Le Parti communiste français#
En bref#
Fondé en 1920 au congrès de Tours, le PCF est le plus ancien des partis traités dans ce wiki — cent six ans — et celui dont le modèle économique est le plus atypique.
Il détient la première situation nette de France, +34,5 M€, et perçoit 17,4 M€ de dons et cotisations — quatre-vingts fois le MoDem, plus que tout autre parti — pour une aide publique modeste de 2 104 822,97 €.
Il revendique 37 286 adhérents à jour de cotisation en 2026 : le seul chiffre d'adhérents de ce wiki dont la définition soit explicite.
Il est dirigé par Fabien Roussel, secrétaire national depuis 2018, et n'a aucun député européen.
Identité#
| Nom | Parti communiste français (PCF) |
| Fondation | 1920, congrès de Tours, sous le nom de Section française de l'Internationale communiste (SFIC) |
| Nom actuel | depuis 1943 |
| Secrétaire national | Fabien Roussel, élu en 2018 |
| Porte-parole | Ian Brossat, Cécile Cukierman, Barbara Gomes, Cathy Apourceau-Poly, Léon Deffontaines |
| Adhérents revendiqués | 37 286 à jour de cotisation (2026) |
| Siège | 2, place du Colonel-Fabien, 75019 Paris |
| Députés | 8 sur 577 (14 rattachés au décret) |
| Sénateurs | 14 sur 348 (17 rattachés au décret) |
| Députés européens | 0 sur 81 |
| Aide publique 2026 | 2 104 822,97 € — 8ᵉ de France |
Le modèle économique inverse de tous les autres#
C'est le fait le plus remarquable du dossier, et il est établi par des sources publiques.
| Parti | Dons et cotisations (2024) | Situation nette (2024) | Aide publique 2026 |
|---|---|---|---|
| Parti communiste français | 17 442 121 € | +34 503 143 € | 2 104 822,97 € |
| Parti socialiste | 7 437 555 € | +33 435 409 € | 7 976 095,69 € |
| Rassemblement national | 5 110 002 € | −11 002 866 € | 14 734 296,24 € |
| Les Écologistes | 4 327 063 € | +10 562 465 € | 3 710 610,66 € |
| Les Républicains | 3 346 021 € | −3 643 380 € | 7 356 249,33 € |
| Reconquête ! | 3 169 231 € | +5 135 926 € | 197 837,78 € |
| Lutte ouvrière | 2 675 168 € | +4 195 534 € | 393 786,13 € |
| La France insoumise | 1 585 153 € | +1 048 538 € | 6 668 794,15 € |
| Renaissance | 2,6 M€ (cote C) | +21,7 M€ (cote C) | (voir « Ensemble ! ») |
| MoDem | 218 000 € (cote C) | non connue | (voir « Ensemble ! ») |
Sauf mention (cote C), tous ces montants sont désormais de cote A : ils sont lus directement dans l'avis de la CNCCFP. Renaissance et le MoDem n'y figurent pas, n'étant pas éligibles en propre à l'aide publique.
Le PCF perçoit huit fois plus en dons et cotisations qu'en aide publique. Aucun autre parti n'approche ce rapport : chez la plupart, la relation est inverse.
L'écart avec le MoDem est d'un facteur quatre-vingts. Il ne mesure ni la popularité ni l'influence — le MoDem compte davantage de parlementaires que le PCF. Il mesure la présence ou l'absence d'une base cotisante organisée, héritée d'histoires de parti très différentes.
C'est ce qui explique que le PCF détienne la première situation nette du pays tout en étant huitième pour l'aide publique : son patrimoine ne provient pas du financement public. L'aide publique ne représente que 6,9 % de ses produits — le taux le plus bas de toutes les formations dotées, quand LFI est à 57,7 % et LR à 60,6 %.
La réserve que la Commission maintient, année après année#
Elle doit figurer ici, et pas seulement dans les limites.
« À l'exception du Parti communiste français, dont le périmètre est jugé non exhaustif de manière récurrente malgré des progrès significatifs, la Commission n'a pas constaté de périmètre incomplet pour l'année 2024. »
Le PCF est le seul parti nommé à ce titre dans tout l'avis. Le périmètre comptable est l'ensemble des entités — fédérations, sections, sociétés civiles immobilières, organes de presse, instituts — qu'un parti doit intégrer à ses comptes d'ensemble. Un périmètre incomplet signifie que des flux échappent au compte publié.
Ce que cela ne dit pas : la Commission ne constate aucun manquement aux obligations légales du PCF au titre de 2024, ne le sanctionne pas, et relève des « progrès significatifs ». Elle ne chiffre pas ce qui manque. Le constat porte sur l'exhaustivité d'un périmètre, pas sur une irrégularité financière.
Il reste que la première situation nette du pays est aussi la seule dont l'autorité de contrôle dise, de manière répétée, qu'elle ne voit pas tout.
Le seul chiffre d'adhérents dont la définition soit explicite#
Le PCF revendique 37 286 adhérents à jour de cotisation. Ce chiffre est corroboré par le corps électoral du vote sur la base commune du 40ᵉ congrès, en juin 2026 : 37 286 communistes à jour de cotisation et adhérents depuis plus de trois mois y étaient inscrits. La formule importe autant que le nombre.
Partout ailleurs dans ce wiki, les chiffres d'adhérents sont ambigus : le RN revendique « 100 000 » sans qualification, Les Écologistes présentent trois chiffres incompatibles, le PS en donne deux de nature différente. Le PCF est le seul à préciser la population comptée.
Ce chiffre reste revendiqué et non vérifié — mais il est le seul dont on sache ce qu'il mesure. Et il est cohérent avec les 17,4 M€ de cotisations : environ 467 € par adhérent et par an, un ordre de grandeur plausible pour un parti à cotisation proportionnelle au revenu.
Cette cohérence interne est un recoupement faible, pas une vérification. Elle est signalée comme telle.
Zéro député européen, et ce que cela coûte#
Le PCF est, avec Debout la France et Lutte ouvrière, l'un des rares partis financés sans aucun élu au Parlement européen. Sa liste conduite par Léon Deffontaines en 2024 n'a pas atteint le seuil de 5 %.
Son aide publique repose donc entièrement sur les voix aux législatives (945 350,84 €) et sur ses parlementaires nationaux (1 159 472,13 €) — dont, fait notable, plus de sénateurs que de députés.
Le fonctionnement interne : la fin du centralisme démocratique#
Le PCF fonctionne par congrès périodiques. Depuis 1994, il a abandonné le centralisme démocratique au profit d'un système où les militants votent directement pour choisir une motion — un mécanisme comparable à celui du Parti socialiste et des Écologistes.
C'est un changement statutaire majeur et daté, qui distingue le PCF contemporain de son histoire antérieure. Ce wiki le rapporte comme un fait d'organisation, sans en évaluer la portée réelle sur le fonctionnement du parti — ce qui exigerait des sources dont il ne dispose pas.
Le 40ᵉ congrès de 2026 : le mécanisme, en fonctionnement#
Le congrès de Lille, les 3, 4 et 5 juillet 2026, en donne l'illustration chiffrée.
Du 4 au 7 juin 2026, les adhérents ont choisi la « base commune de discussion » parmi quatre textes.
| Texte | Voix | Part |
|---|---|---|
| « Un communisme de conquêtes » — texte du Conseil national, lu par ce wiki | 14 810 | 61,38 % |
| « Pour battre l'extrême droite et ouvrir l'espoir : Communistes à l'offensive » | 6 117 | 25,35 % |
| « Stratégie communiste. La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme » | 1 833 | 7,60 % |
| « Résister et construire, une nouvelle page du communisme » | 1 367 | 5,67 % |
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Inscrits | 37 286 |
| Votants | 24 608 — 66 % |
| Blancs et nuls | 481 |
| Suffrages exprimés | 24 127 — 98,05 % |
Deux faits ressortent, et le second n'était pas prévisible.
Le premier : le texte de la direction l'emporte avec une majorité nette. C'est l'écart le plus instructif avec le Parti socialiste, dont le 81ᵉ congrès a placé le texte du premier secrétaire en tête à 42,02 %, sans majorité. Deux partis de gauche, deux congrès à textes concurrents, deux issues opposées : l'un tranche, l'autre délibère sans conclure. Voir ce que les partis ont écrit.
Le texte adopté a été lu, et son bilan des municipales de mars 2026 est confronté aux résultats dans la fiche correspondante — qui en contredit un point : l'abstention n'a pas été « sans précédent ». Il annonce que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang » à la présidentielle, tout en engageant « sans attendre l'issue de la présidentielle » des discussions avec le reste de la gauche pour les législatives. Il précise aussi n'être « pas un programme électoral » mais un texte donnant mandat à la direction.
Les trois textes battus ont été lus le 27 août 2026, et l'écart le plus net avec le texte adopté ne porte pas sur le fond mais sur le calendrier. Les trois écrivent une date à laquelle la candidature sera tranchée — une conférence nationale « à la fin de l'automne », « avant la présidentielle », ou « janvier-février 2027 ». Le texte adopté n'en écrit aucune : il enregistre une légitimité déjà acquise plutôt qu'une délibération à venir. Au 27 août 2026, aucune candidature communiste n'est formalisée. Le détail, texte par texte, est dans ce que les partis ont écrit.
Un fait de procédure mérite d'être noté, parce qu'il se vérifie par recomptage : les statuts exigent 300 signataires issus d'au moins un quart des fédérations, aucune fédération ne pouvant dépasser 10 % de la liste. Les trois textes alternatifs comptent 300, 298 et 300 signataires — et l'un d'eux présente deux fédérations à exactement 10,0 %. La règle n'est donc pas décorative : les listes ont été construites contre la contrainte.
Le second fait : le corps électoral de ce vote — 37 286 inscrits — est exactement le chiffre d'adhérents que le parti revendique. C'est donc la seule revendication d'effectifs de ce wiki qui soit corroborée par une liste électorale, et non seulement déclarée. Voir ci-dessus.
Le judiciaire#
La recherche dédiée a été conduite, comme pour les autres fiches de parti.
Aucune procédure visant le Parti communiste français en tant que personne morale n'a été trouvée, ni aucune procédure en cours visant sa direction à raison de l'activité du parti.
Cela ne vaut pas attestation d'absence : une recherche par moteur ne remplace pas la consultation de registres auxquels ce wiki n'a pas accès. C'est la même réserve que celle portée à la fiche Les Écologistes.
La gradation complète#
| Parti | Stade actuel |
|---|---|
| Rassemblement national | Condamné comme personne morale, 1ʳᵉ instance et appel |
| Mouvement démocrate | Condamné comme personne morale, 350 000 € — appel jugé du 9 septembre au 5 octobre 2026 |
| Les Républicains | Condamnation définitive d'un ancien président du parti |
| La France insoumise | Mises en examen, procès non tenu |
| Renaissance | Enquêtes du PNF, perquisitions au siège |
| Horizons | Information judiciaire visant le fondateur, fonctions municipales |
| Parti socialiste | Rien en cours ; affaires anciennes visant des personnes |
| Les Écologistes | Rien au-dessus du seuil |
| Parti communiste français | Rien trouvé |
Pour creuser#
- Fabien Roussel
- L'aide publique aux partis — les deux modèles de financement
- Wikipédia — Parti communiste français
Sources#
- Décret n° 2026-149 du 3 mars 2026, annexes I et II (A) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053613045
- Wikipédia, « Parti communiste français » (B) — fondation, direction, adhérents, siège, effectifs, fonctionnement interne — https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_français
- Avis de la CNCCFP, comptes des partis, exercice 2024 (A — publié au JO du 10 février 2026, NOR CCCJ2602899V) — LU DIRECTEMENT le 25 août 2026 — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053453043 — situation nette, produits, dons et cotisations, réserve sur le périmètre comptable
- Parti communiste français, résultats du vote sur la base commune du 40ᵉ congrès et communiqué de la commission de transparence des débats (D — source partisane, mais autorité sur ses propres votes) — corps électoral, participation, résultats des quatre textes — https://www.pcf.fr/adoption_bc_resultats_communique
- Parti communiste français, site du 40ᵉ congrès — Lille, 3, 4 et 5 juillet 2026, et les quatre textes soumis aux communistes (D) — https://congres2026.pcf.fr/les_textes_soumis_aux_communistes
Limites#
- Le calcul de 467 € par adhérent et par an est une déduction de ce wiki, obtenue en divisant les 17,4 M€ de dons et cotisations par les 37 286 adhérents. Ces deux chiffres ne portent pas sur le même exercice (2024 et 2026), et les « dons » incluent des contributions qui ne sont pas des cotisations d'adhérents — notamment les reversements d'indemnités d'élus, pratique documentée dans ce parti mais non chiffrée ici. Le ratio est donc indicatif et probablement surestimé.
- Le patrimoine immobilier du parti n'est pas documenté, alors qu'il explique vraisemblablement une part de la situation nette de 34,5 M€. Le siège de la place du Colonel-Fabien, œuvre d'Oscar Niemeyer, n'est pas évalué ici.
- Deux comptages divergent : 8 députés / 14 sénateurs selon la notice, 14 / 17 selon le décret. L'écart est ici proportionnellement le plus élevé de tous les partis traités, et il n'est pas expliqué.
- La portée réelle de l'abandon du centralisme démocratique en 1994 n'est pas évaluée.
- La base commune adoptée a été lue le 25 août 2026 — voir ce que les partis ont écrit. Les trois textes alternatifs, qui rassemblent 38,62 % des suffrages, ne l'ont pas été.
- Ce que le congrès de Lille a décidé n'est pas documenté : seule la phase préalable — le choix de la base commune — l'est.
- La stratégie du PCF pour 2027 n'est pas instruite ici — autonomie ou alliance — alors qu'elle est déterminante à gauche. Elle relève de la fiche du candidat.
- Prochaine piste : documenter le patrimoine immobilier et les reversements d'indemnités d'élus, les deux mécanismes qui expliqueraient l'anomalie économique de ce parti.