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Les comptes des partis, exercice 2024 — lecture directe de l'avis CNCCFP#

En bref#

Ce wiki a longtemps décrit les finances des partis d'après le compte rendu qu'un média avait fait d'un document officiel. Le document lui-même — l'avis de la CNCCFP sur les comptes de l'exercice 2024, 46 pages, 17 tableaux nominatifs — a été obtenu le 25 août 2026 et est ici lu directement.

Trois choses en sortent, qu'aucun compte rendu ne donnait :

  1. L'« écart inexpliqué » entre les deux fractions de l'aide publique n'existe pas. Il venait d'une erreur de raisonnement de ce wiki, corrigée plus bas.
  2. Le Rassemblement national ne se finance pas comme les autres partis : 84,8 % de sa dette est due à des personnes physiques, et zéro euro à une banque. Le seul parti à partager ce trait est Reconquête !, pour un encours onze fois moindre.
  3. Quatre formations parmi les mieux dotées ne sont pas des partis au sens courant, mais des guichets de reversement. L'une d'elles reverse 99,76 % de ce qu'elle reçoit.

Ce qu'est ce document#

Nature Avis de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques
Fondement Article 11-7 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988
Délibéré Séance du 18 décembre 2025
Publié Journal officiel du 10 février 2026, NOR CCCJ2602899V
Porte sur L'exercice comptable 2024 de 575 formations, dont 569 certifiées
Cote A — texte publié au Journal officiel

Un avertissement figure dans l'avis lui-même et vaut pour toute cette fiche :

« Les reversements de fonds entre partis politiques sont nombreux, parfois en cascade et peuvent porter sur des montants importants. Ces transferts ne sont pas neutralisés dans les données comptables présentées. Cela conduit à majorer le total des produits et/ou charges […]. Toute analyse et a fortiori toute comparaison à partir de ces seules données doivent donc être menées avec précaution. »

Additionner les produits de tous les partis compte donc plusieurs fois le même euro.

1. L'écart entre les deux fractions : ce wiki se corrigeait mal#

La fiche aide publique affirmait qu'un écart de 2 054 291,15 € séparait chaque fraction de la moitié du total, et que ce n'était pas expliqué. La lecture directe montre que la question était mal posée.

L'erreur : ce wiki comparait chaque fraction à la moitié de ce qui a été versé. Or la loi ne dit pas que les deux fractions versées sont égales. Elle dit que l'enveloppe est divisée en deux parts égales — puis que la première est réduite en cas de non-respect de la parité des candidatures (article 9-1), sans que cette retenue aille grossir la seconde.

La bonne comparaison est donc : première fraction avant modulation contre seconde fraction. L'avis 2024 donne les deux, ce que le décret 2026 ne fait pas :

Grandeur (exercice 2024) Montant
Retenues pour non-respect de la parité (« Modulation ») 2 083 346 €
Première fraction effectivement versée 32 251 992 €
Première fraction avant modulation 34 335 338 €
Seconde fraction 34 112 621 €
Écart résiduel 222 717 €

Les deux fractions sont donc bien égales à 0,65 % près, et le résidu s'explique par un second mécanisme que l'avis énonce : « les voix obtenues par des candidats déclarés inéligibles sont déduites pour le calcul du montant de cette première fraction ».

Appliqué à 2026, ce raisonnement donne un chiffre que le décret ne publie pas :

34 185 726,68 € (2ᵈᵉ fraction) − 30 077 144,37 € (1ʳᵉ fraction versée) = 4 108 582,31 € de retenues pour non-parité et voix déduites en 2026.

Soit près du double de 2024. Ce wiki ne dispose pas de la ventilation nominative de cette retenue pour 2026 et ne l'explique pas. Une hypothèse existe — les législatives de juin-juillet 2024 ont été convoquées en trois semaines, ce qui a pu dégrader la parité des investitures — mais elle n'est pas vérifiée et ne doit pas être lue comme un fait.

Qui a payé la retenue en 2024#

L'avis donne la ventilation, que la fiche aide publique déclarait manquante.

Formation Retenue pour non-parité (2024)
Les Républicains 1 290 620 €
Ensemble ! (majorité présidentielle) 510 902 €
Les Écologistes — Mouvement écologiste indépendant 39 918 €
Parti radical de gauche 34 584 €
Debout la France 18 296 €
Gauche républicaine et socialiste 15 547 €
Le mouvement de la ruralité 13 523 €
Écologie au centre 11 868 €
Alliance centriste 8 672 €
Les Écologistes 78 328 €
Rassemblement national, La France insoumise, Parti socialiste, Parti communiste français, Reconquête !, Lutte ouvrière, Régions et peuples solidaires, Parti animaliste, Les Patriotes, Union des démocrates européens aucune

Deux formations concentrent 86 % de la retenue. Et le résultat contredit une intuition répandue : le RN, LFI, le PS, le PCF et Reconquête ! n'ont rien payé au titre de la parité en 2024, tandis que Les Républicains ont perdu 1,29 M€ — soit plus que le total annuel de Debout la France.

Ce constat porte sur les candidatures aux législatives de 2022, pas sur la composition des directions ni sur les élus. Il ne mesure qu'une chose : l'écart entre le nombre de candidates et de candidats présentés.

2. D'où vient l'argent : une dépendance très inégale à l'État#

Tableau n° 9 de l'avis, formations de l'hexagone. Cote A.

Formation Total des produits Aide publique Part de l'aide Dons + cotisations
Parti communiste français 31 609 024 € 2 176 419 € 6,9 % 17 442 121 €
Lutte ouvrière 4 839 645 € 428 034 € 8,8 % 2 675 168 €
Parti socialiste 15 742 678 € 4 679 320 € 29,7 % 7 437 555 €
Reconquête ! 5 552 102 € 1 559 321 € 28,1 % 3 169 231 €
Les Écologistes 8 790 155 € 3 196 987 € 36,4 % 4 327 063 €
Rassemblement national 18 704 246 € 10 175 686 € 54,4 % 5 110 002 €
La France insoumise 13 786 068 € 7 950 926 € 57,7 % 1 585 153 €
Les Républicains 15 687 744 € 9 499 922 € 60,6 % 3 346 021 €
Alliance centriste 884 335 € 745 188 € 84,3 % 7 212 €
Régions et peuples solidaires 1 083 261 € 1 063 471 € 98,2 % 4 275 €
Ensemble ! (majorité présidentielle) 19 474 809 € 19 474 807 € 100,0 % 0 €
Union des démocrates européens 2 235 470 € 2 235 470 € 100,0 % 0 €

L'échelle va de 6,9 % à 100 %. Le PCF tire quatorze fois plus de ses adhérents et de ses élus que de l'État ; deux formations ne perçoivent strictement rien d'autre que l'aide publique.

Le cas du PCF mérite d'être lu sans complaisance dans les deux sens : ses 17,4 M€ de dons et cotisations sont le premier montant du pays, mais son périmètre comptable est le seul que la Commission juge « non exhaustif de manière récurrente malgré des progrès significatifs ». Les deux faits figurent dans le même document.

Le cas de La France insoumise est l'inverse : 1,59 M€ de dons et cotisations pour 13,79 M€ de produits, avec zéro cotisation d'adhérents déclarée — le mouvement n'a pas d'adhésion payante. Sa ressource propre principale figure sous « Autre » (4,25 M€, 30,8 %), poste que l'avis ne détaille pas par parti.

3. Comment on s'endette : le RN est un cas isolé#

Tableau n° 15 de l'avis. C'est la donnée la plus discriminante du document.

Formation Total des dettes Auprès de banques Auprès de personnes physiques
Rassemblement national 18 913 105 € 0 % — aucune 84,8 % — 16 029 243 €
La France insoumise 5 890 845 € 75,5 % 0 %
Les Républicains 12 292 671 € 70,8 % 0 %
Les Écologistes 7 912 847 € 70,1 % 0 %
Parti socialiste 7 911 998 € 43,9 % 0 %
Parti communiste français 5 297 288 € 19,5 % 3,6 %
Reconquête ! 1 387 018 € 0 % 39,3 %
Debout la France 634 663 € 20,1 % 48,1 %
Parti animaliste 224 508 € 0 % 97,1 %

Le RN doit 16,03 M€ à des personnes physiques et rien à une banque. C'est un fait comptable de cote A, et il est structurant : il signifie que la solvabilité du premier parti de France, en voix, dépend de créanciers privés individuels plutôt que du système bancaire.

Ce que ce chiffre ne dit pas, et qu'il faut énoncer pour ne pas laisser le lecteur conclure à sa place :

  • Il ne nomme pas les prêteurs. L'avis est anonymisé ; le tableau donne un total.
  • Il ne dit pas si ces prêts sont irréguliers. Les prêts de personnes physiques sont légaux depuis toujours et encadrés depuis le 1ᵉʳ janvier 2018 (article 11-3-1) : durée maximale de cinq ans, et si le taux est inférieur au taux légal, durée limitée à 24 mois et plafond de 15 000 € par parti.
  • Il ne distingue pas ce qui relève de ce régime encadré de ce qui lui est antérieur.
  • L'avis ne met pas le RN en cause à ce titre. Il signale, sans nommer les partis concernés, que six partis n'avaient pas transmis leurs contrats de prêt et que trois avaient emprunté à taux préférentiel au-delà du plafond.

L'avis explique pourquoi ce mode de financement existe : il « constitue une alternative à l'emprunt bancaire, notamment lorsque l'accès au crédit s'avère difficile », et la réforme de 2017 « vise notamment à éviter que de tels prêts ne constituent en réalité des dons déguisés ».

Le RN est par ailleurs le seul grand parti en situation nette fortement négative : −11 002 866 €, pour un actif de 7 910 239 €.

4. Les partis qui n'en sont pas : quatre guichets#

Tableau n° 13. Quatre formations parmi les mieux dotées ne dépensent presque rien pour elles-mêmes : elles encaissent l'aide publique et la reversent.

Ensemble ! (majorité présidentielle) — 19 474 807 €#

L'avis le dit explicitement : c'est « un regroupement de partis dont l'objet est de percevoir l'aide publique afin de la redistribuer ». Ses charges sont à 99,9 % des contributions à d'autres partis.

Destinataire Montant 2024 Part
Renaissance 13 194 597 € 67,75 %
Mouvement démocrate 3 811 708 € 19,57 %
Horizons 2 463 502 € 12,65 %

C'est la clé de lecture du décret de répartition. Les 11 048 877,77 € versés à « Ensemble ! » en 2026 ne vont pas à Renaissance : ils se répartissent entre trois partis dont deux ont des candidats déclarés distincts et concurrents à la présidentielle — Gabriel Attal pour Renaissance, Édouard Philippe pour Horizons.

Si la clé 2024 s'appliquait à 2026 — ce qui n'est pas vérifié —, cela donnerait environ 7,48 M€ à Renaissance, 2,16 M€ au MoDem et 1,40 M€ à Horizons.

Union des démocrates européens, centristes et indépendants — 2 235 470 €#

99,76 % reversés à l'Union des démocrates et indépendants (UDI), soit 2 230 000 €. L'avis note qu'il s'agit là aussi d'« un parti politique dont l'objet est de percevoir l'aide publique afin de la redistribuer ». Ses produits : 100 % d'aide publique. Ses dettes : 7 068 €, uniquement fournisseurs.

Alliance centriste — 745 188 €#

60,41 % reversés au Parti radical (450 200 €), 2,01 % à Europe Égalité Écologie.

Régions et peuples solidaires — 1 063 471 €#

Fédération de partis régionalistes, qui redistribue à dix-sept formations. C'est la structure la plus éclatée du tableau :

Destinataire Montant Destinataire Montant
Femu a Corsica 121 871 € Partitu di a Nazione Corsa 43 239 €
Les Centristes 110 886 € Unser Land 39 335 €
Union démocratique bretonne 93 288 € Liberté Écologie Fraternité 37 128 €
Résistons ! 83 019 € Archipel Demain 29 695 €
UTILES (outre-mer) 69 391 € Parti socialiste 29 695 €
Parti pirate 23 981 € Euskal Herria Bai 23 152 €
Partit occitan 18 781 € Volt France 17 925 €
Gauche démocratique et sociale 17 752 € Nouveau parti anticapitaliste 9 444 €
Place publique 7 499 € Decidemos 5 998 €

Ces trois formations expliquent une anomalie apparente relevée dans la fiche aide publique : l'UDE, l'Alliance centriste et R&PS captent ensemble 4,68 M€ en 2026, plus que Reconquête ! et Debout la France réunis, sans exister dans le débat public. La raison n'est pas un privilège : ce sont des véhicules de mutualisation créés pour regrouper les rattachements de sénateurs et de députés dispersés, dont le produit est ensuite ventilé.

4 bis. Les quatre formations manquantes — l'asymétrie est levée#

Cette fiche déclarait, jusqu'au 25 août 2026, une limite majeure : Renaissance, le Mouvement démocrate, Horizons et l'UDR ne figuraient dans aucun tableau nominatif de l'avis publié au Journal officiel. Quatre formations restaient en cote C quand neuf autres étaient en cote A — l'asymétrie documentaire la plus nette entre partis dans tout ce wiki.

Elle est levée. La CNCCFP publie sur data.gouv.fr un fichier structuré, comptes_partis_exercice_2024.csv — 575 formations, 163 postes comptables chacune. Les quatre y sont. Ce n'est pas le même document que l'avis : l'avis publie des tableaux de synthèse ; le fichier publie les comptes d'ensemble déposés.

Poste, exercice 2024 Renaissance Mouvement démocrate Horizons UDR
Total des produits 19 487 435 € 4 629 694 € 3 530 387 € 760 013 €
Aide publique — ligne déclarée 9 533 € 3 811 709 € (voir point 2) 3 000 € 0 €
Contributions reçues d'autres partis 13 729 176 € 0 € 2 490 252 € 0 €
Dons de personnes physiques 1 848 379 € 85 537 € 693 412 € 429 783 €
Cotisations (adhérents + élus) 795 647 € 132 573 € 293 041 € 282 401 €
Fonds propres +21 769 350 € +6 434 478 € +1 553 398 € +382 881 €
Emprunts bancaires 16 129 108 € 12 343 € 0 € 0 €
Emprunts auprès de personnes physiques 0 € 0 € 0 € 0 €

Ce que ce tableau apprend, et qui n'était pas visible#

1. La ligne « aide publique » de Renaissance est une illusion comptable.

Lue seule, elle affiche 9 533 € — de quoi conclure que le parti du président ne vit d'aucun argent public. C'est faux, et l'écart est de trois ordres de grandeur. Ses ressources publiques transitent par le guichet Ensemble ! décrit plus haut, et réapparaissent sous un autre intitulé : « contributions financières de partis ou groupements politiques », 13 729 176 €.

La leçon de méthode est générale : chercher la ligne « aide publique » dans les comptes d'un parti de la majorité présidentielle donne un résultat faux. Il faut suivre le guichet.

(Écart de rapprochement : l'avis attribue 13 194 597 € d'Ensemble ! à Renaissance, qui en déclare 13 729 176 € reçus de partis. La différence — 534 579 € — vient d'autres partis contributeurs. Même écart chez Horizons : 2 463 502 € reçus d'Ensemble ! pour 2 490 252 € déclarés, soit 26 750 € d'autre origine. Les deux sources se recoupent donc, sans se contredire.)

2. Le Mouvement démocrate et Ensemble ! ne comptabilisent pas le même flux de la même manière.

C'est le fait le plus curieux du fichier, et il tient en trois lignes.

Qui déclare Poste Montant
Ensemble ! « Contributions à des partis ou groupements politiques » (vers le MoDem) 3 811 708 €
Mouvement démocrate « Aide publique — 1ʳᵉ fraction » 1 771 127 €
Mouvement démocrate « Aide publique — 2ᵈᵉ fraction » 2 040 582 €
total déclaré par le MoDem 3 811 709 €
Mouvement démocrate « Contributions reçues de partis » 0 €

Le montant concorde à l'euro près. La qualification, non. Ensemble ! enregistre une contribution versée à un parti ; le MoDem enregistre une aide publique reçue de l'État, ventilée entre les deux fractions comme s'il en était directement attributaire.

Les deux comptes sont certifiés. Ils décrivent le même argent différemment.

Et les trois bénéficiaires du même guichet ne font pas pareil : Renaissance et Horizons inscrivent leur part en « contributions de partis » — c'est-à-dire comme le MoDem ne le fait pas. Une même opération produit donc deux écritures différentes selon le destinataire.

Ce wiki ne tranche pas laquelle est la bonne et n'y voit aucune irrégularité : les deux lectures sont défendables selon qu'on regarde l'origine du fonds ou le circuit de versement. Il en retient une conséquence pratique — on ne peut pas agréger la ligne « aide publique » de plusieurs partis et espérer un total qui ait un sens.

3. Renaissance est le parti le plus endetté auprès des banques de France.

Emprunts bancaires, 2024 Montant
Renaissance 16 129 108 €
Les Républicains 8 708 725 €
Les Écologistes 5 549 484 €
La France insoumise 4 446 005 €
Parti socialiste 3 474 408 €
Parti communiste français 1 033 527 €
Rassemblement national 0 €

Renaissance emprunte aux banques presque deux fois plus que Les Républicains, et plus que le PS, LFI et les Écologistes réunis.

4. Et voici la symétrie que ces deux tableaux dessinent ensemble.

Montant Nature
Dette bancaire de Renaissance 16 129 108 € Établissements de crédit
Dette du RN envers des personnes physiques 16 029 243 € Particuliers

Les deux plus grosses dettes de la vie politique française sont à 100 000 € près du même montant, et d'une nature entièrement opposée. L'une est bancaire et le RN n'en a aucune ; l'autre est privée et Renaissance n'en a aucune.

Ce wiki n'en tire aucun jugement — un emprunt bancaire n'est pas plus vertueux qu'un prêt de particulier, et l'inverse non plus. Mais la fiche sur le RN présentait sa structure d'endettement comme singulière. Elle l'est en nature, pas en ampleur.

5. L'UDR ne perçoit rien de l'État.

Zéro au titre des deux fractions, zéro contribution d'autres partis. Ses 760 013 € de produits viennent presque entièrement de dons (429 783 €) et de cotisations (282 401 €) — soit 94 % de ressources privées, la proportion la plus élevée des quatre. Aucun emprunt, d'aucune sorte.

Réserve nécessaire : l'absence d'aide publique ne traduit pas un choix. La première fraction est répartie d'après les résultats aux législatives de 2024 ; ce wiki n'a pas vérifié sous quelle étiquette les candidats devenus UDR y ont concouru, et ne peut donc pas dire si l'UDR n'y a pas droit ou si son aide est perçue ailleurs.

4 ter. Les situations nettes des douze principales formations, sur une base homogène#

Ce tableau n'existait pas : l'avis publie des situations nettes pour les formations de ses tableaux nominatifs, la presse en publie d'autres pour les formations absentes, et les deux ne mesuraient pas la même chose.

La définition, retrouvée par recoupement#

L'avis publie « situation nette : −11 002 866 € » pour le RN et « −3 643 380 € » pour Les Républicains, sans dire comment ces montants sont construits. Le fichier comptable permet de le retrouver :

Rassemblement national Les Républicains
Fonds propres (Total I du passif) −20 735 615 € −4 840 763 €
+ Provisions (Total II) +9 732 749 € +1 197 383 €
= Situation nette −11 002 866 € −3 643 380 €
Valeur publiée par l'avis −11 002 866 € −3 643 380 €

Une précision apportée le 26 août 2026, après lecture du fichier de données. La reconstitution est exacte à l'euro sur LR. Sur le RN, elle tombe à un euro près : le fichier CNCCFP donne des provisions de 9 689 789 + 42 961 = 9 732 750 €, d'où une situation nette de −11 002 865 €, quand l'avis au Journal officiel publie −11 002 866 €.

Les deux documents émanent de la même autorité et divergent d'un euro. Ce wiki n'a pas d'explication — arrondi, correction postérieure, saisie — et conserve la valeur de l'avis, qui est la publication officielle. La formule reste établie ; c'est sa vérification qui n'est pas parfaite.

L'identité tombe juste à l'euro près, sur deux formations et sur des valeurs très différentes. Ce wiki retient donc que situation nette = fonds propres + provisions dans la convention de l'avis. (C'est une reconstitution, pas une définition citée.)

Pourquoi cela compte. Pour la plupart des partis, l'écart est négligeable. Pour le RN, il vaut 9 732 749 € — ses provisions pour risques. Comparer le « +21,7 M€ » de fonds propres de Renaissance, qui circulait dans la presse, au « −11 002 866 € » de situation nette du RN, publié par l'avis, revenait à comparer deux agrégats distincts et faussait l'écart de près de dix millions d'euros.

Le tableau, toutes formations sur la même base#

Formation Fonds propres Provisions Situation nette
Parti communiste français 34 289 508 € 213 635 € +34 503 143 €
Parti socialiste 32 708 180 € 727 228 € +33 435 408 €
Renaissance 21 769 350 € 12 895 € +21 782 245 €
Les Écologistes 10 476 722 € 85 743 € +10 562 465 €
Mouvement démocrate 6 434 478 € 445 344 € +6 879 822 €
Reconquête ! 4 935 927 € 200 000 € +5 135 927 €
Horizons 1 553 398 € 0 € +1 553 398 €
La France insoumise 1 036 410 € 12 128 € +1 048 538 €
UDR 382 881 € 0 € +382 881 €
Debout la France −582 746 € 0 € −582 746 €
Les Républicains −4 840 763 € 1 197 383 € −3 643 380 €
Rassemblement national −20 735 615 € 9 732 749 € −11 002 866 €

Deux observations, et rien de plus.

La première : les deux formations les mieux dotées du pays sont le PCF et le PS — c'est-à-dire deux partis dont le poids électoral actuel est sans commune mesure avec ce patrimoine. Il s'agit d'actifs accumulés sur des décennies, principalement immobiliers. La situation nette mesure une histoire, pas une force politique présente.

La seconde : les deux seules situations nettes négatives des grandes formations sont celles des Républicains et du Rassemblement national. Ce wiki n'en tire aucune conclusion et rappelle qu'une situation nette négative n'est ni une faute ni un risque en soi pour un parti dont les ressources publiques sont récurrentes.

5. Ce que l'aide publique finance chez les autres#

Les partis dotés reversent aussi, sans être des guichets.

Formation Reverse à Montant
Les Écologistes Génération.s 355 031 €
Génération écologie 172 462 €
Ensemble sur nos territoires 37 119 €
Les Nouveaux Démocrates 24 128 €
Territoires 44 14 080 €
La France insoumise Parti de gauche 241 750 €
Révolution écologique pour le vivant 237 119 €
Picardie debout (mouvement de François Ruffin) 70 400 €
Les Républicains Force républicaine (mouvement de Bruno Retailleau) 30 000 €
A2M 8 280 €
Parti communiste français Tavini Huiraatira no te Ao Ma'ohi 105 790 €
Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale 35 263 €
Rassemblement national Le Rassemblement pour la République 15 000 €
Reconquête ! Marseille d'abord 20 000 €
Parti socialiste Association des élus socialistes Auvergne-Rhône-Alpes 8 511 €

Ces transferts sont légaux, déclarés et publiés. Les relever n'est pas les mettre en cause. Deux méritent d'être signalés parce qu'ils concernent des candidats déclarés :

  • Bruno Retailleau dirige Force républicaine, qui a reçu 30 000 € des Républicains.
  • François Ruffin anime Picardie debout, qui a reçu 70 400 € de LFI — versement antérieur à sa rupture publique avec le mouvement.
  • Raphaël Glucksmann préside Place publique, qui n'a perçu que 7 499 €, par Régions et peuples solidaires. C'est un ordre de grandeur qui éclaire, sans le juger, l'adossement de sa candidature au Parti socialiste.

6. La police du financement : ce que la Commission fait et ne fait pas#

Indicateur (exercice 2024) Valeur
Formations tenues de déposer des comptes 635
Comptes déposés 575 — dont 531 conformes (92,3 %)
Comptes non déposés 60 (9,4 %)
Procédures contradictoires engagées 341
Comptes corrigés après échange 78 (13,5 %)
Non-respect des obligations légales constaté 104 partis
Perte du droit à réduction d'impôt — 1 an 33 cas (dont 3 avec perte de l'aide publique)
— 2 ans 20 cas
— 3 ans 29 cas
Signalements aux procureurs de la République 42 formations

Le chiffre des signalements baisse fortement : 79 en 2018, 63 en 2023, 42 en 2024 — soit 6,6 % des formations contre 14,8 % en 2018. L'avis ne commente pas cette baisse. Elle peut signifier une amélioration des pratiques ou un changement de doctrine de la Commission ; le document ne permet pas de trancher.

Un point de méthode important pour lire les fiches de partis de ce wiki :

« le respect des obligations prévues à l'article 11-7 […] n'exclut pas l'existence d'irrégularités. C'est pourquoi la Commission peut considérer qu'un parti politique respecte ses obligations tout en constatant une irrégularité susceptible de constituer une infraction pénale ou fiscale ».

Un compte validé par la CNCCFP n'est donc pas un quitus. L'inverse vaut aussi : un signalement n'est pas une condamnation.

Les prêts aux candidats, et 58 signalements#

L'avis décrit un contrôle peu connu. Un prêt d'un parti à un candidat compte comme apport personnel dans le compte de campagne, ce qui augmente le remboursement forfaitaire versé par l'État. Le candidat remboursé doit ensuite rembourser le parti. S'il ne le fait pas, « le candidat a bénéficié d'un remboursement de l'État sur des dépenses qu'il n'a pas réellement supportées ».

La Commission a interrogé 22 partis sur des prêts non remboursés et a procédé, au titre de l'exercice 2023, à 58 signalements au procureur de la République. D'autres suivront pour 2024.

Ce wiki ne sait pas quels partis ni quels candidats sont concernés : l'avis ne les nomme pas.

Pour creuser#

Quatre exercices au lieu d'un : ce que les trajectoires montrent#

Ce wiki ne disposait que d'un instantané. Les exercices 2021, 2022 et 2023 ont été téléchargés le 26 août 2026 depuis data.gouv.fr, au même format que 2024. Quatre exercices consécutifs, la même autorité, les mêmes colonnes. Les tendances ne se lisent pas dans un instantané.

La situation nette, 2021-2024#

(fonds propres + provisions, selon la définition reconstituée plus haut ; en euros)

Parti 2021 2022 2023 2024 Tendance
Parti communiste français 39 464 419 35 075 073 34 363 696 34 503 143 stable, au plus haut
Parti socialiste 38 727 615 36 221 694 35 147 903 33 435 408 érosion continue — −5,3 M€
Renaissance 22 446 137 23 753 948 25 186 023 21 782 245 pic en 2023, recul en 2024
Les Écologistes 8 287 013 8 373 235 9 605 519 10 562 465 hausse régulière
MoDem 4 874 345 5 313 905 6 106 806 6 879 822 +41 % en trois ans
Reconquête 5 228 133 5 184 105 5 776 693 5 135 927 stable
Horizons 302 443 129 423 753 493 1 553 398 × 5
La France insoumise 6 876 307 2 004 737 1 657 335 1 048 538 effondrement — −85 %
Place publique 47 611 90 673 145 538 420 852 × 9
UDR 171 013 211 226 240 933 382 881 × 2,2
Debout la France −640 152 −324 319 −212 640 −582 746 redressement, puis rechute
Les Républicains +4 612 815 −1 709 446 −3 374 019 −3 643 380 bascule en 2022
Rassemblement national −19 324 921 −19 943 219 −16 162 887 −11 002 865 redressement de 8,3 M€

Quatre lectures que l'instantané de 2024 ne permettait pas :

  • Le RN se désendette vite. Sa situation nette s'est améliorée de 8,3 millions d'euros en trois ans, pendant que ses produits doublaient. Il reste la formation la plus négative — mais la trajectoire va dans l'autre sens que ce que « le parti le plus endetté » laisse entendre.
  • La France insoumise encaisse deux fois plus et possède six fois moins. Ses produits passent de 6,2 à 13,8 M€ ; sa situation nette de 6,9 à 1,0 M€. Les deux courbes se croisent, et ce wiki n'a pas d'explication : c'est un dossier à instruire.
  • Les Républicains ont basculé en 2022, pas en 2024. Le déficit est installé depuis quatre exercices, et il se creuse chaque année.
  • Horizons et Place publique sont les deux seules croissances fortes du tableau — de très petites bases, mais multipliées par cinq et par neuf.

Le basculement de guichet, enfin daté#

Ce wiki avait établi que la ligne « aide publique » de Renaissance était trompeuse. La série montre exactement quand et comment.

Aide publique perçue 2021 2022 2023 2024
Renaissance 20 960 439 20 981 737 0 0
Ensemble ! (majorité présidentielle) — 0 19 517 061 19 474 807

Le basculement a lieu en 2023, et il est total : Renaissance cesse de percevoir l'aide publique en propre du jour au lendemain, et une structure créée pour cela la perçoit intégralement à sa place. Les produits de Renaissance chutent en conséquence de 34,9 à 16,2 millions.

Rien là n'est irrégulier — c'est un choix d'organisation. Mais il rend inutilisable toute série chronologique construite sur la seule ligne « aide publique » d'un parti, et c'est exactement le piège que ce wiki signalait sans pouvoir le dater.

D'où vient l'argent : trois structures, trois modèles#

Rassemblement national La France insoumise Reconquête
Cotisations d'adhérents 1 382 652 € (2021) → 3 071 583 € (2024) — plus du double 0 € sur les quatre exercices 2 444 028 € → 1 770 734 €, après un pic à 5 721 064 € en 2022
Dons de personnes physiques 631 047 € → 1 030 789 € 956 146 € → 1 315 768 € 4 129 237 € → 1 398 497 €
Aide publique 5 178 178 € → 10 175 686 € — doublée en 2023 4 382 627 € → 7 944 926 € 0 € en 2021-2022, puis 1,6 M€

Trois faits qui méritent d'être posés :

  • La France insoumise ne perçoit aucune cotisation d'adhérent — zéro euro, sur les quatre exercices. C'est un choix de modèle, cohérent avec son organisation en « mouvement » sans adhésion payante. Elle dépend donc de l'aide publique et des dons à hauteur de l'essentiel de ses ressources.
  • Le RN a plus que doublé ses cotisations d'adhérents en trois ans. C'est la seule des trois structures dont la ressource militante progresse fortement.
  • Le doublement de l'aide publique du RN et de LFI en 2023 n'a rien de mystérieux : la première fraction est assise sur les résultats des législatives de 2022, et le nouveau barème s'applique à compter de l'exercice suivant.

L'effet « année présidentielle », visible dans les comptes#

C'est ce que 2027 fera aux comptes de 2027, et la série de 2022 le montre :

Produits 2021 2022 2023
Reconquête 7 851 487 14 156 677 7 692 434
Renaissance 30 714 664 34 866 826 16 173 589

Reconquête double ses produits l'année de l'élection, puis retombe. Ses cotisations passent de 2,4 à 5,7 M€, ses dons de 4,1 à 5,5 M€ — et tout redescend l'année suivante. C'est la courbe d'un parti de campagne, et il faudra s'en souvenir en lisant les comptes de l'exercice 2027, qui ne seront publiés qu'en 2029.

Les 575 formations, cette fois toutes regardées#

Ce wiki en documentait une quinzaine. Le fichier de la CNCCFP en contient 575 pour le seul exercice 2024, et 718 formations distinctes apparaissent au moins une fois sur les quatre exercices 2021-2024 — soit environ cent quarante formations qui ont disparu, fusionné ou cessé de déposer en quatre ans. Le balayage ci-dessous a été fait le 26 août 2026 sur les quatre fichiers, colonne par colonne, sans sélection préalable.

Ce que ces classements ne sont pas

Figurer dans une de ces listes n'est ni une infraction, ni un soupçon. Les fonds propres négatifs sont un fait comptable ordinaire chez un parti qui s'est endetté pour une campagne. Les emprunts auprès de personnes physiques sont légaux pour un parti — c'est le régime de la campagne présidentielle qui les interdit au candidat, pas celui des partis. Ces montants figurent dans un fichier que la CNCCFP publie elle-même, après dépôt de comptes certifiés par deux commissaires aux comptes. Ce qui est signalé ici, c'est l'ordre de grandeur, pas une anomalie.

La concentration : douze formations, 78 % de l'argent#

Les 575 formations de l'exercice 2024 déclarent 208 620 191 € de produits cumulés.

Rang Formation Produits 2024 Part du total
1 Parti communiste français 31 609 024 € 15,2 %
2 Renaissance 19 487 435 € 9,3 %
3 Ensemble ! 19 474 809 € 9,3 %
4 Rassemblement national 18 704 246 € 9,0 %
5 Parti socialiste 15 742 678 € 7,5 %
6 Les Républicains 15 687 744 € 7,5 %
7 La France insoumise 13 786 068 € 6,6 %
8 Les Écologistes 8 790 155 € 4,2 %
9 Reconquête ! 5 552 102 € 2,7 %
10 Lutte ouvrière 4 839 645 € 2,3 %
11 Mouvement démocrate 4 629 694 € 2,2 %
12 NPA l'Anticapitaliste 3 902 983 € 1,9 %
Total des douze 162 206 583 € 77,8 %

Douze formations sur 575 concentrent plus des trois quarts de l'argent déclaré. Les 563 autres se partagent 46 millions, soit une moyenne de 82 000 € — l'ordre de grandeur d'un petit budget associatif.

Deux enseignements de ce tableau ne sont pas ceux qu'on attend :

Le Parti communiste français est, et de loin, la formation politique la mieux dotée du pays. Ses 31,6 M€ font 1,6 fois les produits de Renaissance ou du RN. Ce wiki l'avait déjà établi sur la situation nette ; c'est également vrai sur le flux annuel. La fiche du PCF en donne la mécanique : 6,9 % d'aide publique seulement, et 17,4 M€ de cotisations, dont l'essentiel provient de ses élus locaux.

Deux formations sans aucun élu national figurent dans les douze premières : Lutte ouvrière (4,8 M€, 10ᵉ) et le NPA (3,9 M€, 12ᵉ). Elles ne touchent aucune aide publique. Le classement par l'argent n'est pas le classement par les sièges, et il ne l'est pas non plus par les voix.

Les fonds propres les plus négatifs#

Formation Fonds propres 2024 Documentée par ce wiki ?
Rassemblement national −20 735 615 € oui
Les Républicains −4 840 763 € oui
Écologie au Centre −4 461 808 € non — instruite plus bas
Debout la France −582 746 € oui
Identité Libertés −470 856 € non
Nouvelle Donne −382 139 € non
Alliance solidaire des Français de l'étranger −327 414 € non
Cap 21 −238 901 € non
Amuitahira'a o te Nuna'a Maohi −128 599 € non
L'Alliance rurale −111 187 € non

Les emprunts auprès de personnes physiques les plus élevés#

Formation Emprunts personnes physiques 2024
Rassemblement national 16 029 243 €
Écologie au Centre 4 501 821 €
Identité Libertés 800 000 €
Reconquête ! 544 431 €
Debout la France 305 250 €
Parti animaliste 217 954 €
Parti communiste français 189 903 €
Il est cinq heures 122 229 €
L'Alliance rurale 108 243 €
Solidarité et Progrès 69 319 €

Le RN reste un cas isolé par le montant — c'est ce que dit déjà la section 3. Mais il n'est pas isolé par le mécanisme : dix formations recourent au même instrument, dont deux dont ce wiki n'avait jamais prononcé le nom.

Écologie au Centre : l'aide publique paie les intérêts, le capital ne bouge pas#

C'est la découverte la plus nette de ce balayage, et l'avis au Journal officiel permet de la lire jusqu'au bout — cette formation y figure dans six tableaux.

Écologie au Centre 2021 2022 2023 2024
Aide publique (1ʳᵉ fraction) 105 893 € 105 888 € 199 619 € 199 503 €
Cotisations des adhérents 1 080 € 1 390 € 1 060 € 1 440 €
Cotisations des élus — — — 3 876 €
Dons de personnes physiques 20 920 € 19 955 € 20 266 € 28 429 €
Total des produits 175 567 € 135 091 € 224 824 € 233 251 €
Intérêts et charges assimilées 34 705 € 33 931 € 33 706 € 33 717 €
Reversements à d'autres partis 6 100 € 12 200 € 23 534 € 23 534 €
Salaires et traitements 1 092 € 5 251 € 0 € 3 891 €
Total de l'actif 10 576 € 5 780 € 16 688 € 45 278 €
Emprunts auprès de personnes physiques 4 490 467 € 4 444 398 € 4 473 104 € 4 501 821 €
Fonds propres −4 492 187 € −4 445 339 € −4 611 217 € −4 461 808 €

Quatre faits, tous de cote A, tous lisibles dans les colonnes ci-dessus :

1. Elle ne vit que de l'aide publique. L'avis publie le ratio lui-même : 85,5 % des produits 2024. Ses adhérents lui versent 1 440 € dans l'année — pas 1 440 € par tête, 1 440 € au total. C'est le poste le plus faible du tableau.

2. Elle possède 45 278 € et doit 4 507 086 €. L'avis précise que 99,9 % de ces dettes sont l'emprunt auprès de personnes physiques. Le rapport entre ce que la formation détient et ce qu'elle doit est de 1 à 100.

3. Le capital n'a pas bougé de plus de 1,3 % en quatre exercices. Il n'est ni remboursé, ni augmenté. Les intérêts, eux, sont payés chaque année, pour un montant remarquablement stable autour de 33 700 € — soit un taux implicite de l'ordre de 0,75 %. Sur quatre exercices, la formation a reçu 610 903 € d'aide publique et versé 136 059 € d'intérêts : 22,3 % de l'argent public reçu a servi le passif envers des personnes physiques.

4. Elle redistribue. Le tableau des reversements de l'avis nomme les bénéficiaires 2024 : Cap 21 – Le Rassemblement citoyen, 7 294 € (3,66 %) et Écologie positive, 16 240 € (8,14 %). Ces deux formations n'ont, elles, aucune aide publique propre : Écologie au Centre est le guichet d'un petit ensemble, exactement comme Ensemble ! l'est pour la majorité présidentielle, à trois ordres de grandeur près.

Ce que ce wiki ne sait pas, et ne peut pas déduire

Rien de ce qui précède n'est une irrégularité. L'aide publique est due au vu des voix obtenues aux législatives ; les prêts de personnes physiques sont licites pour un parti ; les comptes ont été déposés dans les délais et certifiés sans observation, l'avis le publie. Le siège est déclaré dans le 12ᵉ arrondissement de Paris.

Ce wiki ignore en revanche qui a prêté, à quelle date, à quel taux contractuel et sous quelle échéance. Le fichier donne un solde, pas une convention. La dette existe déjà, à son montant actuel, au premier exercice disponible (2021) : son origine est hors du champ des données exploitées ici, et rien dans ce wiki ne permet de la dater ni de dire à quoi l'argent emprunté a servi.

Identité Libertés : une formation qui a changé de nom, et une année à 638 000 € de charges exceptionnelles#

Première chose à dire, parce que ce wiki l'a d'abord écrite de travers : sous le code CNCCFP n° 803, les exercices 2021, 2022 et 2023 ont été déposés sous la dénomination « Le Mouvement conservateur ». Le nom « Identité Libertés » apparaît à l'exercice 2024. C'est la même formation déclarée, et la série ci-dessous est donc continue — mais elle ne l'est pas sous le même nom.

Code CNCCFP n° 803 2021 2022 2023 2024
Dénomination déposée Le Mouvement conservateur idem idem Identité Libertés
Cotisations des adhérents 61 939 € 31 810 € 36 966 € 264 887 €
Dons de personnes physiques 28 599 € 20 150 € 25 633 € 67 659 €
Total des produits 100 068 € 52 526 € 156 946 € 429 656 €
Salaires et traitements 25 218 € 23 921 € 15 313 € 64 958 €
Charges exceptionnelles de gestion 0 € 0 € 0 € 637 970 €
Emprunts auprès de personnes physiques 0 € 0 € 0 € 800 000 €
Prêts aux candidats (actif) 0 € 0 € 0 € 171 530 €
Total de l'actif 97 268 € 93 763 € 125 791 € 406 082 €
Fonds propres +66 451 € +64 321 € +110 692 € −470 856 €

Le déficit de 585 554 € ne vient pas de l'exploitation. Le résultat courant est positif de 51 682 €. Ce qui bascule les comptes, c'est une ligne unique : 637 970 € de charges exceptionnelles sur opérations de gestion, sans contrepartie. L'avis ne dit pas ce qu'elle recouvre, et ce wiki ne le déduira pas.

Deux autres observations, factuelles :

  • Les cotisations des adhérents sont multipliées par 7,2 en un exercice — de 36 966 à 264 887 €. Une formation qui empruntait zéro emprunte 800 000 € la même année, et inscrit 171 530 € de prêts aux candidats à son actif.
  • Les intérêts reçus et les intérêts versés s'égalisent au centime : 27 263,29 € de « produits des autres immobilisations financières » face à 27 263,29 € d'« intérêts et charges assimilées ». Le compte est cohérent avec un portage sans marge — la formation emprunte et reprête au même coût — mais ce wiki présente cette lecture comme une hypothèse de mécanique comptable, pas comme un fait établi.

Un point mérite d'être signalé pour lui-même : dans le tableau de suivi de l'avis, Identité Libertés est portée « comptes certifiés avec des observations », là où Écologie au Centre est en « certification simple ». L'avis publie la mention, jamais le contenu de l'observation. Siège déclaré dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, formation non bénéficiaire de l'aide publique.

Les plus fortes croissances 2021 → 2024#

Rapport des produits 2024 aux produits 2021, pour les formations pesant au moins 200 000 € en 2021 — seuil retenu pour éviter les rapports fantaisistes obtenus sur de très petites bases.

Formation 2021 2024 Rapport
Horizons 359 396 € 3 530 387 € × 9,8
Parti animaliste 328 120 € 1 043 817 € × 3,2
Union populaire républicaine 732 300 € 1 902 196 € × 2,6
UDR — Union des droites pour la République 299 702 € 760 013 € × 2,5
La France insoumise 6 170 949 € 13 786 068 € × 2,2
Rassemblement national 9 553 471 € 18 704 246 € × 2,0
Lutte ouvrière 2 904 728 € 4 839 645 € × 1,7

Horizons multiplie ses produits par près de dix, mais son point de départ est celui d'un parti fondé en octobre 2021 : le rapport mesure une montée en charge, pas une performance. LFI et le RN doublent l'un et l'autre, ce qui n'est pas un effet de guichet : leur aide publique n'a pas doublé sur la période.

Sources#

0 ter. CNCCFP, comptes des partis et groupements politiques, exercices 2021, 2022 et 2023, fichiers CSV (A) — ✅ TÉLÉCHARGÉS ET EXPLOITÉS le 26 août 2026 depuis data.gouv.fr, même format que l'exercice 2024 : ils donnent les trajectoires sur quatre exercices — https://www.data.gouv.fr/datasets/comptes-des-partis-et-groupements-politiques/

  1. CNCCFP, Comptes des partis et groupements politiques, fichier comptes_partis_exercice_2024.csv (A — données officielles déposées au titre de l'article 11-7 de la loi du 11 mars 1988, Licence ouverte) — ✅ TÉLÉCHARGÉ ET EXPLOITÉ le 25 août 2026 : 575 formations, 163 postes comptables. C'est la source de la section 4 bis, des classements d'endettement et de la ventilation de l'aide publique — https://www.data.gouv.fr/datasets/comptes-des-partis-et-groupements-politiques

  2. Avis relatif à la publication générale des comptes des partis et groupements politiques au titre de l'exercice 2024, CNCCFP, délibéré en séance du 18 décembre 2025, publié au Journal officiel du 10 février 2026, NOR CCCJ2602899V, 46 pages (A — texte publié au JO) — lu intégralement le 25 août 2026 — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053453043

  3. Tableau n° 6 (répartition de l'aide et colonne Modulation), n° 9 et 10 (produits), n° 11 (charges), n° 13 (reversements), n° 15 (dettes), n° 16 et 17 (participation aux campagnes)
  4. Loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, articles 8 à 11-9 — notamment 9-1 (modulation pour non-respect de la parité) et 11-3-1 (encadrement des prêts de personnes physiques) (A) — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000321646
  5. Décret n° 2026-149 du 3 mars 2026 portant répartition de l'aide publique 2026 (A) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053613045
  6. Loi n° 2017-1339 du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique, article 25 (A) — origine de l'encadrement des prêts et des sanctions pénales visant les dirigeants
  7. Règlement ANC n° 2018-03 du 12 octobre 2018 relatif aux comptes d'ensemble des partis, homologué par arrêté du 26 décembre 2018 (A)

Cotation. La totalité des montants de cette fiche est de cote A : ils sont lus directement dans un texte publié au Journal officiel. Les calculs dérivés — somme des dons et cotisations par parti, première fraction avant modulation, retenue implicite de 2026 — sont des additions et soustractions faites par ce wiki à partir de ces montants ; ils sont signalés comme tels et leur détail est vérifiable ligne à ligne.

Limites#

  • L'avis au Journal officiel et le fichier de données de la CNCCFP divergent — d'un euro sur la situation nette du RN, de deux euros entre les produits et l'aide publique d'Ensemble !. Ces écarts sont minuscules et sans portée, mais ils signifient qu'il ne faut pas mélanger les deux sources dans un même calcul.
  • ~~Les trajectoires portent sur quatorze formations, choisies par ce wiki. Les 561 autres du fichier ne sont pas suivies.~~ Partiellement levé le 26 août 2026 : les 575 formations de 2024 et les 718 des quatre exercices ont été balayées sur les postes fonds propres, emprunts et produits. Le balayage est exhaustif sur ces trois postes seulement — les 160 autres colonnes ne sont toujours instruites que pour la quinzaine de formations documentées.
  • Le balayage donne des soldes, pas des explications. Pour Écologie au Centre comme pour Identité Libertés, ce wiki constate des montants ; il n'a ni l'identité des prêteurs, ni les conventions de prêt, ni les rapports des commissaires aux comptes. L'avis signale qu'Identité Libertés a vu ses comptes certifiés avec des observations — mais il ne publie jamais le contenu de l'observation, et cette limite-là n'est pas franchissable par lecture.
  • L'identification des personnes reste à faire. Ce wiki sait ce que ces deux formations déclarent et où elles siègent ; il ne sait pas qui les dirige, et n'a rattaché ni l'une ni l'autre à un candidat de 2027. Le changement de dénomination du Mouvement conservateur en Identité Libertés est établi par le seul fichier de la CNCCFP — aucune source extérieure ne l'a confirmé ici.
  • Le fichier ne remonte pas avant 2021. La dette de 4,5 M€ d'Écologie au Centre est déjà là au premier exercice disponible : son origine est hors du champ des données exploitées ici, et rien dans ce wiki ne permet de la dater.
  • Les causes ne sont pas établies. Le croisement des courbes de La France insoumise — produits qui doublent, situation nette divisée par six — est constaté, pas expliqué. Ce wiki ne dispose ni des comptes détaillés, ni des rapports du commissaire aux comptes.

  • L'avis porte sur l'exercice 2024, pas sur 2026. Les comptes 2025 seront publiés début 2027, les comptes 2026 en 2028 — après le scrutin. Aucune donnée comptable certifiée ne couvrira la campagne avant qu'elle ait eu lieu.

  • ~~Renaissance, le Mouvement démocrate, Horizons et l'UDR ne figurent pas dans les tableaux nominatifs.~~ Levé le 25 août 2026. Ils sont absents des tableaux de l'avis, mais présents dans le fichier structuré que la CNCCFP publie sur data.gouv.fr — 575 formations, 163 postes chacune. Les quatre passent en cote A (section 4 bis). Ce wiki avait conclu trop vite que l'asymétrie était « structurelle » : elle tenait au choix du document. L'avis n'était pas la seule publication officielle.
  • La ventilation 2026 des retenues pour non-parité est inconnue. Le décret ne publie que le montant net. Les 4 108 582,31 € calculés ici sont un total déduit, non une donnée publiée ; leur répartition par parti demanderait une demande à la CNCCFP ou au ministère de l'intérieur.
  • L'avis est anonymisé. Aucun prêteur personne physique n'est nommé, aucun parti signalé au procureur n'est identifié, aucun des 22 partis interrogés sur les prêts non remboursés n'est désigné. Les totaux sont publics, les noms ne le sont pas.
  • Le poste « Autre » des produits n'est pas détaillé par parti. Il pèse 30,8 % chez LFI et 37,9 % au PCF — soit, dans les deux cas, plus que l'aide publique. Ce qu'il recouvre exactement pour un parti donné n'est pas lisible dans l'avis.
  • Les données sont non consolidées : les reversements entre partis sont comptés deux fois. L'avis le dit ; ce wiki le répète mais ne peut pas le corriger.
  • La clé de répartition d'Ensemble ! est celle de 2024. Rien ne garantit qu'elle soit la même en 2026, alors que les trois partis bénéficiaires portent désormais des candidatures concurrentes. C'est une piste à suivre en priorité : un changement de clé serait un signal politique fort.
  • La baisse des signalements au procureur (79 → 42) n'est pas expliquée par l'avis, et ce wiki n'a pas cherché à l'expliquer.
  • Le fichier CSV ne relie pas les payeurs aux bénéficiaires. Il donne, pour chaque parti, ce qu'il a versé et ce qu'il a reçu — jamais à qui ni de qui. Le rapprochement Ensemble ! → Renaissance repose sur la concordance des montants avec l'avis, non sur un lien déclaré. Il est très probable ; il n'est pas démontré par ces données seules.
  • Les 571 autres formations du fichier ne sont pas instruites. Ce wiki en a lu quatre de plus. Le fichier contient notamment des formations à fonds propres très négatifs et à emprunts privés élevés dont aucune fiche ne parle.
  • ~~L'exercice 2024 seul a été exploité, alors que le fichier existe aussi pour 2021, 2022 et 2023.~~ Levé le 26 août 2026 : les quatre exercices sont téléchargés et exploités.
  • Prochaine piste : les exercices antérieurs à 2021. Tout ce qui manque sur Écologie au Centre tient dans une date — celle où la dette de 4,5 M€ est née. Elle est déjà là au premier exercice publié en fichier structuré. La CNCCFP publie les avis des exercices précédents au Journal officiel depuis bien plus longtemps : c'est là qu'il faut chercher, avis par avis, l'exercice où la situation nette bascule. Le même chemin donnerait ce que recouvrent les 637 970 € de charges exceptionnelles d'Identité Libertés — l'exercice 2025, attendu début 2027, dira au moins si elles se reproduisent.