont pas été demandés. Une société anonyme dépose ses comptes au greffe du tribunal de commerce ; ils n'ont pas été obtenus.
  • Action commune n'est pas instruite. L'association qui tient la cartographie des listes citoyennes est décrite par un tiers, pas par elle-même. Son financement, sa gouvernance et ses liens réels avec la coopérative ne sont pas établis. C'est le point où une vérification serait la plus utile.
  • Le chiffre de 42 % de femmes têtes de liste n'a pas été recalculé, alors que ce wiki détient les fichiers officiels des municipales et pourrait le faire. C'est une lacune évitable.
  • Aucune contradiction n'a été cherchée. Ce wiki n'a consulté ni article de presse, ni travail universitaire critique sur cette coopérative — alors qu'il en a consulté sur Périclès. L'asymétrie de traitement est donc corrigée dans son principe, pas encore dans sa profondeur.
  • Prochaine piste : recalculer la part de femmes têtes de liste sur les listes référencées, à partir du fichier Candidats Élus des municipales ; puis instruire Action commune, qui est le véritable point aveugle de ce dossier.