Aller au contenu

La Fondation Combat et Matthieu Pigasse#

En bref#

Matthieu Pigasse, banquier d'affaires et président de Combat Media (Radio Nova, Les Inrockuptibles, festivals Rock en Seine et We Love Green), a annoncé devant le Sénat, le 11 juin 2026, la création prochaine d'une Fondation Combat.

Il assume mener une « bataille culturelle » qu'il juge « inégale », se décrivant comme « le petit village gaulois d'Astérix au milieu des milliardaires conservateurs ». Il affirme simultanément que la fondation « n'aura aucune vocation politique ».

Cette fiche a été reprise le 25 août 2026 à partir du compte rendu intégral de l'audition (rapport n° 860, tome II, p. 891), où Matthieu Pigasse et Emmanuel Hoog, directeur général de Combat Media, ont parlé sous serment. Elle en tire un fait qu'aucun compte rendu de presse consulté ne donnait, et qui joue contre la thèse de l'asymétrie que cette fiche défendait : la rapporteure lui lit une déclaration faite à l'émission Quotidien selon laquelle son objectif est « de chercher à imposer des thèmes, des idées à travers les médias, avec l'objectif de gagner la bataille électorale ». Il ne la récuse pas.

Cette fiche existe pour une raison précise et vérifiable : le rapport du Sénat lui-même associe Matthieu Pigasse et Pierre-Édouard Stérin dans une même phrase, comme les deux « acteurs emblématiques » du sujet. Ce n'est pas ce wiki qui construit ce rapprochement.

C'est la seconde fiche du cercle 3.4, et elle honore la règle de symétrie que la fiche Projet Périclès déclarait jusqu'ici non tenue.


Établi / Allégué / Infondé#

Établi (cote A) — Matthieu Pigasse préside Combat Media, groupe qu'il a fondé en 2009 et dont il déclare sous serment être le seul actionnaire depuis l'origine, n'en avoir « jamais retiré le moindre euro de rémunération, sous quelque forme que ce soit : ni salaire, ni dividende », et que le groupe ne bénéficie d'aucun soutien public. Il a été auditionné le 11 juin 2026 avec Emmanuel Hoog, directeur général de Combat Media ; les deux ont prêté serment, et l'audition s'est tenue en présentiel. Ils y ont annoncé la création d'une Fondation Combat, qui sera dirigée par Wassila Meddas, destinée à regrouper des aides déjà versées à des associations, dont Banlieues Climat. Le rapport n° 860 du Sénat, adopté le 7 juillet 2026, le cite nommément aux côtés de Pierre-Édouard Stérin.

Allégué — L'affirmation, faite par Matthieu Pigasse lui-même, que « cinq ou six milliardaires conservateurs » contrôleraient 80 à 90 % des médias français. C'est son estimation, avancée en audition, et ce wiki ne l'a pas vérifiée. Est également allégué le constat qu'il rapporte d'une « pression de plus en plus grande » des collectivités locales sur la programmation des festivals.

Infondé — Rien n'établit un financement de candidat, de parti ou de campagne pour l'élection de 2027. Aucun document interne n'a été révélé, aucune commission d'enquête ne l'a mis en cause, aucune procédure judiciaire n'est documentée. La Fondation Combat, au 24 août 2026, est annoncée et non constituée à la connaissance de cette fiche.


Identité#

Nom Matthieu Pigasse
Qualité retenue par le Sénat Président de Combat Media
Groupe Combat Media, fondé en 2009 — Pigasse en est le seul actionnaire, sans rémunération d'aucune sorte
Directeur général Emmanuel Hoog
Quatre pôles déclarés Presse et édition (Les Inrockuptibles) · Radio (Radio Nova) · Production audiovisuelle (~20 documentaires par an) · Festivals et spectacle vivant
Festivals accompagnés Quatre, « parmi les plus importants » — sur plus de mille en France (Emmanuel Hoog)
Activité de mécénat Aucune à ce jour — « Nous n'avons pas d'activité de mécénat » (Emmanuel Hoog)
Structure annoncée Fondation Combat, dirigée par Wassila Meddas — annoncée le 11 juin 2026, non constituée à date
Financement public Aucun — « Je n'ai jamais rien demandé à l'État » (Matthieu Pigasse)
Auditionné 11 juin 2026, commission d'enquête du Sénat, en présentiel, sous serment
Cercle 3.4 — influenceur : influence supposée, ni déclarée comme électorale, ni prouvée

Pourquoi cette fiche existe#

Ce wiki s'est imposé une règle de symétrie : ce qu'on écrit sur un acteur d'une sensibilité, on doit accepter de l'écrire sur son équivalent de la sensibilité opposée, dans les mêmes termes et au même niveau d'exigence.

La fiche Projet Périclès déclarait explicitement cette règle non honorée : aucune structure de sensibilité opposée n'avait fait l'objet d'une recherche équivalente.

Le point décisif est que ce n'est pas ce wiki qui a construit le rapprochement. Le rapport du Sénat écrit, dans son avant-propos :

« Cette interrogation ne saurait réduire le sujet à quelques acteurs emblématiques, au premier rang desquels figurerait M. Pierre-Edouard Stérin et M. Matthieu Pigasse, dont les actions et les déclarations ont été fortement médiatisées »

Deux hommes, deux sensibilités opposées, cités dans la même phrase par une commission d'enquête parlementaire — et tous deux auditionnés à une semaine d'intervalle, le 4 puis le 11 juin 2026.

Il faut lire cette phrase entièrement : le Sénat les nomme pour refuser d'y réduire son sujet. Le rapport insiste — « l'objectif de la commission n'est donc pas d'entraver le développement de la philanthropie ».

Ce wiki a mis du temps à honorer cette seconde moitié de la phrase. Il a longtemps documenté exactement les deux acteurs que le Sénat désigne pour refuser d'y réduire son sujet. La commission en a pourtant entendu d'autres : la fiche Olivier Legrain — ancien industriel, mécène de médias indépendants, auditionné le 21 mai 2026 — a été ouverte pour cette raison, et pour aucune autre. Elle documente un troisième modèle : financer, puis remettre la gouvernance à d'autres.

La symétrie posée en séance par un sénateur#

Elle n'a pas eu à être déduite. Lors de l'audition du 11 juin 2026, le sénateur Roger Karoutchi (LR) a interpellé Matthieu Pigasse sur l'asymétrie perçue : Pierre-Édouard Stérin serait-il « moins légitime » à soutenir des initiatives ?

Un sénateur de droite a donc posé, à un patron de presse de gauche, exactement la question que la règle de symétrie de ce wiki impose de poser. La rapporteure Colombe Brossel (PS), à l'initiative de la commission, s'est de son côté interrogée sur la frontière entre influence politique et mécénat culturel.

Le compte rendu intégral donne les termes exacts de l'interpellation, qui posent la règle mieux que ce wiki ne saurait le faire :

« Vous êtes un homme de gauche, lui est un homme de droite ; ni lui ni vous ne cachez vos combats politiques. Mais la question, pour nous, est ailleurs : il s'agit du respect de la légalité. […] considérez-vous que votre action est légitime et légale, contrairement à l'action de monsieur Stérin ? Si oui, expliquez-moi pourquoi : légalement, cela m'intéresse. »

Le même sénateur a formulé, sur le festival Rock en Seine, un grief qu'il faut rapporter avec son motif et sans le valider : il déclare avoir cessé de s'y rendre parce que « l'atmosphère a changé », en tant que président du groupe d'amitié France-Israël au Sénat, et juge « compréhensible » que la ville de Saint-Cloud, le département des Hauts-de-Seine et la région Île-de-France aient cessé de soutenir ce festival.

Le retrait des trois collectivités est un fait ; son motif ne l'est pas. Ce wiki n'a pas instruit les délibérations concernées, et n'a pas vérifié si ces collectivités ont motivé leur retrait de la manière que le sénateur suggère. Matthieu Pigasse n'a pas répondu sur ce point dans le passage lu.

La tension centrale — et son parallèle#

C'est le résultat le plus notable de ce rapprochement, et il n'était pas prévisible.

Pierre-Édouard Stérin Matthieu Pigasse
Sensibilité déclarée « à droite de l'extrême droite » sur l'immigration mène une « bataille culturelle » contre « les milliardaires conservateurs »
Qualification de son action « métapolitique », non politique la fondation « n'aura aucune vocation politique »
Objectif électoral déclaré publiquement « permettre aux personnes convaincues […] de voter en cohérence » « avec l'objectif de gagner la bataille électorale » (Quotidien, lu en séance)
Rapport à l'État exilé fiscal en Belgique depuis 2012, « je ne bénéficie d'aucun avantage fiscal » « Je n'ai jamais rien demandé à l'État », aucun soutien public
Audition 4 juin 2026, en visioconférence, après deux refus de comparaître devant l'Assemblée 11 juin 2026, en présentiel
Structure de propriété actionnaire unique de Périclès seul actionnaire de Combat Media, sans rémunération
Constat de la rapporteure « Nous n'avons pas vraiment obtenu les réponses à nos questions sur la transparence » —

Les deux hommes, de sensibilités opposées, emploient la même formule défensive : l'action serait culturelle ou métapolitique, pas politique. C'est structurellement la même ligne de défense, et elle appelle la même question — celle que pose la rapporteure : où passe la frontière ?

Ce wiki ne la tranche pour aucun des deux.

La ligne que Matthieu Pigasse trace lui-même#

Il refuse le parallèle, et il faut rapporter ses termes plutôt que les résumer :

« Je ne me définis pas par rapport à monsieur Stérin, qui n'est en aucune façon une référence pour moi. Il fait ce qu'il veut, il dit ce qu'il veut : cela ne me regarde pas. »

« Ce qui me rend peut-être sympathique, c'est que je ne me cache pas. […] Je ne fais pas de métapolitique, je ne dissimule pas mes convictions. On me le reproche d'ailleurs suffisamment. Je ne fais pas de patriotisme depuis l'étranger en méprisant les règles qui sont les nôtres. Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. »

Il ouvre par ailleurs son audition en soulignant qu'il comparaît en personne, « et pas en visioconférence, comme monsieur Stérin, qui, lui, préfère faire de la métapolitique, autrement dit du patriotisme, en télétravail » — ce qui lui vaut un rappel à l'ordre de la présidente.

Ce wiki rapporte ces attaques comme ce qu'elles sont : les propos d'une partie sur l'autre. Elles ne valent pas démonstration. Le fait qu'un acteur se déclare plus transparent que son opposé n'établit pas qu'il le soit.

L'objection qu'il oppose à la commission, et qui mérite d'être entendue#

« Nous sommes le seul groupe de médias à être auditionné. À ma connaissance, vous n'avez pas auditionné — et vous ne le ferez pas d'ici la fin de vos travaux — les actionnaires de Vivendi, du Figaro, de TF1, de BFM TV ou de Libération. »

Cette objection porte, et ce wiki ne la balaie pas. Un dispositif d'enquête qui ne convoque qu'un seul acteur d'un champ produit mécaniquement une asymétrie d'exposition, indépendamment des faits. La commission répond que le choix « tient à l'organisation de ses travaux » et qu'elle avait décidé de ne pas traiter les médias comme tels.

Elle est aussi le miroir exact de l'argument de Pierre-Édouard Stérin, qui s'étonne devant la même commission qu'elle n'ait pas convié « la galaxie de George Soros » — ce à quoi la rapporteure répond que celle-ci n'a plus de structure juridique en France depuis trois ans.

Les deux hommes reprochent donc à la commission la même chose : d'avoir choisi ses cibles. C'est l'un des rares points sur lesquels ils convergent.

Ce qui n'est PAS symétrique#

La symétrie de traitement n'est pas la symétrie des faits. Prétendre que ces deux dossiers sont équivalents serait une croyance aveugle au sens de l'ennemi n° 2 — exactement l'erreur que ce wiki s'interdit. Les différences documentées :

Critère Périclès Fondation Combat
Document interne révélé Oui — un executive summary d'environ 20 pages, révélé par L'Humanité en juillet 2024 Non — aucun
Montant annoncé 150 M€ sur dix ans (allégué, non vérifié par ce wiki) Aucun montant public
Objectif électoral écrit dans un document interne Oui — « victoire électorale », formation de plus de 2 000 candidats, « aider à remporter la présidentielle » en 2027 Aucun document
Objectif électoral déclaré publiquement Oui — mais démenti sous serment : « Périclès n'a pas le moindre objectif électoral » (Arnaud Rérolle) Oui — « avec l'objectif de gagner la bataille électorale » (Quotidien), non démenti en séance
Formation de candidats Oui — Politicae, 4 000 candidats déclarés au New York Times Non documenté
Refus de comparaître Oui, deux fois, devant l'Assemblée nationale Non — comparution en présentiel
Constat de non-transparence Oui, explicite, par la rapporteure Non formulé
Structure Opérationnelle, financée, cinq entités en trois ans Annoncée, non constituée, aucune activité de mécénat à ce jour
Financement public Aucun — déclaré sous serment Aucun — déclaré sous serment

Le dossier Périclès est, à ce jour, beaucoup plus documenté et beaucoup plus instruit. Écrire l'inverse, ou suggérer une équivalence, serait faux.

Mais une ligne de ce tableau a changé le 25 août 2026, et elle joue dans l'autre sens. Cette fiche affirmait auparavant qu'aucun objectif électoral n'était formulé du côté de Matthieu Pigasse. La lecture du compte rendu montre le contraire : il a déclaré publiquement viser « l'objectif de gagner la bataille électorale », et il ne récuse pas cette phrase quand elle lui est lue en séance. Symétriquement, du côté de Périclès, l'objectif électoral écrit est démenti sous serment par son directeur général.

Autrement dit, sur ce critère précis, la position déclarée des deux acteurs s'est inversée : celui dont un document interne porte un objectif électoral le nie ; celui dont aucun document n'a fuité l'assume à l'antenne. Ce wiki ne conclut rien de cette inversion — il constate qu'elle rend le critère « objectif électoral » inutilisable pour classer les deux dossiers, et que l'écart réel se situe ailleurs : dans la documentation disponible, pas dans les intentions déclarées.

Mais il faut aussi énoncer l'autre moitié, sans quoi le tableau serait trompeur : « moins documenté » ne veut pas dire « plus petit ». L'écart d'instruction peut refléter un écart de réalité — ou seulement un écart d'exposition médiatique, un document fuité d'un côté et pas de l'autre. Ce wiki ne sait pas lequel des deux, et ne le prétendra pas.

Ce que la fondation sera, selon ses fondateurs#

Puisque cette fiche porte le nom d'une structure qui n'existe pas encore, il faut dire précisément ce qui a été annoncé — et ne rien y ajouter.

Le motif, exposé par Emmanuel Hoog :

« Au fur et à mesure de la croissance exponentielle de nos médias, nous avons reçu un nombre croissant de sollicitations […]. Beaucoup de ces demandes dépassaient le strict cadre de nos activités de presse, de production documentaire ou musicale. […] nous avons pensé qu'il serait utile de créer un "guichet", une fondation ou une structure équivalente. Il ne s'agit pas d'une activité nouvelle, mais simplement d'une réponse organisée à un besoin auquel nous sommes déjà confrontés. »

L'objet, selon Matthieu Pigasse : « aider les jeunes issus des quartiers populaires et de la diversité à mieux s'intégrer, à accéder à la culture et à s'ouvrir davantage au monde ». Il précise que les missions « relèveront naturellement de l'intérêt général et ne concerneront que des associations régies par la loi de 1901 » — donc, à la différence de Périclès, pas de prise de participation au capital d'entreprises.

Ce qu'il dit ne pas chercher : « ce n'est pas pour obtenir des financements publics », et la fondation « n'aura aucune vocation politique ».

La réponse de la rapporteure situe l'enjeu sans le trancher :

« Vous nous apprenez votre projet de création d'une fondation. En somme, nous vous avons interrogé en avance de phase, car tel est précisément le sujet de nos travaux : le financement de politiques publiques par des organismes de droit privé et les diverses défiscalisations auxquelles il donne droit. […] à quel moment bascule-t-on dans l'influence des politiques publiques ? »

Ce point mérite d'être souligné : la fondation, si elle est créée, ouvrira droit à la réduction d'impôt dont Matthieu Pigasse ne bénéficie pas aujourd'hui, puisque le groupe n'a « aucune activité de mécénat ». La commission l'a interrogé avant que cela n'arrive. Ce n'est pas un reproche : c'est le calendrier.

Un projet annoncé en séance, hors fondation#

Matthieu Pigasse a par ailleurs annoncé, au titre du groupe et non de la fondation, un projet de spectacle vivant consacré à l'histoire de France, au motif de « éviter que l'histoire de France soit en quelque sorte confisquée ou prise en otage par certains, car elle appartient à tous » — et a « lancé un appel aux collectivités locales » depuis le Sénat, ce que la présidente a écourté.

C'est une déclaration d'intention culturelle explicitement adressée à un terrain idéologique. Ce wiki la rapporte parce qu'elle est publique et qu'elle éclaire ce que recouvre l'expression « bataille culturelle » ; il n'en tire aucune conclusion.

Le cadre général que le Sénat documente#

Le vrai apport du rapport n° 860 n'est ni Stérin ni Pigasse : c'est l'ordre de grandeur du phénomène, qui les dépasse tous deux très largement.

Indicateur (2023-2025) Valeur
Fondations en France (2024) ~3 000
Fonds de dotation (2024) plus de 5 000
Ressources cumulées (2023) 18,7 milliards d'euros
Dépenses d'intérêt général (2023) 17,4 milliards d'euros
Mécénat d'entreprises (2024) ~700 millions d'euros
Mécènes individuels (2003 → 2023) 1,3 → 5,4 millions (×3)
Coût fiscal des dons associatifs (2025) 4 milliards d'euros
Fonds de dotation inactifs (2024) 30 à 40 % des 4 628 recensés
Contrôle : agents en France vs Charity Commission britannique 17 contre 457

Le rapport de 17 à 457 est le chiffre le plus parlant du rapport : la France contrôlerait un secteur de 18,7 milliards d'euros avec dix-sept agents.

Une réserve, apportée par la directrice concernée elle-même le 26 août 2026 : ces dix-sept équivalents temps plein sont ceux du bureau des associations et fondations en administration centrale, sous-directeur et adjoint non compris. Le contrôle ne repose pas sur eux seuls — les services préfectoraux contrôlent les associations de leur territoire, et la direction anime une « communauté de contrôleurs » avec Bercy. Elle maintient toutefois le constat : « rapporté au nombre d'organismes sans but lucratif, ce n'est pas considérable ». Voir le financement privé de l'intérêt général.

Ce chiffre a été confirmé et détaillé sous serment par Christophe Bernard, inspecteur général de l'administration, le 21 mai 2026 : 17 équivalents temps plein pour 4 628 fonds de dotation, soit 0,2 ETP par préfecture — et près de 1 400 fonds pour la seule préfecture de Paris. Il ajoute qu'aucune base nationale consolidée n'existe au sein de l'État, et que moins de vingt mesures de dissolution ont été prononcées. Voir le Fonds du bien commun.

C'est un constat de capacité administrative, indépendant de toute sensibilité politique — et c'est ce qui fonde les recommandations.

Le rapport formule le risque ainsi :

« la structuration du débat public sont financées, directement ou indirectement, par des acteurs privés dont les objectifs, les réseaux, les modalités d'intervention ou les bénéficiaires effectifs ne sont pas clairement identifiables »

Le rapport ne mentionne pas l'élection présidentielle de 2027. Ce wiki ne lui fera pas dire ce qu'il ne dit pas.

Pour creuser#

Sources#

  1. Sénat, rapport n° 860 (2025-2026), Colombe Brossel, Qui finance l'intérêt général ? Transparence, influence et contrôle démocratique des financements privés de l'action publique, adopté le 7 juillet 2026, trois tomes (A — rapport parlementaire) — https://www.senat.fr/rap/r25-860-1/r25-860-1_mono.html
  2. Sénat, page de la commission d'enquête, constituée le 3 février 2026 à l'initiative du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain ; présidente Sonia de La Provôté (Union centriste), rapporteure Colombe Brossel (SER) (A) — https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/structures-temporaires/commissions-denquete/commission-denquete-transparence-du-financement-et-influence-des-politiques-publiques.html
  3. Sénat, annonce de l'audition de Matthieu Pigasse, président de Combat Media, jeudi 11 juin 2026 à 11 h (A) — https://www.senat.fr/actualite/audition-de-matthieu-pigasse-7752.html
  4. Sénat, annonce de l'audition de Pierre-Édouard Stérin, président du conseil d'administration du Fonds du bien commun, jeudi 4 juin 2026 à 11 h 30 (A) — https://www.senat.fr/actualite/audition-de-pierre-edouard-sterin-7700.html 4 bis. Sénat, rapport n° 860 tome II, compte rendu intégral de l'audition de MM. Matthieu Pigasse et Emmanuel Hoog, jeudi 11 juin 2026, p. 891 (A — déposition sous serment) — LU le 25 août 2026 : structure du groupe, actionnariat, absence de mécénat, motif et objet de la fondation, directrice pressentie, objection sur le choix des auditionnés, échange avec Roger Karoutchi — https://www.senat.fr/rap/r25-860-2/r25-860-2_mono.html
  5. Sénat, vidéo intégrale de l'audition de Matthieu Pigasse (A — enregistrement parlementaire, contre-vérifiable) — NON VISIONNÉE, et superflue : le verbatim du tome II la remplace — https://videos.senat.fr/video.5875222_6a2a957358681.audition-de-matthieu-pigasse-president-de-combat-media
  6. Sénat, vidéo intégrale de l'audition de Pierre-Édouard Stérin (A) — NON VISIONNÉE, remplacée par le verbatim du tome II, p. 825 — https://videos.senat.fr/video.5865090_6a216d81d7039.audition-de-pierre-edouard-sterin
  7. Public Sénat, « Création d'une fondation, Radio Nova, festivals de musique… Revivez les temps forts de l'audition de Matthieu Pigasse au Sénat » (C — chaîne parlementaire publique) — https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/en-direct-suivez-laudition-du-milliardaire-matthieu-pigasse-a-11-heures-au-senat
  8. Public Sénat, « Audition de Pierre-Edouard Stérin : "Nous n'avons pas obtenu de réponses sur la transparence de ses financements", constate la rapporteure du Sénat » (C) — https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/audition-de-pierre-edouard-sterin-nous-navons-pas-obtenu-de-reponses-sur-la-transparence-de-ses-financements-constate-la-rapporteure-du-senat

Cote A justifiée : contrairement à la fiche Périclès, l'essentiel de celle-ci repose sur des actes parlementaires publics — un rapport adopté, des auditions annoncées et filmées. Les citations de Matthieu Pigasse en audition proviennent toutefois du compte rendu de Public Sénat (cote C), le compte rendu écrit du Sénat n'ayant pas pu être extrait : voir les limites.

Limites#

  • Cette fiche porte le nom d'une structure qui n'existe pas. Au 11 juin 2026, la Fondation Combat est annoncée en séance et rien de plus : ni statuts, ni date, ni dotation, ni gouvernance publiée — seul le nom de sa future directrice, Wassila Meddas, est connu. Une part de cette fiche porte donc sur un projet, et le titre de la fiche est en avance sur les faits. Il est conservé parce que c'est sous ce nom que l'annonce a été faite devant une commission d'enquête.
  • Aucun montant n'est connu du côté de Combat Media — ni chiffre d'affaires, ni budget de la future fondation, ni montant des aides déjà versées. Cela interdit toute comparaison chiffrée avec les montants allégués de Périclès. L'absence de montant public n'est pas la preuve d'un montant faible.
  • Les comptes de Combat Media n'ont pas été consultés. Ce sont des sociétés anonymes, soumises à dépôt ; leurs comptes sont accessibles au greffe. C'est l'asymétrie documentaire la plus concrète qui subsiste entre les deux fiches de ce cercle, et elle est due à ce wiki, pas aux sources.
  • L'affirmation des « 80 à 90 % des médias » contrôlés par « cinq ou six milliardaires conservateurs » est rapportée, non vérifiée. C'est l'estimation d'une partie intéressée, avancée en audition pour justifier sa propre action — et Matthieu Pigasse précise lui-même que « ce chiffre peut être discuté ». Elle mériterait une fiche de réfutation à part entière.
  • Le retrait du soutien de Saint-Cloud, des Hauts-de-Seine et d'Île-de-France à Rock en Seine n'a pas été instruit : ni les délibérations, ni les motifs officiels, ni la réponse de l'organisateur. Il est rapporté ici tel qu'un sénateur l'a énoncé en séance.
  • Les 59 auditions de la commission n'ont pas toutes été dépouillées — 25 de leurs pages sont citées dans ce wiki. Trois l'ont été pour ce dossier — Lemahieu, Rérolle, Stérin — plus celle-ci. D'autres structures, de toutes sensibilités, y figurent certainement et ne sont pas traitées ici. C'est la limite la plus sérieuse de tout le cercle 3.4 de ce wiki : il documente deux acteurs parce qu'ils sont médiatisés, exactement ce que le rapport du Sénat met en garde de faire.
  • Le tome III (annexes et documents de travail, dont le Fonds du bien commun p. 53-183) n'a pas été consulté.
  • Aucun lien avec l'élection de 2027 n'est établi, et le rapport du Sénat n'évoque pas cette élection.
  • Prochaine piste : dépouiller les 35 comptes rendus encore jamais cités pour identifier les autres structures d'influence que ce cercle ignore, et demander au greffe les comptes de Combat Media — les deux corrigeraient une asymétrie qui tient à l'effort, non aux faits.